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Cinquième congrès biennal Interaction 1998, sur le règlement des différends

La voie de la paix

Guylaine Boucher

Partout à travers le monde, depuis déjà quelques années, la médiation émerge de plus en plus comme une solution alternative intéressante en matière de résolution de conflits. Généralement moins lourds et moins coûteux que le règlement devant les tribunaux, les modes non judiciaires intéressent de plus en plus d'acteurs, non seulement du monde juridique, mais aussi de différentes sphères d'activités, dont le scolaire et les milieux gouvernementaux, pour ne nommer que ceux-là. Un vaste sujet auquel le congrès biennal du Réseau Interaction I'98, qui aura lieu du 26 au 30 mai prochain à Lennoxville, sous la présidence d'honneur de l'honorable Lawrence Poitras, s'attardera plus spécialement. Un colloque entièrement axé sur la résolution pacifique de conflits dans différents domaines de la société. Une première en sol québécois.

L'honorable Lawrence Poitras,   président d'honneur du congrès biennal
L'honorable Lawrence Poitras, président d'honneur du congrès biennal

Concrètement, le Réseau, instigateur de l'événement, est un organisme de bienfaisance voué à la promotion des méthodes concertées, multidisciplinaires et multiculturelles de règlement des conflits au Canada. D'envergure internationale, l'événement est organisé une fois à tous les deux ans.

Avec celui de mai prochain, l'organisme en sera à la cinquième édition de son congrès biennal sur la médiation. Présenté à chaque fois sous un angle renouvelé, l'édition 1998 du congrès du Réseau aura pour thème Le règlement des différends : la voie de la paix. Un thème qui, selon Me Michèle Pineau, présidente du comité organisateur, s'est imposé tout naturellement aux différents acteurs gravitant autour de l'événement. « Le Canada est reconnu à travers le monde comme étant un pays pacifiste et ayant contribué activement aux négociations sur la paix à l'échelle internationale. Puisque que le congrès se veut ouvert sur le monde, ça allait de soi de parler de paix. Nous avons voulu dire que ce qui se fait à petite échelle, tous les jours, peut aussi se faire à une plus grande échelle, pour le règlement de conflits de plus grande envergure. »

Des éléments distinctifs

Outre le fait d'être présenté pour la première fois au Québec, le congrès biennal propose également, selon Me Pineau, un certain nombre de nouveautés. « L'édition 1998 est différente à plusieurs points de vue. D'abord le contenu et les présentations seront pour la première fois entièrement bilingues. L'élément francophone est donc beaucoup plus important que d'habitude. De la même façon, contrairement aux éditions précédentes où une large place était laissée aux communautés religieuses, au communautaire et au milieu scolaire, le congrès de mai intègre davantage l'aspect civil et commercial des choses. Nous avons voulu ainsi donner le pouls le plus exact possible de l'utilisation de la médiation à l'heure actuelle », précise-t-elle.

Gouvernement et politiques publiques, international, Premières nations, civil et commercial, soins de santé, jeunesse et enseignement, formation professionnelle... Un bref coup d'œil aux thèmes abordés lors du colloque suffit effectivement pour constater le large spectre couvert par les différents ateliers et conférences qui y seront présentés. À travers des présentations magistrales, des ateliers interactifs, des jeux de rôles ou encore des présentations vidéo, plus d'une centaine de leaders en matière de modes non judiciaires de résolution de conflits partageront leurs connaissances avec les congressistes présents.

Une occasion unique, selon Me Pineau, pour les différents intervenants québécois intéressés par le sujet d'approfondir leur connaissance sur la question et de voir jusqu'où peut aller la médiation. « Les gens ne s'imaginent pas qu'il y a tant de sujets pouvant être abordés sous l'angle de la médiation et encore moins qu'il y a tant de façons de le faire, tant au niveau local, national qu'international. En ce sens, le colloque est une véritable ouverture sur le monde. »

Des interventions peu connues au Québec

Un constat d'autant plus vrai au Québec où, soutient Me Pineau, les modes non judiciaires de résolution de conflits sont à la fois moins bien connus et moins utilisés qu'ailleurs sur la planète, et que même ailleurs au Canada. « Aux États-Unis la médiation est utilisée depuis plusieurs années. Le Canada anglais a subi fortement l'influence américaine en la matière et connaît relativement bien les mécanismes de médiation. Au Québec, peut-être avons-nous une culture plus litigieuse qu'ailleurs au pays, mais la médiation reste surtout connue et utilisée en milieu familial. C'est pour cette raison qu'organiser la conférence ici, au Québec, était pour moi un véritable défi. Le défi de faire connaître cette richesse-là. »

Une motivation entièrement partagée par l'honorable Lawrence Poitras, pour qui l'intérêt à l'égard de la médiation est tel, qu'il aura suffi de peu à le convaincre d'accepter de parrainer l'événement à titre de président d'honneur. « Je crois fermement en la médiation, dit-il. Lorsque j'étais juge en chef de la Cour supérieure du Québec, j'ai d'ailleurs moi-même fondé le programme SoRRel, un programme de médiation et de résolution de conflits hors cour pour les causes de longue durée. Quatre-vingt-dix pour-cent des causes qui ont été soumises ont été réglées et j'en suis très fier. C'est clair que c'est la solution du présent et de l'avenir », affirme-t-il.

Les points saillants

Si la médiation semble avoir largement fait ses preu-ves en matière juridique en allégeant considérablement la structure comme les façons de faire, pour Me Pineau, il ne faut pas croire que les modes non judiciaires de résolution de conflits sont uniquement du ressort des avocats. Ainsi, selon elle, le congrès « n'est pas uniquement réservé aux avocats et intervenants du monde juridique. Il s'adresse bien sûr aux praticiens du milieu des modes non judiciaires, aux utilisateurs de ces modes, mais aussi à toutes personnes d'autres professions intéressées par la résolution hors cour de conflits : enseignants, employés de l'État, intervenants communautaires et bien d'autres. »

Médiation entre victimes et contrevenants, médiation en milieu universitaire, la responsabilité civile du médiateur, la médiation à l'échelle internationale... qu'elles soient d'ordre général ou orientées vers un sujet en particulier, les conférences marquantes de l'événement font d'ailleurs ressortir très clairement cette ouverture. C'est notamment le cas avec les ateliers et la table ronde du vendredi 29 mai abordant la médiation sous l'angle des Premières nations, et où les questions de partage du territoire - toujours d'actualité -, de pêche et des relations entre jeunes Québécois et Autochtones sont notamment abordées. Même chose du côté de l'industrie de la construction, autour de laquelle les spécialistes discuteront la façon dont le partenariat trouve maintenant son application dans plusieurs organisations, tant gouvernementales que privées.

Un contenu par ailleurs présenté sur le site Internet du Congrès (http:\www.resolution.ca), spécialement lancé pour faire la promotion de l'événement. Un véhicule d'information jamais utilisé auparavant et qui, aux dires de Me Pineau, « est une excellente façon d'avoir un accès international et de faire connaître le contenu du programme partout dans le monde ». Entre 600 et 700 participants sont attendus dans le cadre du congrès. « Des participants, précise la présidente de l'événement, qui viennent de partout dans le monde : de la France, des États-Unis, de la Belgique et de l'Allemagne. »

 

 
 

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