ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.

Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca

Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.

 

Concours oratoire du Barreau de Montréal

Liberté de presse et vie privée

Lucie Desjardins, avocate

L'affaire Monica Lewinsky a soulevé à nouveau des interrogations sur le droit des journalistes de fouiller et révéler la vie privée des personnes publiques au nom de la liberté de presse. Le fait que l'on se nomme François Mitterrand ou Bill Clinton attire l'attention des médias. Toutefois, les journalistes français n'ont pas le même intérêt pour la vie privée de leurs représentants politiques que les journalistes américains. Quoiqu'il en soit, la vie privée des personnes publiques constitue-t-elle un intérêt d'ordre public? Et au Québec, qu'en pensent les citoyens?

(Photo: Réjean Meloche)L'équipe   du Collège John Abbott, composée de Vinay Shandal et Justin Lanoue,   a remporté le concours oratoire du Barreau de Montréal et le prix   de 1 000 $, remis par le bâtonnier Ronald Montcalm
(Photo: Réjean Meloche)L'équipe du Collège John Abbott, composée de Vinay Shandal et Justin Lanoue, a remporté le concours oratoire du Barreau de Montréal et le prix de 1 000 $, remis par le bâtonnier Ronald Montcalm

Le Barreau de Montréal a exploré le sujet et présenté des arguments pour et contre le dévoilement de la vie privée des personnes publiques dans le cadre d'un concours oratoire qu'il organisait pour une dixième année consécutive auprès de jeunes de niveau collégial.

Des étudiants de neuf cégeps anglophones et francophones du district de Montréal se sont penchés sur la question de savoir si les journalistes peuvent fouiller et révéler la vie privée des personnes publiques au nom de la liberté de presse. Le concours s'est déroulé en trois étapes. Chacun des cégeps a d'abord procédé à des éliminatoires internes. Ensuite, les équipes gagnantes se rendaient aux demi-finales et les deux équipes ayant accumulé le plus de points se sont affrontées lors d'une finale, qui avait lieu le 30 mars dernier.

Cette bataille finale des esprits était présidée par Me Suzanne Pringle et évaluée par un jury composé du juge François Rolland, du bâtonnier Ronald Montcalm, de Mes Lynne Kassie et Marc-André Blanchard et de l'éditorialiste à La Presse Agnès Gruda.

Des débats animés

Les participants Vinay Shandal et Justin Lanoue de l'équipe du Collège John Abbott furent d'abord invités à défendre leur position en faveur du droit des journalistes de fouiller et dévoiler la vie privée des personnes publiques. Le tandem Jonathan Garonce et Éli Batalion de l'équipe du Collège Dawson ont, à leur tour, fait valoir les arguments contre ce droit. Le débat s'est animé et des répliques bien chronométrées ont permis aux participants de s'exprimer davantage.

Le public a pu apprécier les propos des défenseurs et des détracteurs de la liberté de presse en cette matière. Les uns et les autres ont eu raison, faisant ainsi valoir comment la liberté de presse peut être à la fois quelque chose d'admirable mais aussi de dégradant et d'effrayant.

Justin Lanoue, défendant la thèse pour la liberté de la presse, a fermement plaidé sa position et croit que « seulement les citoyens bien informés qui ont accès à tous les faits peuvent prendre des décisions intelligentes à propos de leurs représentants. » Toutefois, répondaient leurs adversaires, il ne faut pas confondre voyeurisme avec liberté de presse. « Nous sommes pour de l'information socialement utile mais en ne violant pas le droit au respect de la vie privée », ont-ils précisé.

Les défenseurs du dévoilement de la vie privée ont plaidé en faveur d'une liberté totale relativement à la recherche de l'information, au droit de la choisir et de la diffuser. L'équipe de la thèse opposée a fait valoir qu'il s'agit plutôt du droit de choisir et de diffuser de l'information selon son utilité et sa valeur et non dans un but de curiosité malsaine.

En réplique, Justin Lanoue a indiqué que « dans une société démocratique, les individus ont la liberté d'établir leur propres critères, et que les journalistes sont des agents du public et, par ce fait, doivent présenter toute l'information. » Cela dit, ce n'est pas toute l'information qui peut prétendre être de l'information sous prétexte d'un idéal démocratique, plaidaient en substance Jonathan Garonce et Éli Batalion.

Les gagnants

Ce vif débat a permis l'exploration de tous les arguments en faveur de l'une ou l'autre des positions mais le jury devait déterminer l'équipe la plus performante à exprimer son point de vue. « Le choix a été difficile car tous les participants étaient très bons et d'ailleurs, de souligner le juge Rolland, ces participants étaient meilleurs que bien des avocats qui ont eu à plaider devant moi !. » L'équipe du Collège John Abbott a remporté le concours et le premier prix, soit la somme de 1 000 $ offerte par le Barreau de Montréal à chacun des membres.

Les membres de l'équipe adverse ont remporté le second prix, soit la somme de 500 $ chacun. Les quatre finalistes ont aussi reçu le logiciel Antidote de Druide informatique. En outre, un prix de 250 $ a été remis à Noura Karazivan, du Collège Bois de Boulogne, ainsi qu'à Fatim Sefrioui, du Collège Marie France, à titre de meilleures performances individuelles.

 

 
 

Retour au haut de la page

© Barreau du Québec 1996-2012