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Pour les avocats

Dans l’univers de...

 

Me Marie Riendeau – Ministère de la Justice du Canada

Par Monique Veilleux

« Mon parcours est parsemé d’heureux hasards. » Voilà ce que constate Me Marie Riendeau, avocate à la Section du droit international, administratif et constitutionnel du ministère de la Justice du Canada (SDIAC).

L’avocate sait jusqu’où peuvent mener les hasards de la vie. Ses rencontres fortuites ont non seulement façonné sa carrière, mais les multiples opportunités qu’elle a su saisir lui ont permis de se tracer un parcours à la fois classique et original. Cependant, il ne faut pas croire que sa route s’est construite uniquement grâce au hasard et à la chance. Elle a avant tout été dessinée par une avocate consciencieuse. Sa détermination et sa rigueur lui ont servi à faire sa marque là où elle passe, notamment dans les dossiers impliquant les enfants ― une passion qui en est le fil conducteur.

Le chemin de la jeune femme commence dans l’indécision, même si son entourage la croit taillée pour la profession d’avocate. « On me disait que j’avais le talent pour défendre des idées et l’aisance pour m’exprimer. Pourtant, une fois inscrite en droit, je me promettais, chaque session, que ce serait la dernière! Heureusement, mon engagement et mon intérêt pour certains cours m’ont incitée à poursuivre mon parcours. »

Le déclic s’opère plus tard, durant sa troisième année d’université. « Je devais choisir un thème pour un travail dirigé. En passant en revue la liste des sujets proposés, je suis tombée sur l’adoption internationale. Si j’avais eu un certain déclic lors d’un cours de droit international privé, là je venais de trouver ma voie! »

Une belle occasion se présente lorsque ce travail reçoit le Prix Charles-Coderre. « Au-delà de la bourse rattachée à ce prix, il y avait la possibilité de faire mon stage au contentieux du Centre des services sociaux du Montréal métropolitain. Ce stage a définitivement guidé ma pratique en droit de la jeunesse puisque j’y ai ensuite été embauchée comme avocate. J’ai quitté le temps de faire une maîtrise en droit international privé comparé, mais j’y suis retournée pour quelques années. »

Tout en poursuivant son travail au sein du contentieux, elle souhaite explorer davantage sa passion pour les beaux-arts et les musées en entreprenant une maîtrise en muséologie. Ainsi, son destin l’amène à croiser des personnes qui travaillent au ministère du Patrimoine canadien (PCH). « À la fin de ma maîtrise, j’ai fait un stage à l’Association des musées canadiens, où je me suis intéressée aux œuvres d’art spoliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce stage m’a permis de rencontrer des personnes travaillant à PCH, au contrôle des importations et des exportations de biens culturels. Souhaitant relever de nouveaux défis, j’ai accepté d’y travailler comme agente de programme. »

Le destin frappe encore. Le ministère de la Justice du Canada cherche à nommer un avocat aux services juridiques de PCH qui se consacrerait uniquement aux biens culturels. L’avocate en elle saute sur l’occasion. « Cette opportunité tombait à point puisque je désirais vraiment retourner au rôle d’avocate. »

Quatre ans plus tard, à la suite d’une autre belle rencontre, elle se retrouve à la SDIAC. « J’ai croisé une avocate de la SDIAC qui était en affection aux services juridiques de PCH. Je lui ai exprimé mon désir de revenir au droit international privé dans des domaines touchant les enfants. Lorsque j’ai su, en 2007, qu’on cherchait quelqu’un à la SDIAC, je n’ai pas hésité et j’y suis toujours! »

Au quotidien, MRiendeau partage son temps entre l’élaboration de politiques et les différents groupes de travail auxquels elle participe au nom du Canada. « Mes dossiers relèvent principalement des travaux de la Conférence de La Haye de droit international privé (HCCH) et mes champs de travail sont l’adoption, l’enlèvement parental et la protection des enfants dans un contexte transfrontalier. Je travaille également sur les questions de filiation des enfants, mais nous en sommes encore à l’étape exploratoire. »

Son équipe a la responsabilité de représenter le Canada auprès de trois principales organisations : la HCCH, l’Institut international pour l’unification du droit privé et la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international. « Comme chef de délégation, on participe notamment aux étapes de négociations interétatiques en vue de l’adoption éventuelle de nouvelles conventions. Aussi, une fois la convention adoptée à l’international, les États doivent envisager de la mettre en œuvre et d’y adhérer. C’est alors un tout autre travail d’analyse qui commence, cette fois sur le plan domestique. »

Son travail ne s’arrête pas une fois la convention ratifiée. « La HCCH convoque des rencontres tous les quatre ou cinq ans pour réviser le fonctionnement des conventions. Ainsi, les États parties aux conventions et les États membres de la HCCH se rencontrent pour explorer diverses options et bonnes pratiques en vue d’en améliorer le fonctionnement. »

Elle ajoute : « Comme les conventions touchent principalement des domaines de droit privé, nous travaillons en étroite collaboration avec les provinces et les territoires, dans le respect et la prise en compte du droit civil et de la common law, mais aussi des impératifs du bilinguisme. »

Me Riendeau aime son travail même si parfois, elle a l’impression que pour un centimètre de progrès, il faut un kilomètre de travail. « Très souvent, le travail à l’international est complexe et ne bouge pas rapidement. Mais de faire partie de toute la réflexion qui entoure les orientations et les décisions ― notamment celles qui touchent la protection des enfants ― en fait un travail gratifiant. »

 


              

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Mise à jour : Mon Jan 16 09:30:59 EST 2017