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Enquête économique auprès des membres du Barreau

Résultats du sondage général 1998

Lise I. Beaudoin, avocate

Le Barreau recevait récemment les résultats du sondage 1998 effectué par la firme conseil Marcon sur la situation économique de ses membres pendant l'année 1997. L'enquête s'inscrit dans la lignée des sondages effectués depuis 1981 et visait divers objectifs, entre autres à assurer le suivi de l'évolution de la profession, en mesurant notamment l'impact des événements post 1993 et à établir un lien entre le vécu dans le marché des services juridiques au Québec et l'adoption, en 1995, du scénario Singapour par le Barreau. Elle intègre l'approche générale propre aux sondages tenus entre 1981 et 1991 et les aspects économiques de l'enquête de 1993.

Et pour donner un avant-goût de quelques conclusions de l'enquête1, disons que 51,7 % des avocats québécois collaborent avec d'autres professionnels au cours de leur travail, les concepts de la pratique multidisciplinaire ne leur étant donc pas inconnus. Dans l'exercice de leur profession, les revenus moyens d'emploi des avocats salariés en 1997 se situent à 61 000 $ alors que le revenu moyen net des avocats travaillant à leur propre compte (seuls ou en cabinets) est de 102 000 $ (voir le tableau sur les revenus nets d'emploi). En pratique privée, les avocats travaillent en moyenne plus de 1 600 heures par année et près 70 % travaillent dans des cabinets de moins de 20 avocats. Au plan du comportement, les avocats québécois mettent définitivement en pratique une attitude générale d'adaptation à l'évolution du marché des services juridiques. Et cette adaptation s'exprime entre autres par un usage accru des nouvelles technologies de l'information. Les résultats de l'enquête sont éloquents à ce sujet.

Il y a eu un taux de réponse de 36 %, 1 800 questionnaires ayant été retournés sur les 5 000 expédiés. Considérant la population de 17 171 avocats inscrits au Tableau de l'Ordre, un échantillon de cette taille est précis à plus ou moins 1,4 %, 19 fois sur 20.

Les aspects examinés

Le rapport Marcon porte sur quatre aspects principaux. Il trace d'abord un portrait socio-démographique de la profession, les paramètres de base étant le lieu de naissance, l'âge, le sexe, le statut marital, le nombre d'enfants ainsi que la langue parlée. Il offre ensuite un tableau détaillé de la pratique du droit dans la province dans lequel différents thèmes sont abordés, tels la formation de base, la formation continue, le statut professionnel, l'environnement de travail, les revenus et la localisation des avocats.

Le rapport Marcon offre en troisième lieu un volet complètement innovateur en regard des enquêtes précédentes, en ce qu'il examine aussi les déterminants des revenus de travail, qui mettent notamment en valeur l'effet de différents paramètres sur le revenu généré. Le rapport porte enfin sur les profils de pratique, avec présentation des secteurs de droit et de leur développement probable de même qu'une comparaison entre les années 1994, 1997 et 2000 selon les opinions des répondants.

Profil type de l'avocat

Le profil type de l'avocat québécois a l'allure suivante : il est né au Québec (92,8 %), est marié ou en union libre (68,2 %), son ménage possède deux enfants (28 %) et le français est sa langue maternelle (87,7 %).

Outre ces données dominantes, soulignons que près de 4 % des avocats québécois viennent du reste du Canada et 2,3 % de l'Europe. Les avocats ont 44,5 ans en moyenne. Les hommes représentent 59 % des membres, laissant 41 % de la présence dans la profession aux femmes. La confrérie compte 17,2 % de célibataires et 0,4 % de veufs ou veuves.

Les avocats ayant quatre enfants et plus représentent 2,4 % des avocats et trois enfants, 8,5 %. Ce qui laisse un peu plus de 17 % d'avocats avec un seul enfant et 43,8 % sans enfant.

Formation

Les avocats québécois possèdent majoritairement un baccalauréat en droit, un LL.L. pour 45,9 % ou un LL.B. pour 41,4 %. Par ailleurs, 17,2 % ont une maîtrise et 0,8 % un doctorat2.

Au premier cycle, les facultés de droit fréquentées sont d'abord et avant tout francophones soit, dans l'ordre, l'Université de Montréal (35,6 %) et l'Université Laval (27,5 %). L'Université McGill, l'Université de Sherbrooke et l'Université d'Ottawa se partagent le troisième rang au niveau de la diplomation en droit avec respectivement 11,7 %, 11,3 % et 10,4 % des répondants. L'UQAM a diplômé quant à elle 2,9 % des membres du Barreau.

Par ailleurs, au chapitre de la formation permanente, 80 % des répondants déclarent avoir suivi au moins une activité depuis le 1er janvier 1995. Plus de détails à ce sujet et la suite du rapport dans le prochain numéro...

Le Journal du Barreau poursuivra dans les prochains numéros un compte rendu détaillé des résultats de ce sondage.

Le rapport ne précise pas s'il s'agit de maîtrises ou de doctorats en droit uniquement.

 

 
 

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