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Sésame ouvre-toi

Petit guide de la recherche efficace sur l'autoroute de l'information

Robert Cassius de Linval, avocat
L'Internet regorge de trésors juridiques qui peuvent faciliter votre pratique. Mais savez-vous comment les découvrir? Comment effectuer une bonne recherche sur le Net? Ce sont les questions posées par Judith Bird, bibliothécaire et spécialiste des systèmes d'information juridiques, dans le cadre du plus récent déjeuner-causerie de l'Association québécoise pour le développement de l'informatique juridique (AQDIJ). «On peut gaspiller beaucoup de temps à faire de la recherche sur l'Internet», commence la spécialiste, «parce que c'est l'anarchie et l'information est désorganisée. Pour trouver de l'information utile, il faut savoir chercher.»

Quelques adresses intéressantes

Bullet5Le nouveau site du Barreau du Québec offre de plus en plus d'informations importantes pour les juristes québécois.

Bullet5L'Université du Québec à Montréal rend disponible sont GIRI (Guide d'initiation à la recherche sur Internet). Il s'agit d'un bon outil pour vous initier aux rudiments de la chasse aux informations.

Bullet5Le site Réseau d'accès à la justice vous offre des liens vers tous les journaux de débats du fédéral et des provinces disponibles sur le Net. Il fait de même pour la législation et la jurisprudence. Une adresse essentielle.

Les listservs

Bullet5OBITER (Université de Montréal, CRDP). Il s'agit d'un forum de discussion général.

Bullet5CSALT-TALK (Canadian Society for the Advancement of Legal Technology). Il s'agit là aussi d'un forum de discussion sur les outils technologiques disponibles pour les juristes.

Bullet5LAWTECH (American Bar Association). Un autre forum de discussion américain sur les outils technologiques disponibles pour les juristes.

Les sites répertoires et les engins de recherche

Bullet5The Surfing Lawyer

Bullet5Université de Montréal, CRDP (Bibliothèque virtuelle en droit canadien

Bullet5ACJNet (Un réseau d'accès à la justice

Bullet5Éditeur officiel du Québec (Juridex)

Bullet5Drew Jackson (Legal Links - resources for lawyers on the interne)

Bullet5Alan Gahtan (Canadian Legal resources)

Bullet5CataLaw

Bullet5FindLaw

Bullet5Excite

Bullet5Infoseek

Bullet5Yahoo

Bullet5Alta Vista

Bullet5LawCrawler

Sites payants

Bullet5inTeger/acTif (Not In Print)

Bullet5Dacfo (Droit civil en direct)

Bullet5QUICKLAW (résumé des décisions importantes gratuit, frais pour les textes intégraux)

Bullet5BNA (The Bureau of National Affairs, Inc.). Plus de 30 bulletins livrés électroniquement (incl. Antitrust & Trade Regulation Report, Employee Relations Weekly, International Environment Reporter, Securities Regulation & Law Report, etc)

Quatre règles d'or

Convaincus que le réseau renferme toutes les informations possibles et imaginables, les juristes reviennent souvent bredouilles et déçus de leurs chasses aux informations. Des sentiments auxquels se jouxte généralement la frustration d'avoir navigué pendant des heures pour absolument rien. Ces pertes de temps et ces frustrations sont évitables. Rien ne sert de chercher ce que le réseau n'abrite pas, fait sagement remarquer Madame Bird. Aussi, avant de vous lancer à l'aventure sur le Net juridique, il vous faut être conscient du type de matériel susceptible de s'y trouver. «Les États-Unis sont beaucoup plus avancés dans le développement des sites Web. Nous avons aussi de bon sites canadiens et québécois, mais il y a beaucoup plus d'information en provenance du Sud. Comme recherchiste, il faut en être conscient», explique l'experte. Qu'est-ce qui se trouve sur le Net pour les juristes d'ici? «L'information disponible peut être divisée en deux grandes familles: l'information juridique et l'information non-juridique, et chacune des ces familles se divise en sous-catégories». Les informations juridiques disponibles comprennent la législation, la jurisprudence et les débats parlementaires. Bien entendu, l'on retrouve aussi de la doctrine sur le Net. Malheureusement, les différents champs de pratiques sont inégalement présents sur le réseau. Si Internet est un outil de recherche incontournable pour toutes les questions juridiques soulevées par les technologies de l'information, ce n'est pas vrai pour des champs de pratiques plus traditionnels. Par exemple, fait remarquer madame Bird, il existe bien peu de sources doctrinales relatives au droit de la famille sur le réseau. Enfin, les différents barreaux et les associations de juristes commencent aussi à faire sentir leur présence. À l'instar de ces derniers, les cabinets d'avocats ou de notaires, les éditeurs juridiques et les répertoires professionnels sont toujours plus nombreux à se lancer dans l'aventure du cyberespace.

