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Depuis le mois de septembre dernier, l'Association du Jeune Barreau de Montréal (AJBM) et le Barreau de Montréal proposent un programme de mentorat aux avocats, jeunes et moins jeunes, du district montréalais. Une occasion sans précédent « d'avoir accès à des conseils et à un réseau de contacts étendu », selon le président de l'AJBM, Me Philippe Laurin, avocat chez Martineau Walker.
Jusqu'à présent, une cinquantaine de personnes se sont portées volontaires pour agir à titre de mentor, dont la totalité des anciens bâtonniers de Montréal, expliquent Me Lynne Kasie et Me Philippe Laurin.(Photo: Réjean Meloche |
Créé à l'initiative de Me Lynne Kassie, bâtonnière de Montréal, le service d'appui professionnel et de mentorat pensé par le Barreau s'est en fait arrimé au programme déjà existant de l'AJBM. Un programme originalement mis sur pied en 1996 mais qui, explique Philippe Laurin, « n'a jamais connu un grand succès, les personnes intéressées à agir à titre de mentor étant alors très difficile à recruter. La proposition du Barreau de Montréal est arrivée à point. »
Concrètement, explique Me Kassie, « le programme a été revu et s'adresse maintenant autant aux jeunes qu'aux moins jeunes. Il permet d'aborder toutes sortes de questions professionnelles avec un avocat d'expérience, que ce soit l'éthique, la pratique et l'administration, ou encore des questions d'ordre personnel comme la conciliation travail-famille et la motivation au travail. »
Jumelés pour une période de six mois, le mentor et « l'avocat-bénéficiaire » sont invités à se voir au moins une fois par mois sur la base de rencontres informelles : dîner ou parties de golf, le tout ponctué de conversations téléphoniques lorsque nécessaire. Aucun critère d'admission n'a été établi pour limiter l'accès au service sinon que les personnes intéressées à agir à titre de mentor doivent avoir cumulé au moins dix années de pratique avant de pouvoir prendre part au programme.
Quant à savoir de quelle façon se déroule le jumelage, le processus est simple. En fait, explique Lynne Kassie, tout part de « l'avocat-bénéficiaire ». « Les personnes qui souhaitent prendre part au programme sont invitées à remplir un formulaire où elles identifient leurs besoins et leurs attentes à l'égard de leur mentor. Puis, explique-t-elle, une fois cette étape franchie, nous tentons de les jumeler avec le mentor qui correspond le mieux à leurs demandes, mais aussi, si possible, avec quelqu'un qui a une expérience dans leurs champs de pratique. Par exemple, si quelqu'un pratique seul, nous allons tenter de trouver dans notre banque quelqu'un qui pratique seul ou qui l'a déjà fait. » La sélection et le jumelage des participants au programme sont réalisés par un comité de cinq personnes provenant tant du l'AJBM que du Barreau de Montréal.
Jusqu'à présent, une cinquantaine de personnes se sont portées volontaires pour agir à titre de mentor. La totalité des anciens bâtonniers de Montréal figurent notamment au nombre de ces personnes, sans compter plusieurs magistrats à la retraite et d'autres avocats d'expérience. Après six à huit semaines de fonctionnement, 14 jumelages ont pu être réalisés. Encore peu connue, l'initiative souffre toutefois, selon Philippe Laurin, d'un problème de perception. « Beaucoup de gens croient encore que pour avoir recours à un mentor, il faut nécessairement vivre de graves problèmes. Dans les faits, ce n'est pas du tout le cas. Le mentorat est d'abord et avant tout une façon de se développer un réseau de contacts, de se faire connaître et aussi, bien sûr, de bénéficier de l'expérience de collègues qui pratiquent depuis déjà un certain nombre d'années. Il n'y a rien de honteux là-dedans, au contraire. » D'ailleurs, précise la bâtonnière de Montréal, « même si la personne qui demande à être jumelée vit de graves problèmes, il n'y a aucun risque que ça soit connu. Autant le jumelage que les conseils donnés sont faits de manière extrêmement confidentielle. Il n'y a donc aucune crainte à avoir. »
Invitée à commenter les raisons ayant incité le Barreau de Montréal à s'engager dans un tel programme, Me Kassie présente ce choix comme une priorité. « Dès le début de mon mandat, il était clair que l'une de mes priorités était de favoriser tout ce qui pouvait contribuer à améliorer la qualité et l'image de notre profession. En ce sens-là, le fait de permettre à un certain nombre d'avocats d'être en contact avec ceux qui ont réussi est très valable. À la longue, ça ne peut que hausser le niveau de qualité dans l'exercice de notre profession et la perception que les gens en général ont de nous. »
Pour le président de l'AJBM, le programme permet aussi de créer un certain sentiment de solidarité entre les membres de la profession. « C'est bien connu, les premières années de pratique sont toujours les plus difficiles. Les conditions de travail ne sont pas faciles et beaucoup ont de la difficulté à concilier le travail et la famille. Certains décident même d'abandonner. Ceux qui ont réussi à passer à travers ça et à se tailler une place au soleil ont une certaine responsabilité envers la profession. Ils doivent y contribuer, notamment en partageant leur expérience et en donnant des conseils à ceux qui en ont besoin. C'est exactement ce que le programme de mentorat permet de faire. »
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