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Quand il est question de technologie, les avocats n'ont pas la réputation d'être des chefs de file. Au contraire. Les idées reçues font en général état de leur lenteur à adopter les outils technologiques disponibles. C'était sans compter sur Me Vincent Allard. Non seulement, utilise-t-il des outils à la fine pointe de la technologie, mais, en plus, il a mis sur pied une entreprise grâce à eux. Me Allard fait du commerce électronique. Dans le cadre d'un petit-déjeuner causerie de l'Association québécoise pour le développement de l'informatique juridique (AQDIJ), l'avocat a partagé quelques-uns de ses secrets.
Une entreprise avant-gardiste
Son entreprise s'appelle Jurifax et sa mission est claire: «Nous voulons offrir à la communauté d'affaires, incluant les avocats et les notaires, des modèles de contrats, modèles de documents d'affaires et lettres d'information juridique, à un prix raisonnable, mais surtout disponibles sur simple demande, sans nécessiter un quelconque déplacement physique», explique son fondateur.
Le concept est simple en apparence. Mais, la mise sur pied de cette échoppe virtuelle a, de l'aveu même de Me Allard, nécessité des mois d'intenses préparations. Le service existe depuis janvier 1996.
À ses débuts, Jurifax http://www.jurifax.com se servait d'Internet uniquement comme vitrine publicitaire. En effet, au moyen d'une alliance stratégique avec son partenaire, Bell Canada, l'entreprise permettait à ses clients de commander des modèles de divers documents à saveur juridique et de les recevoir par fax quelques minutes après la commande. Pour réussir le tour de force, «une grande première nord-américaine», explique Me Allard: Jurifax a fait le pont entre la technologie du service de télécopie-sur-demande et le service de ligne tarifée de type «1-900». En d'autres mots, un client pouvait recevoir un modèle simplement en signalant le numéro de téléphone approprié et en inscrivant ensuite son numéro de télécopieur sur le clavier. La facturation du modèle se faisait automatiquement au compte de téléphone.
Les choses n'en sont pas restées là longtemps. Face à la demande des clients pour les versions numériques des modèles qu'ils commandaient, Me Allard n'a eu d'autre choix que de se lancer aussi dans l'aventure du commerce électronique. De simple vitrine, le site Web de Jurifax est devenu un site transactionnel.
Mais, qui dit transaction par le biais d'Internet dit paiement en ligne. Or, à l'époque de la mise sur pied du service, la perception du public était assez claire: envoyer son numéro de carte de crédit sur le Net est dangereux. Cette crainte était et demeure, selon toute vraisemblance, injustifiée. «Donner son numéro de carte de crédit par Internet n'est pas plus aventureux que de payer son repas au restaurant avec sa carte et de quitter la table, en laissant le relevé de transaction sur le plateau», fait remarquer Me Allard.
Cela dit, réel ou pas, si les clients perçoivent un risque, ils seront réticents à utiliser ce mode de paiement. Ce qui fait dire à Me Allard que «l'entreprise ne doit pas tenter de convaincre ses clients de la réalité d'une situation, mais doit plutôt gérer adéquatement la perception de cette réalité». Jurifax se devait donc de trouver une solution au problème de la sécurité des paiements, à une époque où aucun des grands émetteurs de cartes de crédit n'avait encore lancé un système de paiement sécurisé.
La solution innovatrice
Comment Jurifax s'y est-elle prise pour faire des transactions dans lesquelles les usagers ont confiance? Toute l'ingéniosité de l'entreprise peut être illustrée par la solution innovatrice apportée par Me Allard et son équipe aux inquiétudes soulevées par les clients face aux paiements en ligne.
Le bon de commande de l'entreprise se décompose en deux parties. Chacune d'entre elles fait l'objet d'un courriel distinct. Dans la première partie du bon de commande, le client s'identifie, indique le type de carte de crédit qu'il veut utiliser pour régler sa commande, inscrit les huit premiers chiffres de celle-ci et fait parvenir l'information à l'entreprise.
Après avoir franchi cette première étape, le client remplit la seconde partie du bon de commande. Il y indique les derniers numéros de sa carte de crédit ainsi que sa date d'expiration et transmet l'information. Ensuite, il suffit au personnel de Jurifax de rabouter les deux parties du bon de commande pour avoir toute l'information dont elle a besoin pour compléter la transaction avec son client. Et le système est un succès. «À ce jour, nous n'avons jamais reçu de plainte et ce système fonctionne adéquatement», conclut Me Allard.
Quel enseignement peut-on tirer de l'expérience de Jurifax? La réponse est simple. Une bonne stratégie de communication par le biais du Net, qu'elle vise à vendre des produits et services ou simplement à les publiciser, repose sur une idée bien simple. Le diffuseur d'information doit connaître son public et s'adapter à ses besoins. C'est un conseil que devraient garder les avocats à l'esprit lorsqu'ils mettent sur pied leur page Web.
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