ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.
Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca
Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.
Lise I. Beaudoin, avocate
C'est en septembre 1969 que paraissait pour la première fois le Journal du Barreau, sous Barreau '69 et avec un logo résolument psychédélique, reflétant bien son époque. Et en furetant dans les livraisons des trente dernières années, on se rend compte aisément qu'il a connu au fil des ans des transformations appréciables de fond et de forme, faisant de lui un bimensuel riche en contenu et facile de consultation pour les juristes praticiens et universitaires, les magistrats, les étudiants en droit et plusieurs barreaux d'autres pays francophones qui le reçoivent.
En 1999, sous la gouverne de M. Léon Bédard, le directeur du Service des communications du Barreau, et de M. Marius Marin, son rédacteur en chef, le Journal du Barreau demeure le seul organe officiel de diffusion de l'information et de l'actualité juridique aux avocats. C'est, de dire M. Bédard, « le principal phare du Barreau, et il offre 30 ans plus tard un contenu grandement enrichi et diversifié », qui a pour principes de faire connaître les politiques et objectifs de la Corporation et de favoriser la circulation de l'information entre le Barreau et ses membres et vice-versa.
Il a aussi pour mandat, de dire M. Marin, « de permettre aux avocats de mettre à jour leurs connaissances avec des comptes-rendus d'activités de formation du Service de la formation permanente du Barreau mais aussi d'autres organisations. » En fait, le journal veut encourager les membres à approfondir leurs connaissances. « Il n'a pas la prétention, par les comptes-rendus qu'il fait paraître, de remplacer les sessions de formation offertes mais simplement de rapporter les grandes lignes d'un cours de façon à inciter les gens à aller plus loin. Cela dit, je ne doute pas que le contenu juridique des articles puisse être pertinent et apprécié. »
Avant septembre 1969, en fait depuis 1941 à la suite de la disparition de la Revue de droit1, c'est la Revue du Barreau qui, en plus d'offrir des articles de doctrine juridique, servait de véhicule d'information aux membres du Barreau. Elle publiait les procès-verbaux des assemblées du Conseil général et d'autres informations touchant la marche des affaires judiciaires. De temps à autre, y paraissaient des chroniques d'intérêt général se rapportant au milieu juridique.
Il y a bien eu le Bulletin du Barreau2 de 1964 à 1968 mais, en plus d'avoir eu la vie courte, son contenu se limitait à quelques informations sur la Corporation et la Loi et les règlements du Barreau. Avant l'arrivée du journal, les avis importants destinés aux membres du Barreau étaient acheminés par la poste, de rappeler M. Bédard.
La venue en 1969 d'un organe d'information officiel du Barreau à ses membres s'avérait donc un outil indispensable apte à combler une carence évidente pour une corporation professionnelle de l'ampleur de celle du Barreau qui commençait à occuper une place de plus en plus visible et active au sein de la société québécoise. L'on n'a qu'à se rappeler certaines prises de bec ou prises de positions publiques mettant en cause des membres du Barreau lors des événements d'octobre 1970. À ce sujet, on peut lire dans le numéro d'octobre de Barreau '70 l'éditorial du bâtonnier Marcel Cinq-Mars se portant à la défense « des droits de l'homme et des libertés fondamentales ». Pour une des rares fois de son histoire (jusque là en tout cas), le Barreau descendait sur la place publique et s'opposait farouchement « à toutes mesures administratives ou autres qui seraient de nature à empêcher les personnes détenues [aux termes de la Loi sur les mesures de guerre] de retenir les services d'un avocat. » Le bâtonnier Cinq-Mars s'adressait aussi directement aux citoyens en invitant les parents et amis des détenus à communiquer avec le Barreau afin qu'il puisse fournir des procureurs aux détenus.
