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Le gouvernement a besoin de s'appuyer sur des dossiers solides quand il met de l'avant des politiques ou qu'il se défend devant les tribunaux. En ce sens, le travail des juristes est essentiel à la bonne marche de l'État. « Les ju-ristes de l'État font un travail extraordinaire mais, avouons-le, ils ne sont pas appréciés à leur juste valeur. Nous devons voir à ce que leur travail soit mieux connu », disait Linda Goupil, ministre de la Justice du Québec, au dîner de la X1Ve Conférence des juristes de l'État qui se tenait à Québec au mois d'avril.
Les juristes de l'État, ce sont des avocats et des notaires du ministère de la Justice, mais aussi d'organismes gouvernementaux et paragouvernementaux. Le nombre de demandes de service adressées au ministère de la Justice, plus de 35 000 par année, est révélateur de l'importance du rôle qu'ils jouent dans l'activité gouvernementale. Or les juristes du ministère de la Justice représentent seulement la moitié des juristes de l'État québécois.
« Il suffit de jeter un coup d'œil sur les revues de presse quotidiennes pour constater que les dossiers les plus médiatisés sont presque inévitablement les dossiers où l'expertise de nos juristes est mise à contribution, de dire la ministre. Je suis à même de constater de façon privilégiée le travail minutieux et efficace que vous accomplissez, car c'est précisément ce travail, ces avis juridiques, opinions et analyses qui me permettent de prendre des positions éclairées et de bien défendre les positions du ministère et du gouvernement. »
La ministre n'a pas manqué de souligner le travail colossal fait par certains juristes dans les dossiers importants pour le gouvernement, comme les négociations avec les autochtones, par exemple, ou les contestations de lois québécoises devant les tribunaux dont l'issue est capitale, notamment en ce qui a trait à la Charte de la langue française. Le remarquable travail des avocats en droit administratif mérite aussi d'être rapporté. Pensons à la rédaction de contrats, règlements, décrets, émission de permis...
La ministre a également mentionné le rôle particulier des avocats plaideurs qui, sur la ligne de feu, jonglent avec des questions juridiques complexes. Ils ne représentent pas un client ordinaire, mais tous les Québécois; ils subissent des pressions énormes, tout comme les légistes d'ailleurs. « Peu importe la qualité de textes des légistes et la justesse de leurs propos, ils seront attaqués par l'Assemblée nationale. Il s'agit là d'un élément de stress qui s'ajoute à leur travail », estime la ministre Goupil.
Il ne faut pas oublier non plus ceux qui travaillent avec minutie et rigueur en amont de la législation pour faire des recherches en droit civil, ni les juristes dans les services indispensables au bon fonctionnement du système judiciaire et du ministère.
« Je trouve ça difficile de lire dans les journaux que l'on discrédite le système judiciaire et les juristes qui y œuvrent. Je comprends que vous aussi vous trouviez cela difficile. C'est parce que souvent les gens ne comprennent pas toute la mécanique judiciaire. En même temps, je suis consciente que notre mission nous demande d'être à l'écoute des citoyens et citoyennes. Nous devons trouver ensemble une nouvelle façon de faire afin que la justice soit mieux comprise. [...] Je suis certaine que tous ensemble nous allons réussir vraiment à convaincre la population du caractère fondamental du travail de la justice, car le ministère de la Justice doit être au cœur de toute la justice gouvernementale », estime la ministre.
Convention collective des juristes de l'État
La ministre Goupil a rappelé que le gouvernement a signé il y a quelques semaines la première convention collective avec les juristes de l'État. « Cette convention permettra un partenariat facilitant la qualité des services rendus par les juristes de l'État. Certains juristes sont déjà familiers avec la conception de la nouvelle Loi sur l'administration publique. L'État, dans sa gestion et ses relations avec la clientèle, se transformera considérablement au cours des prochaines années. Je suis persuadée que les juristes constituent un véritable moteur de changement à cet égard. » (L. B.)
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