ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.

Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca

Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.

 

Résultats scolaires 1996-1997

Un taux de succès après reprise de 80 %

André Giroux


Si 60 % des étudiants de l'École du Barreau ont dû reprendre au moins un examen lors de l'année scolaire 1996 - 1997, le taux de réussite après reprise est le même que celui de l'année précédente: 80 %. Quelque 700 étudiants étaient donc admissibles au stage. Ces statistiques, produites par l'École du Barreau, ne concernent que les étudiants inscrits pour la première fois et excluent les désistements.

Le taux de réussite aux examens réguliers varie entre 66 % (droit des affaires) et 83 % (droit pénal). Il révèle des surprises pour les examens de reprise, variant entre 65 % en droit public et administratif et 82 % en droit des affaires. C'est l'inverse de la tendance observée habituellement.

Des écarts importants

Le taux de réussite après reprises distingue les universités en trois blocs: Laval et Sherbrooke (90 %) McGill, Montréal et Ottawa (entre 75 et 80 %) et l'UQAM (55 %). Ce retard de l'UQAM fut l'objet de débats à quelques reprises dans le Journal du Barreau au printemps dernier.

Notons que le retard de l'UQAM se vérifie aussi dans son domaine de prédilection, le droit public et administratif.

Après reprise, le taux de succès y est de 75 %, alors qu'il atteint ou dépasse les 90 % dans les autres universités. Cela s'explique en partie par le fait que des 39 étudiants qui se sont présentés à l'examen de reprise, la moitié a un résultat inférieur à 50 %, un écart de plus de 10 points avec la note de passage.

«Évitons de classer tous les bacheliers de sciences juridiques dans la même catégorie, affirme le directeur de l'École, Me Louis Lapointe. Si les statistiques dénotent les difficultés d'une proportion importante de ces étudiants, d'excellents diplômés en sortent.»

Il n'en questionne pas moins la qualité de l'encadrement offert à l'UQAM. L'Assemblée départementale des sciences juridiques de l'UQAM publiait, quant à elle, son opinion dans l'édition du 1er juillet du Journal du Barreau (Vol. 29, No. 12, page 6).

Outre les désaccords avec le type de formation que dispense l'École, l'Assemblée invoquait le taux important d'étudiants à temps partiel à l'UQAM et une moyenne d'âge plus élevée, avec les responsabilités familiales et professionnelles que cela comporte souvent. Les études à temps plein que nécessite l'École du Barreau représenteraient donc une contrainte plus importante.

Contingentement?

À l'École du Barreau, la dernière année fut fertile en événements. Les étudiants du Centre de Montréal ont organisé deux manifestations, cinq lettres sur les résultats scolaires et le rôle de l'École furent publiées dans le Journal du Barreau, en plus des interventions dans La Presse et Le Soleil. Une hausse du taux d'échec aux examens réguliers par rapport à l'an dernier en est la cause.

La qualité de la formation n'est pas contestée. «Les étudiants en sont globalement satisfaits, signale le président de l'Association étudiante du centre de Montréal de l'École du Barreau, Jean-Sébastien Lamoureux. Les enseignants sont compétents et la collection de droit, étoffée. La direction de l'École est ouverte aux discussions sur l'amélioration de l'enseignement.»

À la dernière étape de leur formation, les résultats scolaires préoccupent cependant beaucoup les étudiants. «À cet égard, l'ambiance était mauvaise, estime le président de l'association étudiante. Les étudiants étaient déprimés face à des échecs qu'ils s'expliquaient mal. Ces résultats risquaient de mettre en péril l'obtention d'un stage, d'où les tensions et la frustration.»

Deux revendications principales ont animé l'année scolaire, particulièrement au printemps. Les étudiants souhaitaient des règles justes et claires concernant les examens. «Nos revendications ne visaient pas à diminuer les exigences, signale M. Lamoureux, mais à rendre le fonctionnement plus humain. Les étudiants veulent savoir à quoi s'attendre. Le nombre de points impartis à chaque question devrait être indiqué plus clairement. Nombre d'étudiants craignaient que la répartition des points s'effectue après correction afin d'atteindre un taux d'échec prédéterminé.»

«D'autre part, ajoute le leader étudiant, le nombre et le degré de difficultés des questions devraient mieux tenir compte du délai imparti pour y répondre. Ce ne fut pas toujours le cas: selon un sondage que nous avons réalisé, la moitié des étudiants n'a pas eu le temps de terminer l'examen de droit des affaires.»

Des deux revendications auxquelles les étudiants tenaient le plus, la direction de l'École a retenu la clarification du pointage.

À moyen terme, les étudiants souhaitent une correction moins mécanique et rigide. «Il y a d'autres façons d'établir l'équilibre entre les correcteurs, estime M. Lamoureux. Ainsi, le Barreau de New-York pondère les résultats selon la souplesse ou la rigidité des correcteurs. Cette solution comporte probablement ses faiblesses, mais elle devrait être étudiée. Les enjeux sont importants et les conséquences sont grandes pour les étudiants.»

Les autres modifications au programme de formation concernent l'ajout d'un atelier de préparation aux examens, d'un deuxième examen en droit civil et d'une semaine de relâche pendant le bloc de droit des affaires. Le calendrier scolaire est maintenant aménagé de façon à permettre l'assermentation avant la fin de l'année civile des étudiants qui ont réussi les examens de reprise.

Singapour ou Albanie?

À l'heure où la profession se redéfinit, la formation offerte à l'École du Barreau est-elle adaptée à la pratique de demain? (voir Journal du Barreau Vol. 29, no. 14, 1er septembre 1997, page 10, reportage de Me Éric Dufresne). L'enseignement des méthodes alternatives de règlement des conflits, du droit commercial international et des outils informatiques devraient-ils prendre une plus grande place à l'École du Barreau?

«L'heure des grandes réformes est terminée pour les prochaines années, répond Me Lapointe. Nous apporterons les améliorations requises sur la base du programme actuel. Nos méthodes d'enseignement visent à aider les étudiants à faire des liens entre les différents domaines du droit. C'est par la résolution de cas pratiques que nous atteignons cet objectif. Nous voulons les aider à apprendre, ce qui constitue une qualité essentielle pour l'avenir. Le taux d'échec aux examens démontre que les étudiants ont encore des lacunes à cet égard. Finalement, le rôle du Barreau et de son école est de s'assurer que les candidats à la profession ont bien assimilé les principales notions du droit québécois. La formation professionnelle permettra de poursuivre l'apprentissage.»

 

 
 

Retour au haut de la page

© Barreau du Québec 1996-2012