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Volume 30 - numéro 1
15 janvier 1998
ACTUALITÉ JURIDIQUE
L'Association des diplômés en droit de l'Université de Montréal tenait, comme c'est le cas annuellement depuis 1988, son Grand dîner d'automne auquel ont assisté pas moins de 200 avocats et juges. Cette rencontre aura permis de rendre hommage à l'un de ses plus illustres diplomés: l'honorable Jules Deschênes.
Plus de 200 personnes ont rendu hommage à l'honorable Jules Deschênes dans le cadre du Grand dîner d'automne de l'ADDUM. |
Professeur, avocat, juge et auteur de nombreux articles juridiques, le juge Deschênes est connu pour son rôle actif dans le domaine du droit international, notamment en ce qui concerne les droits humains. Plus près de nous, au Québec, il est connu pour son rôle dans l'interprétation de la Charte canadienne des droits et libertés.
Deux grands projets
Invité à introduire le juge Deschênes, Me Guy Gilbert a donné un bref aperçu de la carrière de l'homme, au demeurant fort actif: professeur à la Faculté de droit de l'Université de Montréal; juge de la Cour d'appel et juge en chef de la Cour supérieure; membre du Conseil de l'Université de Montréal et du Comité exécutif; membre du Conseil d'administration de la Fondation canadienne des droits humains; membre du Conseil d'administration et du Comité exécutif de l'Institut canadien d'études juridiques supérieures; conseiller auprès du Centre des Nations unies pour le développement social et les affaires humanitaires; président du Conseil consultatif de la justice au Québec (1972); président de la première conférence mondiale sur l'indépendance de la justice à Montréal; président du Comité de l'association mondiale des juges sur l'expansion de la compétence de la Cour internationale de justice (1977-82); juge au tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie de 1993-1997; et enfin, auteur de nombreux ouvrages, notamment Maître chez eux, Ainsi parlèrent les tribunaux, Les plateaux de la balance, Judicial Independence: The Contemporary Debate, en plus d'une autobiographie publiée en 1988: Sur la ligne de feu.
Ceci étant dit, et malgré ses nombreuses réalisations, le juge Deschênes demeure un homme actif, avec plusieurs buts à atteindre et souhaits à réaliser. Parmi ceux-ci, il espère voir se réaliser deux grands projets: la création d'un tribunal pénal international permanent et un conseil interprofessionnel plus utile et efficace.
Il a d'ailleurs dressé un bref historique du conseil interprofessionnel, créé en 1964, avec l'accord du Premier ministre de l'époque, Jean Lesage, par l'émission de lettres patentes visant la mise sur pied d'une corporation à but non-lucratif. La mission était de réunir les 15 corporations professionnelles existantes (40 000 membres), du jamais vu tant au Québec et ailleurs en Amérique du Nord. En 1972, le Code des professions a remplacé le conseil original par un nouvel organisme portant le même nom et ayant essentiellement les mêmes objectifs, mais s'appuyant sur une loi plutôt que sur des lettres patentes.
Aujourd'hui, le conseil interprofessionnel compte 43 corporations et quelque
250 000 membres... qui n'ont pas nécessairement de liens entre eux, ce que déplore le juge Deschênes. Selon lui, un lien plus étroit entre les corporations aurait pour effet de mieux servir les membres en diminuant notamment le coût de certains services (comme l'imprimerie et les relations publiques), tout en protégeant mieux le public. Il souhaiterait également voir le Barreau du Québec et la Chambre des notaires s'intéresser et s'impliquer davantage au sein du conseil. Le juge y est d'ailleurs allé de quelques propositions afin de rendre le conseil interprofessionnel plus efficace: un journal pour les membres; un président à plein temps, adéquatement rémunéré; et une représentation juridique du Barreau du Québec au sein du conseil d'administration. Enfin, il aimerait également voir les membres du conseil rencontrer le Premier ministre à chaque année, comme le font actuellement le Conseil du patronat et les représentants des grandes centrales syndicales.
Rappelons que l'Association des diplômés en droit de l'Université de Montréal, présidée par Me Pierre Boyer, a pour objectif de maintenir un lien vivant et solide entre tous les diplômés de toutes les générations, non seulement entre eux, mais également avec la faculté de droit de l'Université de Montréal. Pour ce faire, l'Association tient trois événements annuellement: le Grand dîner d'automne, les Retrouvailles des jeunes diplômés et le Déjeuner du printemps.
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