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Anca Olariu, avocate
Cher bâtonnier de Montréal,
J'ai eu l'opportunité de lire, avec stupéfaction, votre article paru dans le Journal du Barreau du 15 avril 1998 [volume 30, numéro 7, page 8] « Le Barreau peut se passer de vous », et je dois vous avouer que je suis consternée.
Je me permets de vous dire que, par vos affirmations, vous êtes détaché de la réalité objective et j'aimerais faire quelques commentaires sur vos opinions.
Premièrement, j'ai été surprise d'apprendre que les avocats ne veulent pas participer aux activités du Barreau de Montréal (on peut même inclure le Barreau du Québec).
Il est bien connu que les comités du Barreau - de Montréal et du Québec - sont organisés par des « amis » du Barreau et chaque fois qu'un avocat ou avocate (autre) offre ses services bénévoles au sein d'un comité, la réponse est d'attendre le décès ou la démission d'un des membres pour pouvoir postuler. Comment pouvez-vous venir aujourd'hui reprocher aux membres de ne pas participer aux activités du Barreau (ou des Barreaux), lorsque le Barreau refuse ouvertement leur participation?
La politique actuelle du Barreau n'est pas celle de collaborer avec ses membres mais au contraire de les discréditer et de les éloigner de ses activités.
D'ailleurs, vous reconnaissez vous-même que le seul rôle du Barreau (des barreaux) est la protection du public et que si des « idées préconçues », de nature à discréditer les avocats, circulent au sein du public, il est en partie le but et la politique du Barreau, qui s'empresse de publier tous les cas où un avocat est sanctionné par le Comité de discipline... mais jamais il ne publie un fait positif à l'égard d'un avocat.
Plus loin dans votre article, pour faire preuve de votre dévouement, vous donnez comme exemple la position que vous avez prise au nom des membres dans diverses occasions.
Il me semble que vous posez des actes qui mettent le Barreau en conflits d'intérêt encore plus flagrant avec ses membres en négociant en leur nom (avec ou sans mandat) considérant (...) que le seul but du Barreau (des barreaux) est la protection du public.
Comment le Barreau (très soucieux pour veiller à ce que ses membres ne soient pas en conflits d'intérêt) peut-il représenter le public contre les membres et les membres par rapport aux autres institutions ou dans d'autres situations? QUOT LICES IOVIS NOS LICET BOVIS!
Un troisième volet de votre article touche l'assemblée du 29 avril 1998 pour l'élection du vice-président.
Il me semble que c'est le moment de mettre fin à cette parodie et de mettre les points sur les « i ».
Celui ou celle qui pose sa candidature ne la pose pas pour rendre service à la communauté juridique, pour rendre service aux membres ou pour améliorer le sort des avocat(e)s, mais pour ses propres intérêts.
Depuis presque 10 ans de pratique j'ai eu l'occasion de constater que toutes les promesses se volatilisent immédiatement après l'élection (...).
Si le candidat (et je comprends ici la candidate) prend la position du Barreau de protéger le public, pourquoi a-t-il besoin des votes de confrères et de consoeurs contre qui il ou elle va protéger le public?
Plus logique serait d'aller chercher des votes auprès du public qui a été, est et sera protégé par le Barreau, implicitement, par le vice-président ou le bâtonnier.
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