De 1969 à 1986, le Journal du Barreau portait le nom de Barreau suivi des deux derniers chiffres de l'année de publication : par exemple, Barreau '70, Barreau '83. En 1986, il devenait le Journal Barreau et conserva ce nom jusqu'à 1991, pour devenir ce qu'il est aujourd'hui, Le Journal du Barreau.
Sensé être mensuel dès ses débuts, le journal était publié plutôt sporadiquement, sept à huit fois par an, selon les besoins, jusqu'à l'arrivée de Léon Bédard en 1973. À partir de ce moment, son tirage (mensuel) devint plus systématique. Il est devenu bimensuel en octobre 1986, sous le bâtonnat de Me Serge Ménard. Et on peut lire dans ce numéro de 1986 que son tirage était alors de 16 000 exemplaires3. Il est aujourd'hui de 25 000 exemplaires, ce qui dépasse largement la stricte diffusion aux quelque 18 000 membres du Barreau.
Un index du contenu du journal existe sur banque de données depuis 1969. Depuis 1986, un index annuel du journal est publié et acheminé gratuitement à quiconque en fait la demande.
Léon Bédard est arrivé au Barreau en 1973 pour y occuper le poste de directeur de l'information. Son attribution principale était d'assurer la rédaction du journal et d'en faire une publication davantage ouverte sur la société québécoise, tout en conservant son caractère juridique. Détenteur d'une maîtrise en littérature, il revenait à l'époque du Bureau international du travail à Genève. Tout juste avant, il a été journaliste au quotidien Le Droit. Aujourd'hui, à titre de directeur du Service des communications, c'est encore à lui qu'incombe la publication du journal. Toutefois, depuis 1978, la rédaction du journal occupe à elle seule une autre personne à temps complet. Et depuis juillet 1996, c'est Marius Marin qui s'en charge. Bachelier en communications de l'Université d'Ottawa, il a dirigé diverses publications avant son arrivée au Barreau. Et, of course, le tout ne serait pas ce qu'il est sans le concours indéfectible des savants et dévoués collaborateurs et collaboratrices du journal!!!
Depuis quelques années, le Journal du Barreau est aussi offert en version électronique sur le site Web du Barreau. Et selon le webmestre Stéphane Volet, quelque 2 750 demandes d'accès au journal ont été enregistrées au cours du mois d'avril 1999.
Le Journal du Barreau est publié par une société à but non lucratif, Les Éditions du Barreau inc., dont les administrateurs sont les membres votant du Comité administratif du Barreau sous la présidence du bâtonnier ou de la bâtonnière, lesquels élisent trois dirigeants (dont le bâtonnier ou la bâtonnière). Ils forment entre eux un Comité éditorial de cinq membres, dont deux journalistes, nommés pour un mandat de deux ans renouvelable.
Le budget annuel du journal est de 420 000 $ et la publicité génère environ 350 000 $ par an. Une ponction de 15 $ par avocat est prise du budget général.
En fouillant dans les anciens numéros du journal, on y découvre que certains sujets se retrouvent périodiquement au cœur des préoccupations des avocats, notamment la gestion des cabinets d'avocats, la réforme des tribunaux administratifs, l'informatique, la simplification de la procédure, le contingentement de la profession et l'assurance frais juridiques.
Enfin, les modes d'expression et de pensée ont évolué (ou plutôt dramatiquement changé) depuis 1969, pour se conformer à une certaine rectitude politique ambiante et au principe de l'égalité des sexes. Il serait par exemple inconcevable aujourd'hui de lire sous la photo d'une avocate d'un contentieux d'entreprise la mention suivante : « Le contentieux dont nous parle l'auteur ne manque sûrement pas de charme... », comme ce fut effectivement le cas dans le numéro d'octobre de Barreau '69... Autres temps, autres mœurs !
1 Revue publiée de 1922 à 1937 par la Librairie Garneau de Québec.
2 En format 8,5" x 11", de 6 à 10 pages.
3 Il y avait alors 11 000 membres au Barreau.
© Barreau du Québec 1996-2012