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Le lancement officiel aura lieu lors du Congrès

Le Barreau du Québec est arrivé sur le Web

Robert Cassius de Linval


Le Barreau du Québec est arrivé sur le Web. Le 12 décembre 1996, il est devenu le quatrième barreau du pays à se lancer dans l'aventure virtuelle. Le Barreau du Haut-Canada (Ontario), le Alberta Law Society et le Nova Scotia Barristers' Society sont les trois autres. «Nous n'avons pas été les premiers à arriver sur le Web mais nous comptons faire de notre site l'une des meilleures vitrines juridiques en Amérique du Nord», promet le bâtonnier du Québec, Me Claude Masse. Bien que le site soit encore en construction, les contenus actuellement disponibles et son plan de développement laissent présager que le temps donnera raison au bâtonnier.

Pour l'instant, un constat s'impose: malgré son jeune âge, le site contribue déjà à l'efficacité des communications entre le Barreau du Québec, ses membres et le public. Grâce à lui, avocats et citoyens peuvent accéder aux plus récents mémoires du Barreau sur les questions de l'heure et aux communiqués de presse émanant du service des communications simplement en cliquant sur l'hyperlien approprié. Le site abrite également le bottin du Barreau, un outil qui facilite la tâche des personnes désireuses de contacter l'organisme ou son personnel. Bien adapté à la réalité du Net, l'annuaire contient non seulement le numéro de téléphone de chacun des services et des directions du Barreau ainsi que du personnel qui y est rattaché mais aussi leurs adresses électroniques.

Le site contribue aussi à faire connaître le Barreau au public et aux avocats. Un bel exposé de la structure et de l'organisation du Barreau du Québec, depuis les fondements législatifs de ses pouvoirs en passant par sa mission, son rôle et la composition de ses différents comités, démystifie l'organisme. Il s'agit d'un outil précieux pour apprendre à connaître une institution dotée d'un passé riche, mais résolument tournée vers l'avenir et avec beaucoup à offrir. Même le Journal du Barreau est disponible en version électronique.

Par ailleurs, les lois, les règlements et la jurisprudence font aussi partie des informations auxquelles le Barreau veut faciliter l'accès. À cette fin, on est à mettre au point un produit électronique de jurisprudence qui donnera annuellement accès au texte intégral de plus de 3 000 décisions judiciaires. Ce recueil électronique de jurisprudence sera, selon toute vraisemblance, disponible sur CD-Rom et/ou par le biais du site du Barreau du Québec.

Le Net est donc appelé à devenir un outil de diffusion important pour le Barreau du Québec. «L'Internet devient une carte majeure dans notre stratégie de communication», explique le bâtonnier Masse. Et l'impact du site grandira à mesure que la population de juristes branchés augmentera, poursuit-il, avant de conclure que c'est d'ici trois à cinq ans qu'il réalisera pleinement son potentiel.

Aussi, le site Web du Barreau est un jalon important dans l'histoire des technologies de l'information au service des juristes québécois. Il marque le début d'une nouvelle ère durant laquelle sera mise sur pied une importante infrastructure qui redéfinira le rôle du Barreau dans le panorama juridique du Québec. «L'équipe de direction actuelle estime très importante l'appropriation par les juristes des technologies de l'information, en particulier, des technologies liées à Internet. L'investissement fait par le Barreau dans le développement de son site permettra d'augmenter considérablement les bénéfices des avocates et avocats qui feront le saut. En fait, le Barreau fait ce qu'il prêche, au moment où plusieurs (dont le Barreau) s'inquiètent du retard qu'accuse le ministère québécois de la Justice dans l'utilisation d'Internet, le Barreau accorde ses gestes à sa parole et entreprend de construire sa portion de l'inforoute juridique québécoise», estime le professeur Daniel Poulin, du Centre de recherche en droit public (CRDP) de l'Université de Montréal, qui agit comme conseiller du Barreau dans ce dossier.

Pour l'instant, explique Stéphane Volet, vaguemestre du site (webmaster) et son principal responsable, l'équipe continue à développer le site qui est en version bêta. C'est dans le cadre du Congrès annuel du Barreau, au mois de mai prochain, qu'il sera officiellement lancé. Et l'occasion sera parfaite puisque la technologie est le thème central du Congrès de cette année. D'ici là, on ne chômera pas.

Pourquoi un site Web?

L'arrivée du Barreau du Québec dans l'univers du Net était prévisible. Tous s'accordent pour reconnaître son importance comme outil de diffusion de l'information. Le nombre sans cesse croissant d'entreprises et d'organismes qui en profitent témoignent éloquemment de ce fait. Bref, le médium devient peu à peu incontournable. Selon le professeur Daniel Poulin, du CRDP de l'Université de Montréal, cette échéance est proche. Le spécialiste est d'avis que «de façon générale, tout le commerce, et tous les avocats vraiment en affaires, seront sur Internet très prochainement, certainement avant la fin du siècle.»

Le directeur des communications du Barreau, Léon Bédard, de qui relève le site Web du Barreau, rappelle, pour sa part, le «virage technologique» (le document est disponible sur le site) qu'a pris le Barreau à l'occasion du Conseil général de juin 1996: « Nous sommes en plein virage, dit-il, conformément au voeu des membres. Il nous faut nous arrimer au scénario Singapour, le scénario retenu par le Comité du Barreau sur l'avenir de la profession.

D'autres barreaux songent aussi au Web

L'arrivée du Barreau du Québec sur le Web procède d'un phénomène qui dépasse largement la province. Il n'est pas étonnant, donc, que d'autres barreaux du Canada songent aussi au cyberespace. Cependant, tous ne sont pas prêts à se laisser séduire. «Nous savons que d'autres barreaux sont déjà présents sur le Net. Mais, compte tenu du nombre d'avocats inscrits à notre Tableau de l'Ordre qui sont branchés, nous croyons qu'il est encore trop tôt pour avoir un site», explique le secrétaire du Barreau du Nouveau-Brunswick, Me Michel Carrier. «Mais nous sommes sensibles à l'importance du Net - nous venons d'obtenir une adresse pour le courrier électronique - et éventuellement nous aurons un site. Pour l'instant, nous croyons qu'il est préférable de patienter afin de bénéficier de l'expérience du Barreau de Nouvelle-Écosse.»

 

 
 

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