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André Giroux
Quarante ans et fumeur. Pédaler dans les sentiers du Mont-Tremblant, est-ce un signe de santé ou de témérité?
Des cyclistes se préparent à faire une randonnée dans les sentiers du Mont-Tremblant; un repos pour certains, un véritable enfer pour d'autres... |
La météo annonçait de la pluie, mais qu'à cela ne tienne, après les ateliers du matin, l'air pur fera du bien. Quant à la pluie, elle nous a rafraîchis, sans plus.
La dizaine de personnes ayant décidé de pédaler semblaient heureuses de leur choix. On y retrouvait des aventuriers, disposés à aller dans les sentiers de terre, mais d'autres préféraient le chemin asphalté et balisé. «Avec les enfants et la pratique du droit, je cours à tous les jours. Aujourd'hui, je veux pédaler tranquillement, avoue une cycliste voulant taire son nom. Je ne veux pas lire dans le journal que je n'arrive pas à suivre le rythme, mais que je suis sympathique.»
Marché conclu: l'anonymat sera préservé!
Un peu plus loin, un homme est essouflé. «Pour un gars de 50 ans, j'estime que je ne m'en sors pas si mal», confie-t-il. Il a raison. Il tient le rythme. Pause. Nous longeons la rivière Diable. «Il s'y faisait autrefois de la drave, raconte le guide de l'excursion, Jocelyn Huot. La rivière tire son nom du péril de ce métier sur une rivière de rapides. Sur d'autres cours d'eau, les draveurs peuvent prendre un repos entre deux rapides. Sur la Diable, elles sont constantes.»
Vaut mieux faire du vélo en effet! Nous voilà repartis sur les sentiers de terre. Les côtes se montent plus souvent à pied que sur deux roues. Les descentes sont plus intéressantes, tout en exigeant la prudence.
Après une heure ou une heure trente de promenade sportive, l'hôtel est à vue. Nous pourrons enfin nous reposer.
Le guide connaît mieux que nous le chemin pour s'y rendre. Vaut mieux le suivre. Cinq minutes plus tard, on s'est plus éloigné que rapproché de la destination. «Quel est le plus court chemin pour arriver à l'hôtel?» demande un journaliste tenant à conserver l'anonymat. «C'est plus long de rebrousser chemin», lui répond-on.
Là, c'est lui qui traîne de la patte, espérant qu'on le trouve sympathique quand même.
Question de calmer son orgueil probablement, le hasard le fait croiser son rédacteur en chef, en plein jogging et en pleine possession de ses moyens. Il est plus jeune et il ne fume pas, lui!
Quelques coups de pédales de plus et là c'est vrai, on s'approche de la destination. Des rafraîchissements nous attendent.
Et si nous allions rejoindre les participants à la dégustation de bières? Quelques cyclistes acceptent l'invitation et y reprennent leur souffle.