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Le REÉR du Barreau du Québec

Rendement et sécurité

Michel Corbeil, avocat


À sa dixième année d'existence, le régime enregistré d'épargne-retraite (REÉR) du Barreau du Québec compte près de 2 800 cotisants qui y avaient investi, au 31 décembre dernier, plus de 53 millions de dollars.

Le REÉR du Barreau du Québec comporte deux sections. La section Équilibrée, dans laquelle sont investis 47 des 53 millions de dollars de la caisse de retraite, est composée de titres à revenu fixe et de valeur de croissance. Elle vise la sécurité et l'accroissement du capital.

Au 30 novembre 1996, l'actif de cette section comprenait des obligations et débentures (50 %), des actions ordinaires de première qualité ou blue chips (environ 30 %), des actions étrangères (environ 15 %) ainsi que des liquidités et autres éléments (5 %).

Quant à la section Obligations, elle se compose de titres à revenu fixe. Elle vise avant tout la préservation du capital et la stabilité des revenus. Au 30 novembre 1996, l'actif de cette section comprenait des obligations de compagnies (38 %), des obligations fédérales (32 %), des obligations provinciales (23 %) ainsi que des liquidités et autres actifs à court terme (7 %).

Nos lecteurs peuvent prendre connaissance des rendements de chacune de ces sections dans le tableau intitulé Rendements du REÉR du Barreau du Québec.

Le REÉR du Barreau est géré par Bolton Tremblay et administré par la Fiducie Desjardins. C'est un comité de surveillance relevant du conseil d'administration de la Corporation de services du Barreau du Québec qui établit la politique de placement et qui veille à son application. L'objectif principal de cette politique consiste à préserver le capital investi et à obtenir un rendement optimal.

1996: une très bonne année

De l'avis de M. Pierre Garceau, vice-président de la firme de gestionnaires Bolton Tremblay, «1996 s'est avérée une très bonne année : les résultats obtenus ont dépassé nos attentes». En effet, les deux sections du REÉR du Barreau du Québec ont profité d'une situation idéale, en l'occurrence une économie en croissance et une inflation modérée. La conjugaison de cette dernière avec la baisse (imprévue) des taux d'intérêt ont engendré un phénomène que les experts qualifient d'ailleurs de «cercle vertueux». Il faut également noter que la restructuration économique massive en cours au Canada depuis quelques années, de même que la réduction des déficits gouvernementaux, ont contribué à la force du dollar canadien qui continue de s'améliorer par rapport au dollar américain.

À quoi s'attendre en 1997?

Dans son Rapport du quatrième trimestre 1996, la firme Bolton Tremblay souligne que la «combinaison d'une croissance économique modérée et d'un taux d'inflation entre 0 % et 2 % ne peut faire autrement qu'être favorable aux marchés financiers à long terme.»

En ce qui concerne les marchés de titres à revenu fixe, le rapport signale que «maintenant que les taux d'intérêt canadiens à court terme sont 2 % en dessous des taux correspondants en dollars américains et que les taux à long terme sont à peu près les mêmes dans les deux pays, il est difficile d'envisager une performance bien supérieure du marché obligataire canadien sur le marché américain cette année. Par contre, la monnaie pourrait être relativement favorable. Avec le raffermissement graduel de la demande interne au Canada, nous anticipons une hausse des taux d'intérêt à court terme, ce qui devrait être favorable au dollar canadien.»

Tout en mentionnant que rien ne laisse présager que cette hausse sera phénoménale, M. Garceau affirme que les taux ne sont pas tant menacés par le Japon et l'Europe que par les États-Unis, si nos voisins décidaient d'augmenter les leurs. De façon générale, M. Garceau s'attend à ce que l'année 1997 soit «bonne» pour le marché des actions canadiennes et «moyenne» pour le marché obligataire.

Comme par le passé, les gestionnaires du REÉR du Barreau du Québec s'assureront d'une saine diversification dans le portefeuille, à la fois d'actifs canadiens et internationaux.

Un régime non spéculatif

Le vice-président de la Corporation de services du Barreau du Québec et président du comité de surveillance du REÉR, Me Pierre Messier, a indiqué que de légers ajustements avaient été apportés à la politique de placement au cours de l'année 1996. «Compte tenu de la conjoncture et des marchés boursiers, nous avons laissé un peu plus de liberté aux gestionnaires en ce qui concerne les actions.»

Me Messier a cependant précisé que la politique de placement demeure la même, à savoir «la préservation du capital et un rendement optimal des placements», tout en ajoutant que le régime collectif du Barreau du Québec demeurerait «non spéculatif».

Ces propos rejoignent ceux du président de la Corporation de services du Barreau du Québec, Me Paul Laflamme, qui rappelle que ce régime a été mis en place en 1987 afin de répondre aux besoins spécifiques des avocats du Québec et, surtout, leur permettre de se regrouper pour obtenir des rendements plus élevés que ceux auxquels peut s'attendre un individu, seul. «Nous visions alors - et nous visons encore - un placement sécuritaire et un bon rendement. Il n'était - et il n'est toujours - pas question de risquer l'argent des membres. C'est la raison pour laquelle nous avons formé un conseil de sages compétents qui fait des recommandations à la Corporation au chapître des placements.»

Les membres de la Corporation de services sont «satisfaits des rendements obtenus et de l'évolution du régime», de conclure Me Laflamme.

Pour tous ceux qui désirent concilier efficacement rendement et sécurité en vue de s'assurer une retraite harmonieuse et sereine, le REÉR du Barreau du Québec est un outil indispensable.

Comme l'a souligné avec à-propos M. Garceau, «par comparaison avec les rendements qu'il est possible d'obtenir d'autres formes de placement, par exemple les certificats de placement garanti, les rendements absolus du RÉER du Barreau sont très intéressants». *

RENDEMENTS DU REÉR DU BARREAU DU QUÉBEC

   

section équilibrée

section obligations

1 an

(du 1995 12 31 au 1996 12 31)

13,77 %

10,63 %

3 ans

(du 1993 12 31 au 1996 12 31)

8,38 %

7,58 %

5 ans

(du 1991 12 31 au 1996 12 31)

10,33 %

9,28 %

remarques

Ces rendements sont nets des frais de gestion et d'administration, lesquels représentent moins de 1 %. Ces rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs

 

 
 

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