ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.

Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca

Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.

 

Me Gabriel Lapointe s'éteint à l'âge de 70 ans

Lise I. Beaudoin, avocate

Le décès du confrère Gabriel Lapointe le dimanche 5 septembre dernier des suites d'un cancer en attriste plus d'un, juristes et non juristes. Il est décédé paisiblement entouré des membres de sa famille dans une résidence pour personnes âgées des Petites soeurs des pauvres à Montréal. Fils d'un député libéral (1935-1945), le Major Arthur J. Lapointe, et de madame Anna-Marie Ducharme, Me Lapointe laisse dans le deuil son épouse Jacqueline Gilbert et deux enfants, Louise et Pierre.

p.1b

Les médias ont élogieusement salué son cheminement de carrière et son talent exceptionnel de plaideur, en particulier pour les causes difficiles et délicates. Le bâtonnier du Québec, Me Denis Jacques, qui s'est dit très peiné par le décès de Gabriel Lapointe, a également tenu à saluer le départ d'un plaideur redoutable.

« C'était un avocat très respecté par ses confrères et consœurs, un plaideur éminent et écouté par les tribunaux; il était généreux de son temps, à preuve il fut bâtonnier du Barreau de Montréal, démontrant par là un souci véritable pour son ordre professionnel et ses pairs. »

Un plaideur recherché

Diplômé en droit de l'Université Laval, Me Lapointe a entrepris sa carrière en 1952 et il a occupé successivement, jusqu'à 1958, les fonctions de lieutenant d'artillerie au First Light Battery, Royal Canadian Artillery et de capitaine au bureau du juge-avocat-général de l'Armée canadienne. Il a décroché par la suite une maîtrise en administration des affaires à Harvard, mais s'est dirigé rapidement vers le droit criminel, qui comblait mieux ses aspirations que le droit corporatif.

Un des premiers avocats de la Couronne à temps complet à Montréal, en 1961, il n'a pas tardé à se faire remarquer devenant procureur en chef en 1965. On se souviendra notamment de l'affaire du vol du camion postal alors qu'affrontant seul les sept avocats des sept accusés, Me Lapointe a réussi à faire condamner les voleurs à des peines variant entre 25 et 35 ans.

En 1966, il a traversé la clôture et est devenu avocat de la défense. Là aussi, il n'a pas tardé à se distinguer et à s'attirer le respect de ses collègues criminalistes. Il a été impliqué dans des causes notoires, difficiles (Claire Lortie, Henri Marchessault) et délicates (impliquant des membres de la magistrature, les juges Dionne, Verreault, Léveillé, Bienvenue et des politiciens).

Engagement professionnel et politique

Nommé conseiller de la Reine en 1969, Me Lapointe a également été nommé Fellow de l'American College of Trial Lawyers. Au fil des ans, on a réclamé sa présence au sein de plusieurs comités. C'est ainsi qu'il a siégé comme membre du Comité spécial d'enquête sur la conduite des avocats mentionnés au rapport de la Commission d'enquête sur le crime organisé, la CECO, membre du Conseil général et du Comité administratif du Barreau du Québec en 1985, membre du Comité de présélection pour le poste de directeur général du Barreau du Québec en 1986 et membre du Comité des finances du Barreau du Québec en 1986. Il était aussi membre de l'Association du Barreau canadien et de l'Association des avocats de la défense.

En marge de sa carrière professionnelle, Gabriel Lapointe s'est intéressé à la politique, militant au sein du Parti libéral. Il a été coprésident de la commission politique de la Fédération libérale du Canada, vice-président de l'Association libérale de Westmount et président du Comité des finances du Parti libéral du Canada (section Québec). Il a agi comme organisateur en chef de Claude Wagner, candidat au leadership du Parti libéral du Québec en 1969-1970.

Actif jusqu'au bout

Même après avoir appris de ses médecins, à l'automne 1998, le pronostic irrémédiable qui le guettait de près, Gabriel Lapointe a tenu à mener à terme son projet de spectacle à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts pour célébrer le 150e anniversaire du Barreau de Montréal. Il y avait consacré énormément de temps en présidant les auditions et les répétitions, qui se sont étalées sur deux ans.

Le bâtonnier Denis Jacques se souvient avoir déjeuné avec Me Lapointe, un mois avant le spectacle et, a-t-il dit, « il dégageait une énergie incroyable pour mettre sur pied ce spectacle, ses yeux en pétillaient. Se sachant déjà condamné à mourir dans un avenir rapproché, c'était comme s'il allait puiser bien loin en lui l'énergie nécessaire. Qui sait, cette ténacité l'aura peut-être tenu en vie un peu plus longtemps... »

Le Mérite du Barreau de Montréal

Me Lapointe a joué un rôle actif au sein du Barreau de Montréal, où il a été conseiller de mai 1980 à avril 1982 et premier conseiller en 1985-1986. Il y a ensuite occupé le poste de bâtonnier pour l'exercice 1986-1987. Et pour souligner sa contribution exceptionnelle, le Barreau de Montréal avait décidé cette année de remettre son Mérite à Me Lapointe lors de la cérémonie de la rentrée des tribunaux du jeudi 9 septembre 1999.

Au moment de mettre sous presse, on apprenait que la cérémonie de remise du Mérite du Barreau de Montréal aurait lieu malgré le décès du récipiendaire quelques jours auparavant. Et on se proposait de lui décerner une baguette de chef d'orchestre au lieu de la décoration traditionnelle...

 

 
 

Retour au haut de la page

© Barreau du Québec 1996-2012