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L'ADDUM reçoit Antonio Lamer

Sous le signe de l'indépendance et de la liberté

Indragandhi Balassoupramaniane

À l'occasion de son Grand dîner d'automne, l'Association des diplômés en droit de l'Université de Montréal (ADDUM) a rendu hommage à l'ancien juge en chef de la Cour suprême, l'honorable Antonio Lamer, qui quittait ses fonctions le 7 janvier dernier. Une soirée à laquelle participaientt près de 300 anciens diplômés, tous très honorés par la présence d'une personne qu'ils considèrent non seulement avec respect, pour la noble tâche qu'elle occupe et la grande dignité avec laquelle elle a exercé ses fonctions, mais encore avec fierté, le juge Lamer étant un ancien diplômé de la Faculté de droit de l'Université de Montréal.

Le très honorable Antonio   Lamer
Le très honorable Antonio Lamer

Avant de lui donner la parole, son ex-associé et ami, Me Jacques Bellemarre, chargé de le présenter, est intervenu pour dépeindre les grandes lignes de son parcours personnel et professionnel en adoptant une approche intime, révélatrice de sa véritable personnalité.

D'origine franco-irlandaise, Antonio Lamer est né le 8 juillet 1933 à Montréal. Après dix années de pensionnat, il intègre les rangs du deuxième régiment d'artillerie comme étudiant réserviste, avant de s'inscrire à la Faculté de droit de l'Université de Montréal. Il commence sa carrière professionnelle en 1957 en tant qu'avocat et exerce cette profession pendant onze ans. Pendant ces années de pratique, il livre activement une bataille contre les forces de l'Ordre pour combattre les détentions illégales et autres abus policiers. C'est ainsi qu'il fonde l'Association des avocats de la défense de la province de Québec.

Nommé juge à la Cour supérieure le 19 décembre 1969, puis à la Cour d'appel du Québec le 17 mars 1978 et enfin à la Cour suprême du Canada le 28 mars 1980, il devient juge en chef du Canada le 1er juillet 1990. Ce ne sont ni les fonctions importantes, ni les titres honorifiques qui manquent à son répertoire : président du Conseil canadien de la magistrature, président du Conseil consultatif de l'Ordre du Canada, président du conseil d'administration de l'Institut national de la magistrature, membre du Conseil privé du Canada, conseiller honoraire Lincoln's Inn à Londres en 1990, Ordre du mérite de l'Université de Montréal en 1991, Chevalier de justice de l'Ordre de Saint-Jean en 1993, Colonel honoraire du 2e Régiment d'artillerie de campagne.

Faire autre chose

Après avoir remercié les intervenants pour les généreux propos prononcés à son égard, le juge Lamer a abordé les raisons de son départ, après trente ans de magistrature : « J'ai pensé qu'il fallait passer à autre chose et aussi que la Cour se renouvelle. » Il est présentement à rédiger les « mémoires » de la Cour suprême dont c'est le 125e anniversaire, une honorable institution qui a beaucoup évolué depuis 1875, de dire le juge Lamer, bien qu'en dépit des changements, certaines de ses caractéristiques ont résisté au temps, notamment sa capacité de rendre justice, qui est une qualité que la Cour suprême s'est efforcée de respecter.

À la tête de la Cour suprême pendant 10 ans, il a consacré toutes ces années à atteindre quatre objectifs : l'élimination des délais dans le système de justice, l'indépendance du juge dans tous ses aspects, la protection des minorités, incluant les aborigènes, et le redressement, voire l'élimination des abus policiers des années 1950 et 1960. « La plupart d'entre vous n'avez aucune idée du comportement des forces de l'Ordre dans les années 1940, 1950 et 1960. Il faut être vigilant pour protéger non pas les criminels, mais ceux qui ne le sont pas », a-t-il insisté.

Pour le juge Lamer, le principal objectif reste l'indépendance de la magistrature car elle conditionne les trois autres. Sans cette indépendance, il n'y a pas de justice... donc pas de liberté, qu'il place même avant la santé : « Elle représente ce qu'il y a de plus précieux et j'éprouve beaucoup de compassion à l'idée de réaliser qu'il existe des gens qui ne sont pas libres dans le monde. »

Après avoir exprimé son émotion pour cette soirée organisée en son honneur, il s'est adressé à la relève : « Je leur lègue la responsabilité de perpétuer la qualité de la justice dont nous avons le grand privilège de jouir au Canada. (...) Je quitte la fonction avec satisfaction (...), je vois que la relève est là, et je me retire en toute quiétude. »

La soirée s'est terminée par une allocution du doyen de la Faculté de droit de l'Université de Montréal, M. Claude Fabien, qui n'a pas manqué de remercier chaleureusement l'honorable Antonio Lamer de sa présence, son attachement et des liens qu'il a tissés avec la faculté de droit. Il a profité de l'occasion pour parler des efforts menés par l'Université de Montréal dans la recherche et la qualité de son enseignement.

 

 
 

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