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Les cas de conduite automobile avec facultés affaiblies présentent aussi un aspect scientifique qui peut s'avérer fort complexe. M. Jean Charbonneau, expert en alcoolémie, a expliqué, exemples pratiques à l'appui, la façon de déterminer le taux d'alcool dans le sang. Il a également effectué une démonstration du fonctionnement d'appareils de détection approuvés pour les tests d'ivressomètre: le Breathalyser 900A et l'Intoxilyser.
Comment atteint-on la limite légale pour conduire de 80 mg %? M. Charbonneau explique que la détermination de l'alcoolémie tient compte de trois phases: absorption, distribution et élimination de l'alcool. Rappelant quelques notions physiologiques, il souligne que certains facteurs, tels le rythme de consommation, la présence de nourriture et le type d'alcool influencent la vitesse d'absorption de l'alcool.
Lors de la phase de distribution, l'alcool se répartit dans l'organisme. Cette phase peut durer de cinq à 60 minutes. Elle varie en fonction du sexe, du poids, de la grandeur, de l'âge et de la condition physique. Ainsi, en général, la même dose d'alcool se distribue plus rapidement chez les hommes étant donné qu'ils ont un volume de distribution plus grand que les femmes.
Pour ce qui est de la phase d'élimination, elle débute dès que la consommation commence. À ce stade, l'alcoolémie est décroissante. « On retranche 15 mg % pour chaque heure qui s'écoule », indique M. Charbonneau, précisant que hommes et femmes éliminent l'alcool au même rythme. Il faudrait donc 5 heures 20 minutes pour neutraliser complètement 80 mg % d'alcool. M. Charbonneau rappelle toutefois que beaucoup de médicaments et de drogues combinés à de petites quantités d'alcool peuvent rendre une personne complètement incapable de conduire un véhicule.
Deux appareils sont utilisés par les policiers pour les tests d'ivressomètre: le Breathalyser 900A, utilisé depuis 1969, et l'Intoxilyser, plus récent. M. Charbonneau effectue une démonstration de ces appareils et en explique le fonctionnement.
Avec le Breathalyser, trois analyses sont nécessaires pour produire un résultat: un test « à blanc » pour analyser l'air ambiant, un test avec un échantillon donné par l'individu et un test de contrôle effectué avec un équilibreur ou un simulateur. Expliquant le fonctionnement de ces deux appareils, M. Charbonneau rappelle que la solution d'alcool-type utilisée pour les tests de contrôle est bonne pour
16 tests (100 si elle est utilisée avec l'Intoxilyser) ou une semaine d'utilisation. Si elle n'est pas ouverte, la solution ne doit pas être conservée plus de deux ans. « La façon dont cette solution est conservée et utilisée par les policiers peut affecter les résultats des tests », indique-t-il.
L'Intoxilyser, pour sa part, utilise une méthode de détection par infrarouge. Cet appareil est entièrement automatisé, tant au niveau de la qualification de l'échantillon fourni par la personne en état d'arrestation que du diagnostic. Il a l'avantage de pouvoir détecter l'alcool résiduel dans la bouche. Il peut également indiquer s'il y a interférence avec un autre produit tel l'acétone par exemple et soustraire la valeur de contamination si elle est supérieure à 10 mg.
L'Intoxilyser étant plus récent, c'est à l'usage que l'on pourra évaluer et comparer ses performances et son efficacité par rapport au Breathalyser, constate M. Charbonneau.
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