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De la simple diffusion de dépliants d'informations sur divers sujets à la toute récente bibliothèque virtuelle, la vulgarisation juridique fait depuis fort longtemps partie des missions qu'a choisi de se donner le Barreau du Québec. L'année 1999 marquera clairement cet engagement avec la création d'Éducaloi, un organisme sans but lucratif créé par le Barreau et entièrement dédié à la vulgarisation juridique.
Le dévoilement officiel du nouvel organisme, Éducaloi, est prévu pour septembre prochain. D'ici là, les membres du conseil d'administration poursuivent leur travail pour que tout soit fin prêt à l'automne |
Sorti tout droit de l'imagination du Comité de l'information juridique du Barreau, le nouvel organisme, dont le dévoilement officiel est prévu pour septembre prochain, a vu le jour grâce à la collaboration financière du ministère de la Justice du Canada. Plus spécifiquement, explique Me Normand Bastien, président du Comité, le projet a été mis sur pied grâce au fonds annuel de financement des projets provinciaux de vulgarisation.
En fait, depuis la création du Fonds il y a quinze ans, le ministère fédéral accrédite un organisme par province et le charge de voir à la vulgarisation et l'information juridique de la population du territoire. Au Québec, c'est traditionnellement la SOQUIJ qui se voyait conférer l'argent du ministère pour opérer sa ligne téléphonique d'information juridique. Une situation qui faisait du Québec, la seule province où les services n'étaient pas pris en charge par un organisme sans but lucratif, tel qu'exigé par le gouvernement fédéral.
Concrètement, c'est en s'interrogeant sur la possibilité d'avoir accès à une partie de ces fonds pour créer des outils pédagogiques destinés aux enfants que le Barreau en est venu à envisager le développement d'activités de vulgarisation plus élargies. Un mandat toutefois plus exigeant au point où le Barreau du Québec a décidé de confier à un organisme sans but lucratif spécialement créé pour remplir cette mission. Éducaloi, le carrefour d'accès au droit, venait de voir le jour.
Il fallait donc créer de toutes pièces un organisme jusque-là inexistant. Une opération qui a complètement accaparé les premiers mois de vie du projet, selon Me Geneviève Fortin, coordonnatrice du projet avec Me Monik Trempe. « Tout était à faire. Il fallait incorporer l'organisme sans but lucratif, trouver un nom, écrire les statuts et règlements. Il fallait en quelque sorte construire les bases solides qui nous permettraient ensuite de procéder au déploiement du contenu », explique-t-elle. Des étapes encore partiellement incomplètes au moment de mettre sous presse.
Autant d'opérations qui se sont menées parallèlement avec un vaste travail de recherche permettant à l'organisme d'identifier les produits et contenus déjà existants.
« Notre premier réflexe a été de faire un vaste inventaire de ce qui existait, explique Geneviève Fortin. Les recherches nous ont d'ailleurs permis de constater qu'une foule de choses, allant de la clinique juridique aux conférences, étaient déjà disponibles de diverses façons, que ce soit des dépliants, brochures, vidéocassettes, etc. Une fois ces constats établis, il n'était pas question pour nous de réinventer la roue. L'idée d'un concept partenaire s'imposait d'emblée. »
Six avocats ont donc travaillé d'arrache-pied pendant plusieurs mois à répertorier tout ce qui pouvait exister sur différents aspects juridiques que ce soit le droit criminel, le droit pénal, l'immigration et le travail. « Des milliers d'outils ont ainsi été identifiés, seront évalués, puis mis à la disposition de la population avec l'accord des organismes communautaires ou autres qui les ont produits », explique Geneviève Fortin.
