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Se comprendre, se connaître et se représenter mieux

François Brodeur, avocat

Ils ont bouclé leur baluchon et repris le bâton du pèlerin. Mes Raymond Lavoie, Pierre Gagnon et Robert Primeau sont repartis par monts et par sections rencontrer les avocats de pratique privée là où ils exercent. Les buts de l'exercice ? Écouter ce que les praticiens pensent des conditions dans lesquelles ils exercent leur profession, proposer des avenues et, au passage, faire mieux connaître les services disponibles.

Il faut dire que le Comité de la pratique privée a lui-même fait énormément de chemin depuis 1978, année où il a été créé. Son mandat initial était large mais, dans les faits, l'épineux dossier de l'aide juridique devait accaparer la quasi totalité des énergies disponibles. Juste retour des choses, c'est dans cette négociation, plus particulièrement dans le conflit ouvert entourant la réforme du régime, que les praticiens ont pu se forger une solidarité nouvelle. On a démontré à cette occasion, et par la suite dans le dossier de la médiation familiale, que l'union des avocats de pratique privée conférait un poids considérable à leurs demandes.

Ce poids, il s'agit maintenant de le conserver et d'en profiter autant que possible, d'où l'idée du comité d'élargir son champ d'intervention pour embrasser toutes les sphères d'activités que visait son mandat originel. Il ne pourrait y avoir de meilleur moment pour ce faire, selon le président du comité, Me Raymond Lavoie. En effet, il y a fort à parier que l'unité des praticiens sera encore mise à l'épreuve dans les années qui viennent. La procédure civile fait actuellement l'objet d'une refonte qui pourrait bouleverser la façon dont on pratique le droit au Québec. Il est aussi dans l'air que le plafond des petites créances soit relevé à 15 000 $, des avocats étant toutefois admis à prendre part au dossier selon un tarif arrêté. Par ailleurs, les Règles de pratique en matières familiales soulèvent de plus en plus d'insatisfaction à l'extérieur de Montréal. Et un nouveau tarif d'honoraires judiciaires est à prévoir sous peu. Voilà autant de sujets qui commandent que le Comité de la pratique privée sensibilise les praticiens et se tienne au courant de leurs craintes ainsi que de leurs aspirations. Il y va de sa crédibilité comme porte-parole.

Par ailleurs, l'incontournable dossier de l'aide juridique devait être abordé avec les praticiens qui acceptent des mandats du régime. La dernière entente a pris fin le 1er avril et le comité entend bien profiter de l'occasion pour éliminer le plus possible les carences qui grèvent la prestation ou la rémunération des services professionnels. La tournée du comité a donc permis d'exposer les grandes lignes de la négociation et de vérifier si elles rencontraient l'aval des principaux intéressés. À cet égard, un consensus semble se dégager sur les principales demandes à faire valoir. Il faut que le travail effectué en matières pénales et familiales soit mieux rémunéré. Il faut aussi que le travail accompli auprès du Tribunal administratif du Québec soit mieux compris et mieux tarifé qu'il ne l'est jusqu'à maintenant. Ensuite, il est grand temps que l'ensemble du tarif fasse l'objet d'une augmentation, ce qui n'est que juste puisqu'il a connu de constantes baisses au cours des dernières années. Finalement, on doit éliminer tous les petits irritants qui rendent la vie impossible à ceux qui acceptent des mandats.

Enfin, souligne Me Lavoie, la tournée était l'occasion de faire connaître la Corporation de services du Barreau et son Service aux membres. En effet, les deux organisations offrent déjà une foule d'outils pour mieux contrôler les coûts reliés à la pratique. Sait-on, par exemple, tout ce que les récentes ententes-cadres avec Sprint Canada et Visa Desjardins peuvent générer en économies sur les frais d'exploitations ?

Le président du Comité se dit particulièrement fier de l'accueil que ses confrères lui ont réservé. Partout où le comité allait, la participation était amplement suffisante pour permettre à Me Lavoie d'espérer que tous les bureaux auraient vent du contenu de la rencontre et qu'ils pourraient participer pleinement au processus en cours. Par ailleurs, le Comité s'est aussi attardé à rencontrer les représentants des différentes associations de spécialistes, question d'avoir l'heure juste en ce qui concerne des domaines de pratique aussi divers que le droit de la famille, le droit pénal, le droit de la jeunesse ou celui de l'immigration.

La consultation directe des praticiens par ceux-là mêmes qui doivent protéger leurs conditions d'exercice se révèle donc un exercice qui ne peut faire que des gagnants. Gageons donc que Mes Lavoie, Gagnon et Primeau ne rangeront pas trop loin leur baluchon...

 

 
 

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