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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir...

Les examens de l'École du Barreau

André Giroux


Tout ce que vous avez toujours voulu savoir mais n'avez jamais osé demander à propos des examens, sauf les réponses aux questions, bien entendu!

C'est sous ce thème que la responsable aux évaluations à l'École du Barreau, Danielle Roy, et Me Jean-Yves Brière, adjoint au responsable du secteur de droit administratif, ont visité les quatre centres de l'École en septembre dernier.

Estimant que la tradition orale se transforme quelquefois en inflation verbale, l'École souhaitait fournir le plus d'informations possibles et aider les étudiants à préparer leurs examens.

«Nous voulons tenter de diminuer dans la mesure du possible les appréhensions des étudiants face à leur formation au Barreau, explique Danielle Roy. Chaque année, il arrive que des étudiants oublient de remettre leur cahier de réponses ou de répondre à certaines questions.»

Ce qui peut bien sûr être fatal. Si ce n'est évidemment pas là la cause première du taux d'échec ou des notes moyennes relativement faibles aux examens réguliers, cela témoigne d'une appréhension certaine.

Rappelons que 60 % des étudiants ont dû l'an dernier reprendre au moins un examen. Quant à la note moyenne, elle dépasse rarement 65 % aux examens réguliers. Après reprises, le taux de réussite global est de 80 %.

Se fondant sur une analyse effectuée l'an dernier par l'École du Barreau, les conférenciers ont indiqué les principales faiblesses des étudiants relevées par l'École. Elles sont au nombre de quatre: application des règles de droit à une situation factuelle multidimensionnelle, synthèse, articulation d'un syllogisme juridique et rédaction.

Lire et comprendre le lexique

Ces difficultés peuvent révéler de réelles faiblesses, mais elles dénotent parfois une simple inattention. «Lors d'un examen, illustre Me Brière, la première chose à faire est de lire la question, la deuxième est de la relire, la troisième est de la relire à nouveau.»

Il est important de bien saisir tous les faits et les questions de droit. C'est à partir de ces informations que les questions sont posées.

Celles-ci se distinguent souvent de ce que les étudiants ont connu à l'université. «À l'université, affirme Danielle Roy, les professeurs évaluent souvent leurs étudiants par des questions à développement à partir desquelles ceux-ci rédigent cinq ou dix pages. À l'École du Barreau, c'est différent. Nous cherchons souvent des réponses brèves et précises.»

«Certains termes employés dans les examens ont une signification générique, ajoute Me Brière. D'autres ont une signification propre à l'École.»

Il a fourni quelques illustrations. Le terme «motivez», par exemple, ne signifie pas expliquer ou argumenter, mais référer aux dispositions précises et pertinentes de tout texte de loi, de règlements ou de règles de pratique. «Ce n'est qu'à défaut de ces dispositions qu'une référence à la jurisprudence sera admise», ajoute Me Brière.

C'est le terme «pourquoi» qui invite à énoncer un raisonnement. On ne se limite alors plus à la mention d'une disposition législative.

L'avocat a invité les étudiants à bien distinguer les recours administratifs des recours judiciaires. Le correcteur n'acceptera pas la mention du premier lorsque c'est le second qui est demandé, et vice-versa.

La mention «légalement» porte parfois à confusion. Ainsi une défense peut valablement être produite dans les semaines qui suivent l'expiration du délai de comparution, mais également, le délai est de dix jours. Seule cette dernière réponse est valide.

Me Brière a insisté sur l'importance de bien lire les questions. Ainsi, lorsqu'une question vise à ce que l'étudiant indique deux droits ou libertés visés par des articles différents de la Charte des droits et libertés de la personne deux références à un même article de cette charte ou à deux articles de la Charte canadienne des droits et libertés seront refusées en partie ou en tout selon le cas.

Oui, non, peut-être!

«Évitez le syndrome du oui, non, peut-être, affirme Me Brière. La question posée vise une réponse claire, nette et précise. Ajouter vos propres hypothèses à la trame de faits incluse dans la question entraîne une confusion inutile, voire dommageable.»

Exemple: Dans l'hypothèse où Roger décède après le prononcé du jugement de divorce, Louise a-t-elle droit au produit de la police d'assurance? Motivez. L'article 2459, al. 2 C.c.Q. est clair: non. Inutile d'en ajouter et de créer la confusion.

«Vous ne pouvez jamais imaginer, ajouter ou présumer des faits autres que ceux prévus au cahier d'examen, note l'avocat. La réponse pourra être juridiquement irréprochable, mais vous risquez de perdre des points, faute de clarté et de précision.»

Protocole d'évaluation

Le protocole d'évaluation fut expliqué aux étudiants. Il compte 14 étapes. Une équipe de préparateurs conçoit d'abord un projet d'examen qui sera ensuite soumis pour validation à un ou des spécialistes extérieurs à l'École. À la troisième étape, le sous-comité d'évaluation approuvera le projet avec ou sans modification avant de la présenter au Comité de la formation professionnelle.

Les étudiants connaissent bien la sixième étape: la tenue de l'examen. Puis vient la ronde de correction. Le corrigé est d'abord mis à l'essai. Une vingtaine de correcteurs provenant des quatre centres corrigent une centaine de copies.

Une fois les correctifs apportés, s'il y a lieu, s'ouvre la période de correction de tous les cahiers. Une recorrection automatique est accordée aux étudiants dont la note est de 58 % ou 59 %. La note de passage est de 60 %. Suit une analyse préliminaire des résultats au cours de laquelle sont vérifiées toutes les réponses acceptables . S'il y en a de nouvelles, la correction est réouverte pour tous.

Ce n'est qu'après ces étapes que les résultats sont homologués par le sous-comité d'évaluation et le Comité de la formation professionnelle. Ils sont finalement transmis aux étudiants. Les démarches de correction auront duré de quatre à cinq semaines.

La révision de notes

Tout étudiant, qu'il soit en situation de succès ou d'échec, peut demander une révision de sa note. Le résultat de la revision peut être une augmentation, une diminution ou le maintien du premier pointage. Ce deuxième résultat est sans appel.

Cette révision s'effectue en équipe de trois. «Le rôle du correcteur n'est pas de voir ce qu'il aurait fait en première correction, précise Me Brière, mais de s'assurer qu'il n'y a pas d'erreur prima facie». En d'autres termes, le réviseur «s'assure que la correction de l'examen n'est entachée d'aucune erreur manifeste», mentionne le protocole d'évaluation.

Aucune demande collective de révision n'est recevable.

 

 
 

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