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NDLR. À chaque année, le Barreau de Montréal organise un concours littéraire à l'intention des étudiants du secondaire de la région de Montréal. Cette année encore, les textes de six élèves ont été retenus. Nous vous proposons, dans cette édition, un de ces textes primés lors du concours «La justice a bonne mine».
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Rachel Boivin-Martin,
11 ans, 6e année B,
École Marie-Favery
Comme vous pouvez le constater, Philomène est dans de beaux draps. Elle se bat, désobéit et raconte des mensonges. Ses parents ne savent plus quoi faire, alors si vous voulez connaître la suite de cette mésaventure, restez bien assis et attachez bien votre ceinture!
Sylvie, la mère de Philomène, tient la petite main de sa fille et marche à toute vitesse sur le trottoir en direction de la maison, l'air monstrueusement fâchée. Philomène a des papillons dans l'estomac. Elle se sent terriblement coupable, elle s'imagine voir la réaction de Michel Grrr! comme un ours affamé.
Arrivée devant son cauchemar, Sylvie pousse la porte de l'immense maison. Philomène croit cauchemarder. «Je me réveillerai dans quelques secondes», se dit-elle, mais elle ne se réveille pas. Philomène entre et voit les gros sourcils froncés de son père, il a l'air d'un gros ours mal léché, d'un énorme monstre affamé ou d'un dinosaure en liberté. «Va t'asseoir, nous avons à te parler moi et ta mère», dit alors Michel d'une grosse voix qui donne des frissons à Philomène. Elle a le coeur gros. «Philomène chérie, qu'est-ce qui ne va pas? Tu te bats avec tes camarades d'école, tu ne m'écoutes plus et de plus, tu t'enfuis de la maison», dit Sylvie. «Mais... mais... maman». Son père ne la laisse pas placer un mot et gronde. «Monte dans ta chambre, fais tes devoirs et que je ne te revois plus avant que tu aies compris le bon sens».
Philomène monte dans sa chambre en pleurant. «Personne ne m'aime». Mais maintenant c'est la goutte qui fait déborder le vase. «Maman parle au téléphone avec Mme Asperge la directrice adjointe de l'école, elle est grande, mince, elle voit tout et lorsque quelque chose ne fait pas son affaire... c'est elle qui a donné l'idée de ma journée de devoirs à la directrice, Miss Gladys», pense Philomène. Sylvie a tout raconté à Mme Asperge. Demain, Philomène est mieux de se tenir droite pour ne pas manger une paire de claques. Tranquillement, les larmes s'éteignent et Philomène s'endort blottie contre le mur, elle enlace son petit ourson brun qu'elle n'avait pas touché depuis quelques années.
Il est 7 h 45, le soleil aveuglant réveille Philomène, elle n'a aucune envie d'aller à l'école pour voir Mme Asperge et Miss Gladys qui lui donneront peut-être une deuxième journée de devoirs. Elle n'ose pas y penser! Philomène s'est habillée en vitesse, un record de 1,39 minute. Elle court, saute dans les escaliers, enfile son vieux manteau bleu, ne prend même pas le temps de déjeuner et part à toutes jambes.
Philomène est arrivée dans la cour d'école. Lorsqu'elle entre, tout le monde se tait et la fixe d'un air surpris. Betterave, sa meilleure amie, s'avance vers elle et dit: «puis, comment ça s'est passé avec l'Asperge et les parents?», l'air enjoué. Tout à coup la pression monte et Philomène sent qu'elle va craquer. Pour la première fois, elle a le goût de sauter sur Betterave, elle éclate en sanglots, l'école entière s'étonne de voir Philomène pleurer, celle qui est toujours brute, insensible et méchante. Personne n'aurait imaginé cela.
La psychologue, Marie, qui avait beaucoup entendu parler de Philomène, arriva en courant et l'apporta dans son bureau afin de lui parler. «Que se passe-t-il ma chouette?», dit alors Marie. «Per... Per... so ... sonne ne m'aime». «Ne bouge pas ma coccinelle, je reviens». Marie alla téléphoner à Sylvie pour qu'elle se rende à l'école afin d'éclaircir les choses. Sylvie arriva et ensemble, elles discutèrent et arrivèrent à une entente. Sylvie dit alors : «Je vais faire attention à toi ma petite chérie ainsi que ton père. Nous t'aimons beaucoup tu sais! Mais de ton côté tu feras des efforts pour ne plus te battre et être gentille». «Je t'aime maman».
Philomène avait tout simplement besoin d'affection mais elle ne l'exprimait pas de la bonne manière.
Philomène est tout un phénomène mais personne ne peut être parfait.