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La deuxième partie du rapport Marcon fournit un portrait plus détaillé des cabinets d'avocats en s'attardant notamment à la taille des cabinets par rapport au chiffre d'affaires. On l'aura remarqué dans l'article précédent (édition du 1er octobre, page 3), le portrait du cabinet type dont fait état le Rapport Marcon est très général et, de ce fait, peut comporter des divergences importantes avec la réalité vécue par les avocats en raison de la grande diversité dans la taille des cabinets : soit un très grand nombre de très petits cabinets1 et quelques très grands cabinets2. Trois principaux sous-ensembles ont été examinés, les cabinets de deux à trois avocats, de quatre à six avocats et de sept avocats et plus, ce dernier sous-ensemble étant parfois scindé en deux avec des cabinets de sept à 19 avocats et ceux de 20 avocats et plus.
Les résultats du sondage auprès des cabinets démontrent que le droit criminel et le droit de la famille sont relativement moins présents dans les grands cabinets, et ce sont les cabinets dont la clientèle est majoritairement composée d'individus qui pratiquent le droit criminel. Aussi, les très petits cabinets se consacrent relativement moins au droit du travail alors que le droit fiscal et le domaine des fusions et acquisitions sont relativement plus pratiqués par les grands cabinets. Il en est de même pour le droit immobilier, mais de façon moins marquée.
Au plan statistique, la taille des cabinets n'a pas d'influence sur les quatre premières politiques internes examinées précédemment, à savoir les politiques de conciliation famille/travail, contre la discrimination, et concernant les relations avec les professionnels du cabinet et avec la clientèle. Quant à la politique concernant les relations professionnelles avec les employés du cabinet, les résultats de l'enquête indiquent que, plus la taille du cabinet augmente, plus on observe la présence d'une telle politique. Et de façon relative, ce sont les plus grands cabinets qui sont le plus disposés à payer une prime pour élargir la garantie de l'assurance responsabilité obligatoire du Barreau.
Quant à l'usage des nouvelles technologies de l'information (les NTI), il ressort de l'enquête que les paralégaux et les techniciens occupent un rôle prépondérant à ce chapitre dans les cabinets de sept avocats et plus.
Le chiffre d'affaires total moyen croît avec l'augmentation de la taille du cabinet... ce que démontre le tableau intitulé Chiffre d'affaires moyen selon la taille des cabinets.
Par ailleurs, les consultants de Marcon ont voulu déterminer l'influence de la taille du cabinet sur le chiffre d'affaires moyen par avocat. L'objectif étant ici de voir quels sont les effets directs d'augmenter les effectifs, en termes d'avocats, sur le chiffre d'affaires moyen par avocat et, indirectement, la croissance relative du chiffre d'affaires en fonction de la taille du cabinet.
Une simulation effectuée par Marcon indique qu'une hausse de la taille du cabinet permet d'augmenter le chiffre d'affaires moyen par avocat mais de façon décroissante, c'est-à-dire que, pour chaque avocat supplémentaire dans le cabinet, le chiffre d'affaires moyen par avocat croît, mais de moins en moins. Et en mesurant l'augmentation du chiffre d'affaires par avocat en fonction de différentes tailles de cabinet, les résultats de cette simulation sont confirmés et l'on obtient les statistiques indiquées au tableau intitulé Augmentation du chiffre d'affaires moyen par avocat supplémentaire en fonction de la taille du cabinet.
Ainsi, par exemple, suivant ce dernier tableau, si un cabinet de deux avocats a un chiffre d'affaires de 250 K $, soit un chiffre d'affaires moyen de 125 K $ par avocat, l'embauche d'un troisième avocat devrait faire augmenter le chiffre d'affaires moyen à 128 267 $ (125 000 $ + 3 267 $). Le chiffre d'affaires total du cabinet avec trois avocats serait alors de 384 801 $ (3 x 128 267 $), soit une augmentation de 134 801 $ (384 801 $ moins 250 000 $) ou encore de 53 %.
La simulation menée par Marcon indique que les rendements sont meilleurs dans les premiers stades de développement d'un cabinet, jusqu'à une taille de 20 ou 50 avocats. À partir d'une taille de plus de 120 avocats, la contribution supplémentaire d'un avocat est inférieure à la moyenne et en conséquence le chiffre d'affaires moyen par avocat commence à diminuer, même si le chiffre d'affaires total continue à augmenter. En fait, l'accroissement du chiffre d'affaires moyen par avocat atteint un sommet à environ 100 avocats.
Il faut noter que ces résultats ne renseignent en rien sur la profitabilité des cabinets en fonction de leur taille parce que le questionnaire ne portait que sur les revenus des cabinets et non sur leur structure de frais.
Pour l'ensemble des cabinets du Québec, la clientèle « individu » représente 42,9 % de l'ensemble de leur clientèle. Or, pour les cabinets de deux ou trois avocats, cette proportion est beaucoup accentuée (58,7 %). À l'opposé, cette clientèle est moins importante pour les cabinets de grande taille (25 %).
La clientèle « compagnie » est relativement plus présente dans les cabinets de sept avocats et plus et celle des « associations » dans les cabinets de quatre à six avocats. Le gouvernement provincial, pour sa part, est un client quasiment absent des petits cabinets mais occupe une place plus importante dans les grands cabinets par rapport à l'ensemble des cabinets.
Si l'on considère l'origine économique des clients, le secteur des transports et le commerce de gros et de détail occupent une place relativement faible dans les grands cabinets. On observe par ailleurs une situation inverse pour les banques et les fiducies, ces clients étant en effet moins présents dans les petits cabinets
1 Par exemple, 137 cabinets de deux avocats, 118 cabinets de trois avocats et 85 cabinets de quatre avocats.
2 Par exemple, sept cabinets de 50 à 99 avocats et huit cabinets de 100 à 200 avocats.
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