Comment trouver...

À la chasse aux informations juridiques, il n'est pas suffisant de connaître quel gibier se terre dans le réseau. Encore faut-il pouvoir le débusquer. C'est l'étape cruciale de toute recherche. Mais comment lever les données pertinentes à vos besoins? Les avenues qui s'offrent au recherchiste sont nombreuses, répond Judith Bird. «Avec les banques de données comme SOQUIJ ou QuickLaw, il existe une seule approche pour faire de la recherche. On tape une requête et la recherche s'effectue. Avec Internet, c'est différent. Plusieurs pistes permettent de traquer sa proie.» En effet, les internautes, trop souvent obnubilés par le Web et les engins de recherche, oublient qu'il existe d'autres avenues possibles pour assouvir ses besoins informationnels. «Les groupes de discussion sont une bonne première étape pour effectuer une recherche efficace», explique Madame Bird. «En posant une question aux participants d'un groupe de discussion, il y a fort à parier que l'on obtiendra une réponse assez précise à ses interrogations et ce, plus rapidement que si l'on utilise un engin de recherche du Web.» Pour la spécialiste, cette réalité s'explique facilement. Les groupes de discussion sérieux réunissent des spécialistes souvent prêts à partager leurs expertises. Mais méfiez-vous, prévient Madame Bird. «Même si un expert vous répond, il ne vous donne que son avis sur un problème donné, n'oubliez jamais que sa réponse n'est pas une opinion juridique.» À quels groupes de discussion faut-il s'adresser? Règle générale, les listservs sont une meilleure source d'information que les news, croit madame Bird. Le Law Lists de Lyonette Louis-Jacques constitue une ressource inestimable pour identifier le groupe de discussion répondant le mieux à vos besoins. Cette liste exhaustive des groupes de discussion à caractère juridique se trouve à l'adresse <http://www.lib.uchicago.edu/cgi-bin/law-lists>. La liste est à jour au 10 juillet 1996. Les sites répertoires sont aussi de précieux alliés du recherchiste virtuel. «Les personnes qui mettent de tels sites sur pied amassent des collections impressionnantes de liens relatifs au droit. En les classant selon différents critères, il permettent à l'Internaute d'arriver rapidement à ce qu'il cherche, explique l'invitée de l'AQDIJ. À la chasse aux informations juridiques, ils font office de rabatteurs: ils poussent l'information pertinente vers le recherchiste. Ce dernier n'a plus qu'à choisir celle qui lui convient.

