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Les résultats d'un sondage à Québec

Les femmes et la pratique du droit

Nancy Grondin, avocate

En 1996-1997 le Comité des avocates dans la profession du Barreau de Québec faisait un sondage auprès des avocates de sa section visant à mieux cerner leur pratique. Cinq aspects particuliers ont été étudiés, soit: les difficultés rencontrées dans la pratique, le recrutement de la clientèle, l'aspect administratif du travail, la conciliation travail-famille et l'accès à la magistrature. Cinquante-quatre des avocates de la section ont répondu au sondage (5,1 %). Sans constituer une analyse scientifique rigoureuse, les résultats demeurent fort intéressants.

Ainsi, la grande majorité (63 % des répondantes) soulignent la difficulté d'obtenir un emploi après le stage. Même après avoir obtenu un emploi, 66 % d'entre elles estiment que les mandats les plus intéressants leur échappent souvent. Et 33 % pensent qu'il leur sera difficile de devenir associées.

Par ailleurs, le recrutement de la clientèle leur semble être un cauchemar, notamment pour celles oeuvrant dans les secteurs du droit des affaires, commercial, corporatif ou de la faillite. Plus de 40 % d'entre elles estiment ne posséder aucun réseau susceptible de leur permettre d'élargir leur bassin de clientèle.

Aussi, plusieurs d'entre elles ont tendance à sous-estimer le travail qu'elles font puisque 53 % affirment avoir de la difficulté à facturer toutes les heures réellement travaillées. Et même une fois le temps réel facturé, 42 % ne réussissent à se faire payer qu'après avoir diminué leur facture.

Travail-famille

La conciliation travail-famille demeure toujours extrêmement difficile pour les femmes. Ainsi, 44 % des répondantes ne bénéficient d'aucun programme de congé de maternité dans leur milieu de travail. Et même pour celles qui bénéficient d'un certain régime, les cabinets se montrent peu flexibles quant aux heures de présence et pour le travail à la maison. Quant aux avocates pratiquant seules, considérant qu'elles n'ont aucune possibilité de prendre des congés de maternité, 48 % d'entre elles se disent intéressées par la création d'un réseau d'entraide. On le serait à moins...

Par ailleurs, l'accès à la magistrature ne semble pas une grande préoccupation pour les répondantes puisque la majorité d'entre elles ignorent non seulement les critères de sélection mais également le processus de mise en candidature, tant à la Cour supérieure qu'à la Cour du Québec... ou même à un tribunal administratif.

Enfin, 13 % des avocates de la section de Québec qui ont répondu au sondage disent avoir été victimes, à un moment ou à un autre, de harcèlement.

Tout n'est pas réglé

Encore une fois, sans être scientifique, ce sondage démontre tout de même la discrimination dont les avocates sont parfois l'objet et laisse voir une certaine frustration. Tout n'est pas réglé. Jour après jour, des femmes compétentes consacrent une partie de leur énergie et de leur compétence à lutter contre des préjugés et des structures qui ne sont pas faites pour favoriser la réalisation de leurs aspirations légitimes, alors que cette énergie et cette compétence pourraient servir les intérêts d'un bureau et de la société en général.

Le rapport complet et détaillé de ce sondage peut être consulté à la bibliothèque du Barreau au cinquième étage du Palais de justice de Québec.

 

 
 

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