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Moins de professeurs, plus de chargés de cours

Baisse de la qualité à l'UdM?

Monsieur le Doyen,

Dans son édition du 1er novembre 1996, le Journal du Barreau, sous la plume de M. Charles Côté, journaliste, rapportait ainsi vos propos relativement aux compressions subies par la Faculté de droit:

«... la possibilité d'une disparition de dix professeurs et leur remplacement par des chargés de cours, moins coûteux mais aucunement soumis à l'obligation de faire de la recherche compromet la qualité de l'enseignement au moment où le droit nouveau abonde et les réformes se succèdent.»

Nous sommes tout à fait d'accord avec la première partie de votre affirmation: en effet, les chargés de cours sont moins coûteux. Cependant, nous vous invitons à examiner la longue liste des juristes qui enseignent le droit à l'Université de Montréal à titre de chargé de cours et à nous démontrer que ceux-ci ne font pas de recherche. La simple nomenclature des cours offerts par ces spécialistes de première ligne, particiens toujours à l'affût de la dernière décision des tribunaux, nous font douter du bien fondé de votre opinion.

En fait, Monsieur le Doyen, sur quelle étude, sur quelles données vous appuyez-vous pour établir une telle corrélation entre la présence de chargés de cours plus nombreux et une tendance à la baisse de la qualité de l'enseignement?

Certes, il est de bon ton, en certains milieux, d'y aller de son petit couplet modulé, tout en persiflage, sur les chargés de cours mais nous nous étonnons que le Doyen d'une faculté où plus de cent chargés de cours jouent depuis toujours un rôle essentiel, entonne le même air.

Mais rassurez-vous, Monsieur le Doyen, la contribution des chargés de cours à la Faculté de droit, comme ailleurs, continuera à se manifester malgré leur piètre rémunération. Ils et elles continueront à fournir une prestation de qualité à la fine pointe de leur spécialité. Tout au plus sont-ils, elles irrités, à l'heure où l'Université de Montréal s'ouvre à l'intégration, de voir un Doyen, sans aucun fondement, se livrer publiquement à des commentaires désobligeants sur la qualité de leur contribution.

En terminant, Monsieur le Doyen, si vous croyez vraiment que la présence des chargés de cours compromet la qualité de l'enseignement, demandez aux étudiants ce qu'ils, elles en pensent. Vous pourriez avoir quelques surprises...

Recevez, Monsieur le Doyen, nos salutations distinguées.

François Cyr, avocat

Président du Syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université de Montréal (FNEEQ-CSN)