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Jacques Fournier
Le dernier numéro du Journal du Barreau faisait grand état de la décision du Conseil général de réformer le Réseau des bibliothèques et de mettre sur pied un Fonds d'information juridique destiné à prendre la relève et à favoriser une plus large diffusion de l'information juridique sans égard à la situation géographique des avocats.
La nouvelle structure devra être élaborée à partir de deux pôles principaux : l'introduction rapide des technologies informatiques, d'une part, et le développement de partenariat, d'autre part.
La nécessité d'introduire les nouvelles technologies de l'information s'impose dans la foulée du Rapport sur l'avenir de la profession et sur la nécessaire adaptation des outils de pratique au monde dans lequel nous vivons. L'arrivée d'Internet et du courrier électronique constitue peut-être la plus importante révolution technologique depuis l'invention de l'imprimerie, il y a 500 ans, et il n'est pas nécessaire d'élaborer longtemps sur les conséquences historiques rattachées à cette façon nouvelle, à l'époque, de diffuser l'information. L'Internet risque d'avoir le même effet mais à l'échelle planétaire. Rester à l'écart nous condamnerait à la marginalité d'autant plus que les exigences de la compétitivité et de la concurrence forcent à la rationalisation de nos coûts. Le Conseil général, après un long processus de consultation, a décidé qu'il fallait s'engager dans un mode de diffusion d'information qui met à profit les nouvelles technologies et on ne peut que s'en réjouir.
Par ailleurs, d'importants investissements sont à prévoir, d'où la nécessité d'établir des partenariats. Tous les acteurs des milieux légal et judiciaire sont confrontés aux choix qui se sont imposés à nous. Les ministères provincial et fédéral de la Justice devront aussi introduire les technologies nouvelles dans leurs façons de faire et devront eux aussi développer rapidement, ne serait-ce que pour leurs propres bibliothèques, des moyens d'intégrer la technologie. Les grandes sections de Montréal et de Québec devront faire de même, ainsi que la Magistrature.
Nous pouvons tous nous y engager, indépendamment les uns des autres, et chacun dépenser des montants importants pour développer nos systèmes. Nous pouvons également prendre un temps d'arrêt et bâtir tous ensemble un système intégré à partir duquel chacun pourra développer le sien propre.
C'est dans cet esprit que j'ai entrepris certaines démarches auprès de la Fédération des professions juridiques et du ministère canadien de la Justice. Le droit fédéral occupe une partie importante de l'activité judiciaire des avocats du Québec. Le droit fédéral, par définition, est pratiqué dans toutes les provinces de sorte qu'il y aurait assurément un intérêt à développer une bibliothèque juridique virtuelle pan-canadienne dont le soutien technique pourrait servir de base à des bibliothèques développées par juridiction pour tenir compte des législations provinciales. Cette façon de faire nous permettrait de réaliser des progrès rapides et importants, tout en répartissant les coûts sur plusieurs têtes.
L'occasion est belle et je vous suggère qu'il serait heureux que nous agissions rapidement. L'idée est bien reçue, faisons en sorte de la réaliser.
Le bâtonnier du Québec,
Jacques Fournier
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