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Francis Donovan, avocat
Cher Me Francoeur,
C'est avec intérêt que nous avons lu votre lettre du 15 septembre dernier (Volume 29 numéro 15, page 6) dans laquelle vous avez présenté aux membres du Barreau le nouveau Répertoire électronique de jurisprudence du Barreau. Dans cette lettre vous avez annoncé d'un coup la disponibilité à moitié prix, pendant un temps limité, du nouveau Répertoire, et la cessation de la subvention des Recueils de jurisprudence du Québec et de l'Annuaire de jurisprudence et de doctrine du Québec. L'effet net de ces mesures est de subventionner les cabinets et avocats qui ont les moyens de se procurer un équipement informatique de pointe, tout en retirant une subvention au profit des avocats qui ne les ont pas. Il s'agit, nous vous soumettons, d'un résultat légèrement paradoxal.
Bien que nous sommes «à l'aube du XXIe siècle», et le «virage électronique» est un phénomène important, ce n'est pas tous les clients qui ont besoin des services d'un cabinet traditionnel, et qui sont en mesure de supporter les honoraires substantiels nécessités par une énorme infrastructure. Pourtant, même l'avocat au service de personnes ordinaires doit avoir accès à la législation, jurisprudence et doctrine.
Les grands cabinets auront toujours une technologie informatique de haute gamme, avec ou sans une subvention du Barreau. Au lieu de s'enivrer des récentes révolutions informatiques, ne vaudrait-il pas mieux pour le Barreau de se préoccuper davantage du secteur grandissant de notre société qui n'est ni assez riche pour engager les services d'un cabinet traditionnel, ni suffisamment démuni pour se prévaloir de l'aide juridique?
Veuillez agréer, Monsieur le Bâtonnier, l'expression de nos sentiments les meilleurs.
Francis Donovan, avocat
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