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Lors de la dernière année, l'adhésion universelle de tous les avocats de dix ans et moins de pratique à l'Association du Jeune Barreau de Montréal (AJBM) a fait grimper le nombre de façon vertigineuse. L'Association est passée d'un peu plus de 1000 à quelque 5000 membres d'un seul coup. Conscient que cette arrivée massive de nouveaux membres allait constituer un défi important, le conseil d'administration de l'AJBM a décidé de se doter d'un plan de communication solide afin de mieux connaître le profil des nouveaux membres et de répondre le plus efficacement possible à leurs besoins. C'est dans cette optique qu'en avril dernier, l'AJBM mandatait la firme Baromètre pour la tenue d'une enquête auprès des avocats de dix ans et moins de pratique de la région de Montréal. Trois cent jeunes avocats ont été interrogés et ont répondu à des questions touchant notamment leurs conditions d'emploi, leurs attentes face à l'AJBM ainsi que leurs évaluations des programmes et activités de l'Association.
Me Philippe J. Laurin, président de l'AJB |
Il a donc été possible de tracer le profil des avocats de dix ans et moins de pratique de la région de Montréal. Ce groupe est constitué en parts égales d'hommes et de femmes, l'âge moyen est de 32 ans et plus des deux tiers n'ont pas d'enfant. D'autre part, le français est la langue maternelle de 84 % d'entre eux contre 8 % pour l'anglais.
Pour ce qui est des conditions de travail et du type de pratique exercé par les jeunes avocats, mentionnons d'abord que, si on exclut les avocats des grands cabinets, près de la moitié œuvrent en pratique privée alors qu'une personne sur cinq travaille en entreprise et que 10 % se retrouvent dans le secteur public et parapublic.
Le droit mène à tout, dit-on, et c'est en effet ce qui s'est produit pour 20 % des répondants qui indiquent ne pas occuper d'emploi à titre d'avocat ou poser d'actes exclusifs à la profession d'avocat. Dans cette tranche de 20 % de répondants n'occupant pas un poste d'avocat, seulement 14 % se disent en recherche d'emploi pour un poste d'avocat, ce qui correspond à moins de 3 % des répondants. Les données du sondage ne permettent cependant pas d'expliquer l'important taux de « décrochage » de la profession ni le faible taux de chômage des jeunes avocats montréalais.
D'autre part, les jeunes avocats ont également été sondés sur le nombre d'heures facturables réalisées ou exigées par leur cabinet. L'enquête a révélé que près de la moitié des avocats en pratique privée se voient imposer un minimum d'heures facturables à réaliser. Cette pratique semble moins répandue parmi les petits cabinets de dix avocats et moins et beaucoup plus parmi les cabinets de taille moyenne (11 à 50 avocats). Seulement 55 % des jeunes avocats œuvrant dans les grands cabinets (plus de 50 avocats) ont un nombre minimum d'heures facturables à réaliser. Par ailleurs, bien que la moyenne d'heures facturables à effectuer par année soit de l'ordre de 1 500 heures chez les jeunes avocats, les cabinets qui comptent plus de 50 avocats semblent plus exigeants et haussent ce nombre à 1 632 heures en moyenne. Notons que les avocats des petits cabinets sont ceux qui effectuent le plus d'heures non facturables. Finalement, un peu plus de la moitié des avocats en pratique privée effectuent du travail pro bono et ils y consacrent en moyenne un peu moins de 100 heures par année.
Quant au salaire des jeunes avocats, il est directement influencé par le nombre d'heures travaillées. En effet, les moyennes de la rémunération des jeunes avocats passent successivement de 28 600 $, à 42 400 $, à 51 500 $ et à 64 800 $, pour les avocats qui travaillent respectivement moins de 40 heures, entre 40 et 50 heures, entre 50 et 60 heures et plus de 60 heures par semaine. Notons que les avocats œuvrant en pratique privée sont ceux qui travaillent le plus, avec une moyenne de 51 heures/semaine, alors que ceux du secteur public et parapublic sont ceux qui effectuent le moins d'heures par semaine, avec une moyenne de 41 heures. Les jeunes avocats sont néanmoins satisfaits du nombre d'heures travaillées puisque pour la grande majorité, leur situation correspond à leurs attentes.
Par ailleurs, bien que les données du sondage n'indiquent pas d'écart salarial entre les hommes et les femmes, ces dernières ne sont pas à l'abri d'autres types de discrimination puisque 20 % d'entre elles indiquent en avoir déjà été victimes dans le cadre de leur travail. Fait intéressant à noter, cette proportion atteint les 25 % lorsqu'on demande aux jeunes avocates si elles ont déjà été témoins de discrimination à l'endroit de collègues de travail. L'AJBM considère que ces résultats inquiétants puisqu'ils témoignent du fait que la discrimination basée sur le sexe (13 %), sur la situation familiale (4 %) ou l'âge (3 %) est réellement présente en milieu de travail et fait partie du quotidien de plusieurs jeunes avocates.
