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Investir dans notre avenir

Jacques Fournier
Vous vous souviendrez qu'à l'automne le Comité administratif du Barreau du Québec, à la suite d'une recommandation d'un comité réunissant les partenaires du Réseau des bibliothèques de droit, le Barreau de Québec, le Barreau de Montréal, l'Association des avocats et des avocates de province et le Barreau du Québec, mandatait la firme Infoges pour qu'elle procède à une étude d'orientations sur les bibliothèques de droit. Comme convenu, Infoges a déposé son rapport au Conseil général du mois de décembre. Un rapport d'une centaine de pages qui, après avoir fait état de la situation, propose d'abolir le mode de fonctionnement actuel du Réseau et de mettre en place une nouvelle structure de fonctionnement: le Fonds de l'information juridique du Barreau du Québec. Au moment où vous lirez ces lignes, le Conseil général aura tenu une réunion spéciale pour discuter des recommandations de ce rapport. Les décisions ne sont donc pas encore prises mais il semble évident que des modifications importantes sont inévitables.

Dans l'édition du 15 septembre, j'écrivais dans ces lignes que le sauvetage du Réseau présentait un défi de taille commandant des solutions innovatrices. Voilà ce qui se dégage du rapport d'infoges. Sans reprendre l'ensemble du contenu du rapport, notons que la mission du Fonds de l'information juridique serait d'assurer une prestation de services d'information juridique de haute qualité, à forte valeur ajoutée, à tous les avocats du Québec, quel que soit l'endroit où ils pratiquent et ce, à un coût raisonnable.

Il va sans dire que toute reconstruction d'un réseau d'information juridique comporte un large volet d'intégration des nouvelles technologies, notamment, par l'intermédiaire de la bibliothèque virtuelle. Ce nouveau réseau fonctionnerait selon le modèle des services à la carte comme c'est le cas dorénavant pour les services offerts sur le câble à la télévision.

À titre d'exemple, ce service à la carte pourrait comporter:

  • un volet général accessible pour tous les membres du Barreau;
  • un volet accessible par abonnement mensuel ou annuel selon les besoins de l'abonné, par exemple, de l'information relative au droit du travail;
  • un volet accessible pour répondre à des besoins ponctuels.

Cette approche permettra à moyen ou à court terme aux membres du Barreau de réaliser des économies importantes en ce qui concerne l'acquisition de livres et la gestion des documents.

Parallèlement, le modèle proposé intègre, pour un certain temps, des bibliothèques de type traditionnel. Celles-ci seraient gérées par les sections qui devront décider de l'opportunité de conserver les services actuels. Il va sans dire que l'implantation de ce nouveau réseau d'information nécessitera des investissements importants au départ. Bien que les budgets ne soient pas encore déterminés, au moment d'écrire ces lignes, je me permets d'avancer la possibilité pour les membres du Barreau de contribuer financièrement à la mise en place de ce fonds.

Si une telle demande vous était faite, je vous demanderais de vous souvenir des statistiques parues dans le Journal du Barreau du 1er décembre dernier qui indiquaient qu'en 1998, il en coûtait 1 280 $ par avocat assuré pour exercer la profession dans la province de Québec. La deuxième juridiction la moins chère était près de 3 000 $. Avec le congé de prime en vigueur en 1999, les coûts pour le même praticien assuré s'élevaient à 775 $. Fort de ces chiffres, il me semble qu'il serait profitable d'investir dans notre avenir collectif d'avocats et de faire en sorte qu'une contribution non-récurrente, si nécessaire, de chacun des membres permette la mise en place d'un organisme capable d'offrir aux membres du Barreau de l'information juridique de pointe et de qualité.

Le bâtonnier du Québec,
Jacques Fournier

 

 
 

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