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Six cents personnes fêtent les 100 ans de l'AJBM

La centenaire se porte bien...

François Brodeur, avocat

Quatre novembre 1898. Dans une salle de l'Université Laval de Montréal, Pierre Beullac a réuni dix de ses confrères pour fonder la toute première association de jeunes avocats en Amérique. Un siècle plus tard, jour pour jour, ils sont près de six cents à commémorer cet événement dans le hall d'honneur de l'Université de Montréal. Actuels et anciens membres de l'Association du jeune barreau de Montréal (AJBM), ils viennent se souvenir des heures passées à refaire le monde et la profession. Mais il y a aussi plus que cela, quelque chose comme l'envie de reconnaître la pierre que chacun a apportée à l'édifice commun et d'admirer le résultat d'ensemble.

Le comité en charge des fêtes du centenaire n'a pas ménagé ses efforts et a concocté une soirée chargée, clou des célébrations du centenaire. Le tout a débuté par un cocktail de bienvenue, le temps de permettre à chacun de se saluer. Et ils en avaient, des choses à se dire, les anciens de l'AJBM, à commencer par quelques-uns des ex-présidents présents : John N. Turner, Charles D. Gonthier, Claire Barette-Joncas, Alan B. Gold, Émile Colas, Réjeanne Laberge, Jérôme Choquette, et Philippe Casgrain. On avait même pensé à convier les descendants de Pierre Beullac.

On est ensuite passé dans l'auditorium adjacent pour entendre les allocutions. Marc Laurendeau, lui-même un ex-membre de l'AJBM, a d'abord exposé ce qu'il avait retenu de ces cent ans d'histoire officielle et officieuse. Or, qu'il s'agisse de demander le contingentement de la profession, de discuter de l'admission des femmes au Barreau ou d'organiser comme il se doit le prochain congrès, la petite et la grande histoire de l'AJBM regorgent d'anecdotes.

Plus sérieusement, Serge Ménard a profité de son allocution pour saluer quelques-unes des réalisations de l'AJBM. Il a notamment rappelé son rôle marquant dans la création de l'assistance judiciaire, l'ancêtre direct de notre programme d'Aide juridique. Pour présenter les vœux du gouvernement fédéral, Jean Chrétien a enregistré sur vidéo sa carte de souhait. Ottawa a également dépêché un représentant du Cabinet, Pierre Pettigrew. Tous deux ont particulièrement fait état de l'engagement communautaire de l'AJBM.

Une équipe de comédiens   a fait revivre le fondateur de l'AJBM, M<sup>e</sup> Pierre Beullac qui, cent ans plus   tôt, avait réuni dix de ses confrères pour former la toute   première association de jeunes avocats en Amérique
Une équipe de comédiens a fait revivre le fondateur de l'AJBM, Me Pierre Beullac qui, cent ans plus tôt, avait réuni dix de ses confrères pour former la toute première association de jeunes avocats en Amérique

Pendant tout ce temps, à l'arrière-scène, une équipe de comédiens triés sur le volet attendait que vienne le temps de monter sur les planches. Leur prestation s'inscrivait dans le moment fort de la soirée : un spectacle multimédia où Pierre Beullac lui-même présidait au procès de l'association qu'il avait fondée. L'enjeu du procès: déterminer si oui ou non les réalisations de l'AJBM l'ont rendu digne de demeurer dans le paysage. En preuve, les comédiens ont présenté des vidéos, ceux d'anciens présidents commentant leur passage à la tête de l'association. Est-il besoin de spécifier qu'ils ont convaincu le tribunal ?

Enfin, la présidente actuelle de l'AJBM a voulu remercier tous ceux qui ont mis l'épaule à la roue au fil des ans pour faire de l'Association ce qu'elle est devenue aujourd'hui. Cette source d'inspiration s'avère particulièrement précieuse avec la venue prochaine dans les rangs de tous les avocats montréalais de moins de dix ans de pratique. Ceux-ci, a signalé Me Ariane Charbonneau, ont à leur tour des dossiers et des valeurs à promouvoir, notamment la difficile conciliation entre la poursuite d'une carrière et le maintien d'une vie familiale.

M<sup>e</sup> Ariane Charbonneau
Me Ariane Charbonneau

Un second cocktail et un bal clôturaient les festivités. L'histoire ne dit pas ce que Beullac et ses confrères ont fait immédiatement après l'assemblée de fondation. Mais ça devait aussi ressembler à des réjouissances.

De la nécessité

Les membres de l'AJBM ont eu jusqu'ici en commun de vouloir changer ce qui devait l'être. Être jeune et raisonnable est d'ailleurs de mauvais augure, comme l'a jadis résumé à Philippe Casgrain un confrère plus expérimenté : « If your're not a radical when you're young, you will die a conservative ». Président en 1957, Me Casgrain tient en haute estime le travail actuel de l'AJBM, qu'il n'hésite pas à qualifier de plus sérieux que celui accompli à son époque. En cela, l'association a bien réagi aux changements qui ont marqué la société et la profession depuis trente ans, notamment la multiplication des avocats.

Le bâtonnier du Québec, Jacques Fournier, se dit également heureux de la voie empruntée depuis une quinzaine d'années par l'AJBM, celle d'un engagement social auprès de la population. Vice-président du Barreau du Québec, Me Denis Jacques compte beaucoup sur les jeunes barreaux pour informer les avocats seniors des préoccupations de la jeune génération. Et, ils le font bien, estime Me Jacques. Il donne en exemple les représentations faites quant au rôle potentiel des avocats devant la division des petites créances, dans l'hypothèse où la compétence de celle-ci engloberait sous peu les litiges de moins de dix mille dollar

 

 
 

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