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Il y a un mois, la terre tremblait en Haïti. La violence de ce séisme n’a eu d’égal que la vague de générosité sans précédent qui l’a suivie. L’aide humanitaire de première ligne s’est rapidement organisée et les besoins en eau, en vivres, en soins médicaux ont vite trouvé écho grâce à la générosité de tous.
Toutefois, pour que cette aide porte fruit, il faut également l’appuyer sur un système juridique fonctionnel. C’est là une étape cruciale dans la reconstruction du pays en dépit de son caractère en apparence moins pressant, car l’impunité et l’absence de justice créent une situation sociale à haut risque, menant à des désordres civils qui peuvent marquer le pays à long terme. Il est donc important d’agir rapidement, les délais d’intervention et l’indécision face à la situation ne pouvant qu’amplifier les problèmes.
Le bâtonnier de Port-au-Prince, MeGervais Charles, a récemment lancé un appel au Barreau du Québec, aux barreaux de section et au gouvernement du Québec, nous enjoignant de ne pas laisser tomber Haïti. En raison des liens linguistiques, juridiques et humains qui lient Haïti et le Canada — et plus particulièrement le Québec —, nous croyons qu’il est de notre devoir à tous d’agir et de contribuer au déploiement d’une justice de première ligne pour assurer la sécurité et la stabilité du pays. Il s’agit bien sûr de mettre en place une justice transitionnelle, qui contribuerait à la reconstruction d’un système national.
C’est pourquoi, le 19 janvier dernier, le Barreau du Québec et deux de ses partenaires affiliés ont octroyé un don de 100 000 $ à l’organisme Avocats sans frontières (ASF Canada), qui développe un projet d’appui à l’établissement d’une justice de première ligne et à la reconstruction du système de justice en collaboration avec ses partenaires haïtiens et internationaux et des juristes québécois dont Louise Otis, anciennement juge de la Cour d’appel du Québec.
Un appel à tous a été lancé à nos membres et nous avons récolté une somme supplémentaire de 20 000 $, mais la tâche est loin d’être terminée. Nous croyons que les gouvernements et les organismes juridiques doivent s’unir pour redonner aux Haïtiens un système de justice pouvant servir d’assise solide à la reconstruction de leur pays.
Si la communauté juridique ne le fait pas, qui le fera?
| Le bâtonnier du Québec, Pierre Chagnon |