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Enquête économique auprès des cabinets d'avocats du Québec en 1999

Affiliations et chiffre d'affaires...

Lise I. Beaudoin, avocate


Le Barreau recevait récemment les résultats de l'enquête effectuée par la firme conseil Marcon sur la situation économique des cabinets d'avocats du Québec pendant l'année 1999. Elle constitue le volet complémentaire de l'enquête économique menée auprès des membres, dont les résultats furent publiés plus tôt cette année dans le Journal du Barreau1, et a pour objectif principal d'établir un portrait économique des activités des cabinets d'avocats au Québec.

Tout comme l'enquête auprès des membres, l'enquête auprès des cabinets veut établir un lien entre le marché actuel des services juridiques au Québec et le scénario Singapour adopté en 1995 par le Barreau. Et à cet égard, elle établit inter alia le portrait du cabinet type au Québec et traite de l'évolution récente des secteurs de pratique et leurs perspectives de développement, des principales clientèles des cabinets, de la pénétration des nouvelles technologies de l'information (NTI) dans les cabinets, de la place occupée par la fonction de marketing ainsi que de l'aspect de la multidisciplinarité dans la pratique des cabinets.

Le questionnaire utilisé pour cette enquête a été envoyé à tous les cabinets de deux avocats ou plus au Québec, soit à 583 cabinets; 95 cabinets l'ont complété, ce qui représente un taux de réponse de 16,3 %. Au plan statistique, un tel échantillon est précis à plus ou moins 7,4 %, 19 fois sur 20.

Le cabinet type

Six paramètres ont servi à établir le cabinet d'avocats type, soit l'année de formation, le nombre de personnes qui y travaillent, les politiques internes, l'environnement de travail (l'usage des NTI), le chiffre d'affaires et les associations et affiliations. Bien entendu, le portrait du cabinet type établit dans le rapport Marcon correspond à la moyenne de l'ensemble des cabinets. Il s'agit donc d'un portrait très général, et plusieurs avocats pourront trouver que le cabinet dans lequel ils pratiquent est plutôt éloigné de cette moyenne. L'écart peut s'expliquer par la grande diversité dans la taille des cabinets, soit un très grand nombre de très petits cabinets et quelques très grands cabinets.

Schématiquement, on peut dire que le cabinet type a près de 25 ans d'existence; un peu plus de 20 personnes y travaillent à temps plein, le ratio avocat/employé se situant à 1,05; le taux de pénétration des NTI est élevé, notamment pour ce qui concerne le courrier électronique, l'Internet et la recherche informatisée; le chiffre d'affaires moyen est environ 3M $ et peu de cabinets possèdent des affiliations avec d'autres cabinets d'avocats ou d'autres professionnels.

C'est à partir des années 1970 que la majorité des cabinets se sont formés, en fait, 72 % d'entre eux (24 % dans les années 1970, 28 % dans les années 1980 et 20 % de 1990 à 1998). Et au 31 décembre 1998, près de 70 % des cabinets sont des sociétés en nom collectif, alors que 29 % sont en convention de partage de dépenses2.

Politiques et assurances

Les sondeurs ont cherché à établir si les cabinets possèdent certaines politiques internes, telles que conciliation famille/travail, contre la discrimination, et concernant les relations avec les professionnels du cabinet, avec la clientèle et avec les employés du cabinet. Ils ont découvert que les politiques concernant les relations avec la clientèle et les relations avec les employés sont les plus répandues, comptant respectivement pour 72 % et 59 % de réponses positives. Les trois autres types de politiques représentent entre 40 et 46 % des cas.

Par ailleurs, plusieurs cabinets sont disposés à payer pour différentes primes d'assurances. Ainsi, 31 % sont prêts à payer une prime pour garantir le remboursement des frais de défense en matière pénale et disciplinaire; 49 % sont disposés à payer une prime pour augmenter la garantie de l'assurance responsabilité obligatoire du Barreau et enfin 21 % maintiennent cette assurance3.

Usage des NTI

Le rapport Marcon révèle que les avocats associés et salariés, et non pas les techniciens ou secrétaires, sont les plus grands utilisateurs du courrier électronique (68 % les associés, 51 % les salariés) et de l'Internet (72 % et 63 %) et qu'un fort pourcentage d'entre eux font de la recherche informatisée (71 % et 67 %). Près de 45 % des associés utilisent des outils de gestion électronique. Très peu de cabinets (15 %) ne sont pas équipés pour faire de la recherche informatisée, utiliser un cédérom, l'Internet ou le courriel. Ces outils seraient donc devenus des standards minimaux. Enfin, seulement un tiers des cabinets n'ont pas d'outils de gestion électronique ou de connectivité avec REBJ ou SOQUIJ.

Chiffre d'affaires et affiliations

En 1998, le chiffre d'affaires moyen des cabinets d'avocats québécois oscille autour de 3M $. Près des trois quart des ces revenus proviennent d'honoraires professionnels et un peu moins de 25 % des déboursés.

À la fin de 1998, 12 % des cabinets possèdent plus d'un bureau, 17 % une affiliation avec d'autres cabinets d'avocats et 12 % avec d'autres professionnels. Parmi les cabinets d'avocats opérant dans plus d'un bureau, près de 90 % en ont un seul autre, 6 % en ont deux autres et 4 % possèdent entre trois et cinq autres bureaux.

Les cabinets affiliés à des cabinets d'avocats du Québec sont principalement situés au Québec (95 %) et au Canada (3 %). Ces affiliations sont à 35,5 % des ententes de réciprocité, 35,5 % des ententes stratégiques et 29 % d'autres types d'ententes.

En ce qui concerne les affiliations avec d'autres professionnels, ce sont les comptables et les notaires qui sont le plus souvent cités par les répondants (voir le tableau ci-dessus).

Voir le Journal du Barreau des 15 mai, 1er juin, 15 juin et 1er juillet 1999, soit les nos 9 à 12, du vol. 31. Le Journal du Barreau poursuivra dans les prochains numéros son compte rendu des résultats du présent sondage.

1 % des cabinets ont déclaré un statut « autre ».

Le rapport indique également que 15 % des cabinets ont une « assurance malhonnêteté » auprès d'assureurs privés et dont le montant moyen s'élève à 446 000 $.

 

 
 

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