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Pierre Fournier, avocat
On ne se rappelle pas, chez nous, d'élections au Conseil qui aient généré autant d'activités, ni surtout autant de votes. Cela en dit long, en apparence, sur la volonté des confrères et consoeurs de servir leur confrérie. Je dis en apparence car il est permis d'exprimer un doute sur les motifs véritables de cet intérêt.
Deux raisons probables
Pierre Fournier |
Il est au moins aussi probable que cet engouement pour la chose publique a sa source dans deux problèmes qui méritent tous deux d'être étudiés, et une fois étudiés, d'être résolus.
Le premier tient au peu de connaissance qu'ont les membres de ce que fait leur section; on n'identifie guère facilement les réalisations du Barreau de Montréal, du moins pour les distinguer de celles du Barreau du Québec. Ce manque d'information est évidemment, par définition, imputable à l'organisme lui-même. Ce n'est pas parce qu'il n'essaie pas de communiquer avec ses membres. Les trois tournées du bâtonnier, l'an dernier, n'ont pas réussi à rassembler beaucoup plus de deux cent personnes en tout. Sur plus de trois mille invitations, c'est un peu mince. À chaque tournée, le bâtonnier se déplace en compagnie de membres du Conseil et de la permanence de la section; le bâtonnier du Québec a assisté à deux des trois rencontres; il était aussi assisté de représentants de la permanence du Barreau du Québec. Des articles comme celui-ci sont publiés régulièrement, dans ce journal.
Sans succès. Existe-t-il une formule magique, qui nous donnerait l'attention de nos membres? Si oui, elle nous a échappé jusqu'ici. Entre-temps, certains membres sont, tout naturellement, inquiets de ce que le Barreau (toutes définitions confondues) ne fait rien pour eux. C'est méconnaître le travail de plusieurs centaines de bénévoles, qui sont heureux de donner de leurs talents et de leur énergie pour faire quelque chose.
Le second problème se rattache au premier. On entend mieux ce qui nous plaît. L'impression s'est répandue que le Barreau (toujours toutes définitions confondues) ne voit qu'à la protection du public, au détriment même de ses membres. C'est encore une fois faire deux erreurs. Même si le Barreau du Québec a d'abord pour mission la protection du public, cela ne l'empêche pas de représenter, et fort bien, les intérêts de ses membres, lesquels, incidemment, ne sauraient être différents de ceux des justiciables que nous avons pour mission de servir. Rien dans la Loi sur le Barreau ne confie directement la même mission aux barreaux de section. On imagine mal le Barreau de Montréal posant des gestes qui seraient contraires à la mission du Barreau du Québec, mais on conçoit très bien qu'il oeuvre dans d'autres secteurs. Et il le fait abondamment.
Évidemment, ceux qui ont du Barreau une vision plus syndicaliste s'inquiètent de voir tant d'efforts consentis en faveur de la mission première du Barreau, et ont l'impression de ne rien recevoir en retour, surtout en une période économiquement difficile comme celle que nous vivons.
La mission du Barreau de Montréal
Qu'on se le dise bien haut: notre mission, au Barreau de Montréal est de favoriser par tous les moyens à notre disposition les relations entre les justiciables et les avocats, les avocats et les tribunaux, les avocats et les avocats. Nous sommes convaincus que cette mission sert directement celle du Barreau du Québec, la protection du public. Nous sommes aussi convaincus que ce que nous faisons maintenant est utile et efficace. Peut-être n'est-ce pas assez? Peut-être devrions-nous envisager d'autres avenues?
Les solutions
Désolé! Je ne connais pas de solution magique à ces problèmes. Je suis déterminé à tenter d'en trouver. J'espère votre collaboration à cette fin. Je sais bien que ceux qui liront ces lignes sont probablement les moins nécessiteux quant à l'information qu'ils assimilent de leur Barreau. Mais j'ai besoin de vous, j'ai besoin d'entendre et de lire vos suggestions. Écrivez-moi, au Barreau de Montréal, et dites-moi comment vous pensez que nous pourrions améliorer la communication, rehausser la perception du Barreau.
En même temps que je vous répondrai, je vous ferai parvenir, si vous en indiquez le désir, une copie du rapport annuel du Barreau de Montréal ainsi que de notre brochure. Que d'information on trouve dans ces deux documents! Ce serait déjà un bon début s'ils étaient lus...