Mises à part les données relatives aux conditions de travail, le sondage a permis de constater quelle était la perception des jeunes avocats face à leur Association. Les jeunes avocats ont ainsi manifesté de façon claire leur soutien à une présence plus forte de l'AJBM sur la place publique, par des prises de position fermes sur des questions et des dossiers touchant les jeunes avocats. Dans cette optique, l'AJBM aura l'occasion d'exprimer son point de vue sur les dossiers importants et de défendre les intérêts des jeunes avocats lors de la rencontre annuelle prévue entre les représentants de l'AJBM et la ministre de la Justice, Linda Goupil, à l'automne. L'un des sujets à l'ordre du jour sera la question des stages non rémunérés puisque le sondage a révélé que 92 % des jeunes avocats s'opposaient à ce type de stage pour les finissants de l'École du Barreau. Il s'agit donc d'un dossier que l'AJBM suivra de près, en collaboration avec des représentants étudiants de l'École du Barreau.
D'autre part, une proportion toute aussi forte des jeunes avocats considèrent qu'il est très ou assez important qu'un organisme comme l'AJBM organise des activités de formation, s'engage au plan communautaire et offre des programmes d'aide à l'emploi. Cependant, l'enquête a révélé que les programmes et activités mis de l'avant par l'AJBM dans ces domaines sont peu connus. C'est donc au cours de la deuxième phase de son plan de communication que l'AJBM se dotera de moyens pour mieux faire connaître à ses membres les programmes d'aide à l'emploi dont celui de mentorat (en collaboration avec le Barreau de Montréal), le programme d'avocats-conseils, le programme de juri-conseil aux entreprises, la distribution gratuite de livres usagés ou encore, le nouveau programme d'alternance étude-travail en secrétariat juridique qui permet aux jeunes avocats d'obtenir gratuitement les services d'un étudiant en secrétariat juridique.
De plus, puisque pour 90 % des jeunes avocats, l'engagement bénévole de l'AJBM dans la communauté est très ou assez important, l'AJBM s'est donné comme priorité de faire connaître les activités de bienfaisance déjà existantes, tels le souper à la Maison du père pour itinérants, la collecte de vêtements usagés, la ligne du Père Noël en fête, et de mettre sur pied d'autres activités de bienfaisance au cours de la prochaine année.
L'AJBM entend également, au cours du mandat 1999-2000, s'engager activement au sein de la population en offrant des services juridiques gratuits. En effet, en plus du service de consultations gratuites à la Cour des petites créances, déjà existant, le Comité des services à la population entend faire connaître et relancer deux programmes qui ont fait la fierté de l'AJBM par le passé, dont le programme Mercredi j'en parle à mon avocat qui permettra aux jeunes de moins de 20 ans de consulter gratuitement un avocat tous les mercredis entre 16 h et 20 h. De plus, la clinique juridique gratuite sera remise sur pied et offrira durant une fin de semaine complète des services juridiques gratuits à la population à la grandeur du Québec. Il est donc de l'intention du conseil d'administration de l'AJBM de faire connaître ses activités auprès des nouveaux membres afin de corriger notamment la perception de plus de 26 % d'entre eux qui associent d'abord et avant tout l'AJBM aux activités sociales, qui sont par ailleurs fort appréciées de l'ensemble des membres selon les données du sondage.
De gauche à droite, debout : Me Lukasz Granosik, Me Thomas W. Copeland, Me Sandrine Dumont, Me Marc Cigana, Me Danielle Ferron, Me Steven G. Slimovitch, Me Michèle Moreau (secrétaire générale) et Me Karl Tabbakh; assis : Me Caroline Ferland (secrétaire), Me Pierre Arcand (trésorier), Me Ariane Charbonneau (présidente sortante), Me Philippe J. Laurin (président), Me Chantal Chatelain (vice-présidente) et Me Denis Privé. Était absente : Me Nathalie Babin |
L'AJBM est à la recherche de chanteurs, musiciens, acteurs, contorsionnistes... pour animer la soirée bénéfice du 5 octobre prochain à la Maison du Père (maison pour itinérants située au 550, boulevard René-Lévesque Est). Un souper sera alors servi, vers 19 h, par les membres du conseil d'administration de l'AJBM et par des juges du district de Montréal. Ce souper, qui en est à sa sixième édition, sera suivi d'une soirée animée. Les personnes désirant offrir bénévolement leur talent aux pensionnaires de la Maison du Père sont invitées à communiquer avec Sandrine Dumont au (514) 871-3838.
* Philippe J. Laurin est président de l'AJBM pour 1999-2000.
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