Lorsqu’un avocat ne donne pas suite à vos nombreux appels et lettres, pouvez-vous écrire à cet avocat et transmettre copie conforme au client de celui-ci qui omet d’y donner suite ?
Non, car cette action – née d’une bonne intention – est contraire à la déontologie.
Parce que la copie de la lettre est similaire à une communication avec la partie adverse (voir article 3.02.01 h) du Code de déontologie).
Tenter d’obtenir des explications de l’avocat pour comprendre la situation. Cependant, un avis au Bureau du syndic peut s’avérer nécessaire car ce confrère déroge peut-être à l’article 2.05 du Code de déontologie.
Souvent, les manquements téléphoniques sont causés par une charge de travail trop lourde. Cherchant à parer au plus urgent et emporté par un tourbillon de travail, l’avocat ne prend pas le temps de rappeler le confrère qui souhaite obtenir des nouvelles d'un dossier ou qui cherche à négocier avec lui dans une affaire.
Le Bureau du syndic du Barreau, alerté à la situation, se fait souvent répondre : « Débordé, je n'ai pas pu… », « J'ai été malade et je n'ai pas trouvé de remplaçant », « Vous savez, la pratique en solo… », « Le procès devait durer une demi-journée. Mais tout s'est embourbé. Ça m'a pris deux jours et demi… ». D'autres encore étaient partis en vacances en se contentant de brancher leur répondeur, alors que les règlements (article 14 du Règlement sur les normes de tenue des dossiers et de domicile professionnel des avocats – R.R.Q., C-26, r.19.2.2) prévoient pour ces circonstances un système beaucoup plus élaboré.