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Amnistie internationale lançait, le 23 février dernier, sa campagne québécoise contre les violations des droits de la personne aux États-Unis. Le lancement officiel de la campagne au niveau international avait eu lieu chez nos voisins du Sud l'automne dernier alors que le secrétaire général d'Amnistie internationale, M. Pierre Sanê, avait rendu public un rapport complet sur la situation actuelle des droits humains aux États-Unis lequel mettait en évidence quatre secteurs de préoccupation : les brutalités policières constantes et généralisées, la persistance des violences physiques et sexuelles infligées aux prisonniers, la peine de mort et l'incarcération des demandeurs d'asile.
Une des affiches de la campagne d'Amnistie internationale |
Au Québec, comme dans plus de 35 pays, Amnistie fait campagne pour que les autorités américaines « renouvellent leur engagement vis-à-vis des droits humains et placent la protection de ces droits au cœur de la politique nationale et internationale des États-Unis », de dire Michel Frenette, directeur général de la section francophone de l'organisme.
Plusieurs activités marquent d'ailleurs cette campagne au Québec alors que l'organisme compte faire la distribution de deux cartes postales de 12 000 exemplaires chacune dont les destinataires sont l'ambassadeur américain à Ottawa et le président Bill Clinton. Aussi, quatre affiches, plutôt provoquantes, ont été réalisées par l'organisme et distribuées dans les bars et les restaurants via le réseau ZoomMédia. De plus, une bande annonce a été envoyée à toutes les stations de télé et dans la plupart des cinémas. Et c'est sans compter sur Internet où Amnistie propose son site Web : http://www.amnistie.qc.ca/usa.
Outre ces activités, de jeunes étudiants ont ramassé des paquets d'allumettes afin de les envoyer au gouvernement américain lui soulignant, par ce geste, qu'il rallume la flamme. « C'est un geste symbolique et c'est une idée géniale qui vient des jeunes qui prétendent que la flamme de la Statue de la liberté s'est éteinte à cause de tous ces droits qui sont violés en territoire américain », de dire Benoit S. Pilon, membre du Conseil d'administration de la section francophone d'Amnistie internationale et étudiant à l'École du Barreau, Centre de Montréal.
La campagne d'Amnistie Internationale n'est pas sans causer quelques remous chez nos voisins. Plusieurs médias ont par ailleurs été surpris : « Ils ont l'impression que l'on mène une campagne contre les États-Unis. Or, ce n'est pas le cas, c'est une campagne contre les violations aux États-Unis. Par contre, il y a des réactions intéressantes où les gens perçoivent l'importance d'une telle campagne entre autres parce qu'elle permet d'apprendre ou de se remémorer qu'il y a encore 24 états américains qui condamnent de jeunes mineurs à la peine de mort, par exemple », de rappeler Benoit Pilon.
Cela dit, les campagnes d'Amnistie ne sont pas toujours simples, reconnaît M. Pilon. Cet organisme porte des messages assez complexes, notamment pour défendre des prisonniers incarcérés dans des pays lointains avec lesquels les gens semblent avoir peu d'affinité. Or, cette fois-ci, ce sont les États-Unis qui sont dénoncés et les populations québécoise et canadienne risquent d'être plus sensibles à la campagne de cette année. « Amnistie travaille toujours à dénoncer les violations des droits humains et ce, à travers le monde, mais cette fois-ci ce sont les États-Unis qui sont ciblés, eux qui se veulent pourtant les plus grands défenseurs de toutes les libertés, ceux qui dictent sans cesse aux autres pays la façon de se comporter. Or, nous croyons qu'il y a un ménage à faire chez eux. Ils n'ont pas respecté le pacte sur lequel ils avaient bâti ce pays-là, soit la liberté, la fraternité, l'égalité. »
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