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Ardue a été la route empruntée par les pionnières de la profession juridique qui, par leur détermination et leur ténacité, ont su franchir les barrières et faire tomber les préjugés. Quelque 300 convives ont donc tenu à les honorer lors du Banquet des pionnières, organisé par le Barreau de Québec et l'Association du Barreau canadien, division Québec, dans le cadre du 150e anniversaire du Barreau de Québec, le 11 novembre, au Château Frontenac.
Plusieurs pionnières étaient présentes au Banquet, le 11 novembre dernier, au Château Frontenac à Québec |
« Notre siècle a vu passer les femmes d'incapables à juge en chef du plus haut tribunal du pays, a illustré la bâtonnière de Québec, Me Kim Legault, insistant sur l'exceptionnel parcours des pionnières. Elles nous ont démontré que ces fonctions ne sont plus inaccessibles. » Tout un avancement pour la cause depuis l'accession des femmes au Barreau en 1941.
Me Legault a néanmoins rappelé que de nombreuses fonctions sont encore inexplorées par les femmes juristes et que le travail de défrichage est loin d'être complété. Le nombre sans cesse grandissant de femmes sur les bancs des facultés de droit du pays démontre tout de même, selon elle, que la gent féminine est de moins en moins réfractaire à se lancer dans une carrière juridique. Un état de faits qui laisse entrevoir un avenir scintillant pour la relève qui profitera longtemps des acquis des pionnières.
Avis entièrement partagé par la présidente de la division Québec de l'Association du Barreau canadien, Me Guylène Beaugé. Tout comme sa consœur, elle a célébré la contribution des 51 pionnières honorées à l'épanouissement professionnel de leurs successeures. Une contribution qui leur assure une place enviable dans l'histoire de la profession et dans la mémoire de celles qui les ont suivies, selon elle.
Malgré tout, Me Beaugé n'a pas manqué de rafraîchir les mémoires en signalant que nombreuses ont été les femmes dont la lutte n'a pas été couronnée par la réussite. « L'hommage est aussi pour toutes les femmes qui n'ont pas connu le même succès », a-t-elle insisté. Beaucoup ont abandonné, brisées ou à bout de souffle, depuis le début du combat en 1915, alors que les instigatrices du mouvement de protestation sont montées aux barricades.
Un grand pas a donc été fait grâce aux pionnières. Toutefois, il ne faudrait pas s'asseoir sur ses lauriers et cesser de réclamer l'égalité dans la profession, selon Me Beaugé. Certaines embûches, certaines résistances subsistent toujours et les femmes doivent continuer de les surmonter.
Le juge en chef de la Cour d'appel du Québec et président d'honneur de l'événement, l'honorable Pierre A. Michaud, a quant à lui démontré que les femmes sont de plus en plus présentes dans les hautes sphères de l'appareil juridique québécois et canadien. Citant les noms d'une quinzaine d'hommes qui occupaient des postes d'importance lors de son accession au poste de juge en chef adjoint de la Cour supérieure en 1992, il n'a pu que remarquer que tous ont été remplacés par des femmes (voir l'encadré). « En sept ans, les femmes ont envahi les hautes fonctions », a lancé le juge Michaud. Il a d'ailleurs provoqué bien des rires en se questionnant: « À la réflexion, ne devrais-je pas commencer à m'inquiéter? »
Un peu plus sérieusement, le juge Michaud a lu des extraits de jugements datant des années 1920 montrant bien comment étaient considérées les femmes à l'époque. En définitive, on ne leur reconnaissait que les pleins pouvoirs en matière de travaux ménagers et d'éducation des jeunes enfants. « Que de chemin parcouru depuis moins de 100 ans... »
Grâce aux pionnières, toutes les fonctions de l'univers juridique sont maintenant accessibles aux femmes, a poursuivi le juge en chef du Québec. Il a donc salué leur détermination à insuffler un vent d'égalité dans la profession. « Il me fait plaisir de célébrer le courage de ces pionnières », a-t-il conclu.
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