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Dominique Bélanger, avocate
Un sondage effectué à la fin de l'année 1991 par le Barreau du Québec démontrait que 15 % des avocates inscrites au tableau de l'Ordre disaient avoir été ou être victimes de harcèlement sexuel peu importe l'âge, la région où elles exercent et le secteur d'activités.
Conscient de ce problème, le Barreau du Québec a diffusé auprès des cabinets d'avocats du Québec, un guide sur l'élaboration d'une politique contre le harcèlement sexuel au travail. Il a aussi organisé, via ses comités sur les femmes dans la profession et sur les droits de la personne, une conférence portant sur le harcèlement sexuel dans les cabinets d'avocats.
Mais qu'est-ce que le harcèlement sexuel? La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, dans son document intitulé Orientation face au harcèlement en milieu de travail, le définit ainsi:
«Il s'agit d'une conduite se manifestant par des paroles, des actes ou des gestes à connotation sexuelle, répétés et non désirés, et qui est de nature à porter atteinte à la dignité ou à l'intégrité physique ou psychologique de la personne ou de nature à entraîner pour elle des conditions de travail défavorables ou un renvoi.1»
Dans la foulée des actions entreprises par le Barreau du Québec, le comité des avocates dans la profession du Barreau de Québec croit qu'il est important de dénoncer, principalement au bénéfice des étudiantes et des stagiaires, un ensemble de comportements qui peuvent créer une situation susceptible de constituer du harcèlement.
Par exemple, un avocat en situation d'autorité réelle ou potentielle vous rejoint à des heures indues le jour, la fin de semaine ou même la nuit; il vous propose de fixer ou de déplacer une entrevue tard en soirée au restaurant, ou encore à votre domicile ou au sien; il insiste d'une façon qui vous rend mal à l'aise sur votre apparence physique, sur votre habillement, sur votre maquillage; il vous fait des remarques déplacées, vous invite souvent, malgré vos refus répétés, à sortir avec lui, il vous parle de ses préférences sexuelles, vous raconte sa vie privée et vous jette des regards «qui déshabillent», vous retrouvez dans le milieu de travail des objets à connotation sexuelle comme des bibelots ou des affiches de femmes nues ou dans des positions suggestives.
Farfelus ces exemples...? Détrompez-vous, ils sont tous tirés de la jurisprudence et plusieurs de ces situations ont réellement été vécues par des consoeurs. Le comité des avocates dans la profession espère que ces exemples contribueront à aiguiser votre vigilance et vous inciteront à refuser ces agissements lorsque vous les jugerez inappropriés.
Si vous avez été victime de harcèlement ou croyez l'être, si vous désirez obtenir aide et soutien, vous pouvez communiquer avec le comité des avocates dans la profession du Barreau du Québec au numéro de téléphone (418) 529-0301.
1 [1987] D.L.Q. 491, 493 (Résolution COM-292-7.5)
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