Mais encore fallait-il trouver une façon de rendre tout ce matériel accessible. À l'évidence, explique Me France Mainville, Internet s'est imposé comme le premier médium à exploiter. « Nous avions sur la table un projet de matériel didactique destiné aux écoles, mais nous devions aller plus loin. Il fallait, pour atteindre nos objectifs, créer une véritable plaque tournante où pourraient transiger une masse d'informations. Pour répondre aux exigences gouvernementales, nous devions créer un kiosque d'informations juridiques ouvert à la fois aux organismes communautaires et à la population en général. L'expertise acquise depuis quelques années au Barreau en regard des nouvelles technologies nous a rapidement fait pencher en faveur de ce médium. »
Un choix qui fera d'ailleurs d'Éducaloi, le seul organisme de vulgarisation juridique au pays dont les principaux services seront offerts sur Internet. Un choix distinctif donc, mais surtout économique, explique Geneviève Fortin. « Outre le fait que nous voulions innover et que nous soyons convaincus que les produits inforoute représentent l'avenir, nous avons opté pour Internet parce que nous avons fait le constat que c'était, et de loin, beaucoup moins cher que les documents imprimés sur papier », explique la coordonnatrice.
Par ailleurs, s'empresse-t-elle d'ajouter, « le fait que nous souhaitions mettre l'accent sur les produits électroniques n'exclut pas du tout la production d'autres types de matériel. Le choix s'organisera en fonction des budgets obtenus pour chaque projet. Mais ce qui est sûr, c'est qu'à chaque fois que ce sera possible, nous travaillerons en partenariat avec d'autres organismes. Une multitude d'organismes communautaires offrent des services intéressants mais ne sont malheureusement pas connus du public. Cette information doit circuler. »
En fait, la participation avec d'autres organismes est telle qu'Éducaloi sera non seulement accessible via le site Internet du Barreau du Québec, mais aussi via les sites de divers autres organismes communautaires qui ont déjà fait de la vulgarisation et l'information juridique une priorité.
C'est que, explique Geneviève Fortin, la réaction des organismes communautaires à l'égard du nouveau partenariat qui leur est présenté est très bonne. « Même si les contacts établis avec les organismes restent jusqu'à présent encore peu nombreux, la réponse est très bonne. En fait, ces groupes voient Éducaloi comme une occasion pour eux de répondre aux questions de certains de leurs intervenants ou clients qui étaient jusqu'à présent restés sans réponse. Ils ont, comme nous, le sentiment que tout le monde sortira gagnants d'une alliance de cette nature. »
Quant aux sujets abordés, quatre thèmes de base ont déjà été identifiés pour faire partie du site Internet. Il s'agit des pensions alimentaires, de la violence conjugale, des jeunes contrevenants et de la prévention du crime. Une liste qui devra, bien entendu, s'allonger très rapidement, précise Geneviève Fortin. « Nous avons une multitude d'idées de sujets à développer. On parle déjà d'éducation, de santé, de personnes âgées... la liste est presque infinie. »
Outre le site Internet, dont le lancement officiel devrait avoir lieu en septembre, d'autres projets planent aussi du côté d'Éducaloi. Des projets allant de l'ajout de pages WEB au site principal jusqu'à la production de cédéroms. L'organisme souhaite aussi faire profiter les organismes communautaires et la population en général du centre de documentation que les recherches entamées depuis quelques mois ont contribué à construire. « Ce que nous aimerions d'ici trois ans, c'est de pouvoir ouvrir nos portes. Que les gens puissent venir consulter directement chez-nous les documents accumulés au cours des ans, avance Geneviève Fortin.
Éducaloi deviendra-t-il le seul organisme de vulgarisation juridique au Québec ? Plus nuancé, Normand Bastien affirme tout de même vouloir faire de l'organisme un incontournable. « Disons qu'ultimement, nous aimerions que tout ce qui se fait en matière de vulgarisation juridique un peu partout, que ce soit au ministère de la Justice ou ailleurs, passe par nous. Nous aimerions accaparer les services de formation et d'information existants un peu partout. Le fait que nous soyons relativement neutre devrait nous aider. »
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