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Je suis sincèrement, très sincèrement heureux de constater l'esprit de corps et le dynamisme des membres de l'Association des avocates et avocats en droit familial du Québec », a déclaré l'honorable Pierre Michaud, juge en chef de la Cour d'appel du Québec, lors du souper-gala soulignant le 15e anniversaire de l'Association des avocates et avocats en droit de la famille du Québec (AAADFQ). « Vous devez revêtir à la fois le rôle d'avocat, de comptable, de psychologue et de travailleur social dans des circonstances souvent émotivement exigeantes, et je ne peux que vous féliciter », d'ajouter le juge en chef, félicitations auxquelles s'est jointe l'honorable Lyse Lemieux, juge en chef de la Cour supérieure du Québec.
« L'Association est de plus en plus active auprès du gouvernement et, de par l'expertise que possèdent nos membres en matière familiale, il est important que le législateur nous consulte... », de dire Me Françoise Dufour, présidente de l'AAADFQ |
« Il nous semblait important de prendre un temps d'arrêt pour marquer 15 ans de travail », a pour sa part souligné la présidente de l'AAADFQ, Me Françoise Dufour, qui a profité de l'occasion pour rendre hommage à Me Pierre Champagne, l'un des pionniers du droit de la famille, qui est décédé en décembre dernier.
Le souper-gala se voulait aussi un moment privilégié pour honorer le dévouement de ceux qui ont présidé aux destinées de l'Association, soit Me Hélène Sainte-Marie, présidente fondatrice, Me Yves Barron, Me Eliot Brott, Me Raymonde Lasalle, Me Marie-Christine Laberge, Me Richard Ouellette, Me Sylvie Schirm, et la présidente actuelle, Me Françoise Dufour.
« L'Association ne serait pas ce qu'elle est et ce qu'elle est devenue sans leur travail acharné », a souligné Me Nicole Gibeau, qui a animé le souper-gala en compagnie de Me Christian Dufourd.
L'événement aura été l'occasion de rappeler le rôle de l'Association, d'en tracer l'historique et de dresser, avec pertinence et humour, un bilan des récentes et nombreuses réformes législatives et réglementaires qui ont marqué la pratique du droit familial.
Dans cette optique, les membres de l'AAADFQ ont d'ailleurs présenté une pièce de théâtre toute en chanson et en humour, intitulée Notre-Drame-de-Paperasserie. Mise en scène par Stephen Francoeur, cette pièce a mis en valeur les défis que doivent surmonter les avocats autant dans les divorces contestés que dans les dossiers réglés hors cour.
Un rayonnement accru
« L'un de nos mandats est de faire en sorte de réunir tous les avocats du Québec qui pratiquent dans le domaine du droit familial et d'aider les jeunes avocats, précise Me Françoise Dufour. L'Association est de plus en plus active auprès du gouvernement et, de par l'expertise que possèdent nos membres en matière familiale, il est important que le législateur nous consulte avant de modifier une loi qui a un impact en droit de la famille », estime la présidente. Cet engagement s'est traduit récemment par une intervention active de l'Association dans les dossiers relatifs à la médiation familiale, et dans la négociation des tarifs de l'aide juridique. De plus, avec égards aux nombreuses modifications législatives et réglementaires qui assaillent la pratique familiale, l'AAADFQ présente des colloques et des activités de formation à coûts réduits pour le bénéfice de tous les avocats », rappelle Françoise Dufour.
« Je crois que nous pouvons être fiers du travail que l'Association a effectué au cours de ces quinze années et de ce que nous sommes devenus grâce aux efforts combinés de nos conseils d'administration. »
Une pratique mouvementée
« Après avoir vécu les réformes de 1980, 1982 et 1985, la réforme de 1989, avec le patrimoine familial, la réforme de 1997 pour les pensions alimentaires, le 'petit ménage' récent en procédure familiale et la mise en œuvre de nombreux formulaires et annexes requis, nous avons survécu ! », s'est exclamée avec humour Me Nicole Gibeau, lors de l'allocution d'ouverture.
« Émotions à fleur de peau, périodes de crises, abattement, vengeance, affaissement psychologique, tels sont les paramètres avec lesquels nous devons travailler avec notre clientèle, en plus de tenter de déterminer les règles de droit qui ne sont pas aussi limpides que pourrait le croire le législateur. Un avion est-il un véhicule utilisé pour les fins de la famille?, de poursuivre l'animatrice de la soirée. Mais grâce au travail et aux représentations de notre Association, nous avons pu, parfois, ramener à une certaine réalité les exigences du législateur et assouplir la mécanique et la plomberie de la pratique. Nous avons fait beaucoup de chemin mais la route est encore longue. »
Les défis de l'an 2000
« Résultat de toutes ces réformes, toute opinion juridique en droit de la famille ne peut être valide que pour une très courte période, tant foisonnent les modifications législatives et réglementaires, et les nouveaux courants jurisprudentiels », de dire Me Marie-Christine Kirouack, vice-présidente de l'Association. Soucieuse de cette réalité, l'Association offre de la formation continue à faible coût, a d'ailleurs rappelé Me Kirouack.
« S'il y a quinze ans, il était encore bon d'être avocat, notre profession a depuis perdu de son éclat et de son prestige, déplore Me Kirouack. Nombreux sont les jeunes avocats qui ont de la difficulté à gagner leur vie. Dès que nous prenons position contre telle ou telle réforme, nous sommes taxés de mauvaise foi. »
Restaurer un tant soit peu la réalité constituera le défi à l'aube de ce millénaire, estime la vice-présidente, « car bien avant que n'existe le terme de médiation, nous avions et avons toujours le plus haut taux de règlements hors cour, toute spécialité confondue. Nous avons toujours été conscients que nos clients doivent continuer à avoir une vie de famille une fois notre mandat terminé et c'est une responsabilité que nous n'avons jamais pris à la légère. »
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