Recherches par mot-clés

Si vous êtes habiles avec les engins de recherche et en mesure de décrire le sujet votre recherche à l'aide de mots-clés suffisamment précis, le Net met à votre disposition de véritables limiers de l'univers dématérialisé. Tels des pointer, ils sauront renifler les pistes et vous indiquer là où se trouvent les sites qui les ont laissées. Pour réussir ce tour de force, les sites de recherche scrutent un nombre effarant de sites ou d'archives de groupes de discussion à la recherche des mots-clés choisis par vous. «S'ils sont des outils extrêmement puissants, il ne faut jamais oublier que la qualité des résultats est toujours tributaire de la qualité de la requête soumise», fait remarquer Judith Bird. «Aussi, deux impératifs doivent toujours être respectés. En premier lieu, le recherchiste doit bien définir son sujet de recherche et isoler des mots-clés pertinents et précis. En second lieu, le recherchiste doit avoir pris le temps de bien connaître l'engin de recherche qu'il utilise.» À défaut de bien maîtriser l'engin de recherche utilisé, son rendement sera loin d'être optimum. Et comme chaque moteur de recherche a ses particularités, il est important de se familiariser avec ses idiosyncrasies avant d'en utiliser un pour la première fois. Si votre pointer n'est pas bien dressé il vous aidera mal. La recherche est un exercice long et difficile. Aussi, une fois identifiées, les informations pertinentes doivent demeurer facilement accessibles. En d'autres mots, il vous faut pouvoir les retrouver sans avoir à répéter tout l'exercice de recherche. Comment? C'est très simple, il suffit de bien gérer vos signets, les fameux bookmarks. «Vous économiserez beaucoup d'efforts et de frustrations inutiles si vous prenez le temps de bien classer et hiérarchiser les résultats de vos recherches», avertit Judith Bird. «Par le fait même, vous allez construire votre propre site répertoire.» Les catégories et sous-catégories que vous créez ne regardent que vous. L'essentiel, c'est de pouvoir si retrouver. Mais évitez l'ésotérisme si vos signets doivent aussi servir à des collègues.

L'information est-elle fiable?

Votre recherche va bon train. Vous venez de dénicher un site qui répond parfaitement à vos interrogations. Vos tracas sont terminés... ou presque. En effet, il n'est pas suffisant de découvrir de l'information pertinente pour faire une bonne recherche. Encore faut-il être assuré que celle-ci est digne de foi et qu'elle est à jour. Pour Judith Bird, une série d'indices permettent de jauger la fiabilité des données contenues sur un site. L'identité de l'organisme diffuseur est un guide précieux. S'il s'agit d'un gouvernement, d'un centre de recherche, d'une université réputée ou d'un organisme professionnel reconnu, l'information a de fortes chances d'être digne de foi. La date de la dernière mise-à-jour est aussi un indicateur précieux. Si celle-ci remonte à plusieurs mois ou, pis encore, si aucune date n'est indiquée, méfiez-vous. Il en va de même si le nom de la personne chargée de répondre à vos questions ou celui du vaguemestre - webmaster dans la langue vernaculaire - n'apparaît pas. Dans le doute sur la fiabilité des informations contenues dans un site, évitez de leur accorder trop de crédibilité. Cherchez plutôt à identifier l'âme généreuse qui a pris le temps de les rendre disponibles et à déterminer le degré de sérieux de ses efforts. Vous éviterez de mauvaises surprises.

Comment rester à jour

La recherche efficace n'est pas une activité statique. Pour éviter d'avoir constamment à recommencer les mêmes recherches - et, bien entendu, pour être à jour - vous devrez être en mesure d'identifier les nouvelles sources d'information disponibles depuis votre dernière sortie. Qu'il s'agisse du lancement d'un nouveau site ou de modifications à un site que vous connaissez déjà, les listes de discussion sont précieuses pour vous tenir au fait des dernières apparitions. Par exemple, des participants annonçaient récemment dans le forum de discussion L'Obiter (<http://www.droit.umontreal.ca/palais/obiter/index.html>) l'arrivée du site de la Cour municipale de Montréal (<http://www.ville.montreal.qc.ca/cour_municipale>) et la disponibilité nouvelle de certains recueils d'arrêts de la Cour fédéral (<http://www.fja-cmf.gc.ca>). «Il est aussi possible de s'abonner à des services d'alerte», fait savoir Judith Bird. Il s'agit de liste de distribution qui avertit les abonnés par le biais du courriel chaque fois qu'un nouveau site apparaît.

Que nous réserve l'avenir?

«Nous verrons apparaître de plus en plus de services de recherches payants», prédit Madame Bird. En effet, plus la quantité d'informations disponibles sera importante, plus il sera difficile d'effectuer efficacement des recherches exhaustives. «Des entreprises spécialisées dans la recherche sur les nouveaux environnements informatiques deviendront donc de plus en plus nombreuses à offrir leurs services aux juristes», conclut la spécialiste.

 

 
 

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