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De la pluie, du vent, du froid, cétacé!

François Brodeur, avocat

On n'arrête pas la science. La génétique moderne vient ainsi de permettre un intéressant recoupement zoologique. Il semblerait que les « balènes » dont on parle dans l'est du Québec et les « balênes » qui hantent l'imaginaire montréalais soient en fait de la même espèce. Et, puisque la science est une chose beaucoup trop sérieuse pour être laissée entre les seules mains des scientifiques, une commission spéciale a été formée pour se pencher sur la question. Deux autobus chargés d'avocats, de conjoints d'iceux et de quelques enfants ont donc quitté La Malbaie et le congrès du Barreau pour Baie-Sainte-Catherine.

Tout ce beau monde s'est embarqué le temps d'une mémorable croisière, qui avec un imperméable sur un zodiak, qui sur le Cavalier Royal avec une barmaid. La pluie, le vent et le froid étaient également du voyage. La beauté de Charlevoix a toutefois quelque chose d'inaltérable et l'embouchure du Saguenay ressemblait un peu à l'idée que l'on se fait des côtes écossaises.

Dans les eaux du Saint-Laurent qui baignent Charlevoix, la forme des fonds marins, les éléments nutritifs charriés par le Saguenay et sans doute l'hospitalité locale se conjuguent afin de créer un immense terrain de pique-nique pour les grands cétacés. Des baleines1 de toutes tailles y viennent avec une seule idée en tête : se nourrir. Vingt heures par jour, les baleines à fanons plongent et remplissent leur gueule d'eau de mer dont elles filtrent ensuite le krill, sorte de minuscule crevette qui forme l'essentiel de son alimentation. Les quatre autres heures, elles dorment, utilisant alternativement l'une ou l'autre moitié de leur cerveau pour continuer à nager. Les épaulards, qui sont des baleines à dent, y viennent aussi mais pour croquer dans les baleines à fanons.

Arrivé sur place, le Cavalier Royal a réduit sa vitesse et tout le monde a retenu son souffle dans l'espoir qu'une baleine se décide à lâcher le sien. C'est en effet ainsi que l'on repère d'abord les grands mammifères. Et ça n'a pas tardé puisque plusieurs rorquals communs et petits rorquals ont émergé, parfois à moins de deux cents mètres du navire. Spectacle fascinant que celui de ces animaux immenses qui viennent prendre trois ou quatre bouffées d'air avant de retourner en profondeur.

Pendant ce temps, le zodiak filait encore plus près des animaux et il y a été possible d'en apercevoir la queue et la gueule.

De retour au quai, la commission spéciale a repris le chemin du Manoir Richelieu où elle entendait délibérer sur la phonétique réelle du mot baleine.

Aux dernières nouvelles, ses travaux achoppaient sur le choix de son président : Montréal ou Québec ?

Justine, Sophie et le grand rorqual

Les deux plus jolies participantes au congrès avaient cinq ans d'expérience. À elles deux. Elles y ont emmené Pierre, leur papa. Justine Morneau, 3 ans, et sa soeur Sophie, 2 ans, sont descendues dans un établissement hôtelier de Cap-à-l'Aigle. Vous ne devriez pas avoir de difficulté à trouver ; c'est là où il y a un gros chien qui répond au nom de Petrus. Elles aiment l'hôtel parce qu'elles peuvent aller à la piscine avec leur maman, manger des biscuits et des Rice Krispies.

Compromis orthographique qui permet d'éluder la question de l'accent.

 

 
 

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