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La ministre Linda Goupil honorée

Louis Baribeau, avocat

Les avocats étaient nombreux à la rentrée officielle du Barreau de Québec, le 12 septembre dernier. C'était l'occasion, pour le Barreau, la magistrature et le ministère de la Justice de faire le bilan de l'année qui vient de s'écouler, de parler des priorités pour l'année qui s'en vient et d'assister aux traditionnelles remises de médailles.

Le bâtonnier de Québec, M<sup>e</sup> Clément Samson, M<sup>e</sup> Jean Rivard, Madame la ministre Linda Goupil, M. Louis P. Giroux et M<sup>e</sup> Gaston Savard
Le bâtonnier de Québec, Me Clément Samson, Me Jean Rivard, Madame la ministre Linda Goupil, M. Louis P. Giroux et Me Gaston Savard

Le juge en chef associé de la Cour supérieure, l'honorable René W. Dionne, qui représentait la magistrature, a rappelé que l'augmentation du nombre de causes longues est passé de 115 en 1997 à 218 en 2000. Or, un blitz de causes longues, tenues en février, a donné des résultats inespérés. « Bien que nous ayons surchargé le rôle de façon appréciable, aucune cause ne fut remise et nous avons assisté au règlement à l'amiable de près de 50 % des causes fixées. Devant ce succès, nous allons récidiver en novembre et janvier prochains alors que tous les juges assignés se verront confier des causes longues », de dire le juge Dionne.

Les médailles

La Médaille du Barreau de Québec a été remise cette année à la ministre de la Justice, Me Linda Goupil, devenue le 15 décembre 1998, la première femme ministre de la Justice du Québec. Elle a accepté cet honneur au nom de toutes les femmes qui ont tracé la voie à l'accession d'une des leurs au poste de ministre de la Justice.

Me Goupil a profité de l'occasion pour annoncer que son ministère tiendra une consultation des fonctionnaires et des citoyens sur la Déclaration de service aux citoyens. Cette consultation se déroulera en application de la Loi sur l'administration publique, adoptée en mai dernier, dont l'objectif est de rendre les fonctionnaires imputables de leurs actes envers la population. Cette déclaration, précise la ministre, contiendra non pas des vœux pieux, mais des engagements concrets. « Ces engagements devront toucher aux délais d'audition, aux réponses de l'administration sur des demandes de renseignement, aux délais d'inscription de renseignements dans le registre ainsi qu'à la simplification de nos formulaires », a-t-elle précisé. La déclaration sera rendue publique en avril 2001.

La ministre Goupil a de plus annoncé, en collaboration avec le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Gilles Baril, l'injection de 500 000 $ dans les services d'expertise psychosociale à la Cour supérieure et à la Cour du Québec, chambre de la jeunesse. Le ministère de la Justice est également à évaluer les mesures qui permettront d'augmenter l'efficience de ce service.

Par ailleurs, parmi les autres prix décernés lors de la soirée, mentionnons la Médaille du Conseil du Barreau de Québec, qui à été décernée cette année à Me Jean Rivard, associé du cabinet Flynn, Rivard, Me Gaston Savard, associé du cabinet Savard, Nadeau et M. Louis-P. Giroux, huissier du cabinet Giroux et associés. Ce prix vise à souligner les 50 ans de pratique professionnelle des lauréats.

En ce qui concerne le prix Louis-Philippe-Pigeon, devant être remis à un jeune avocat ou à une jeune avocate de la région de Québec ayant contribué à l'avancement du droit ou ayant accompli un acte méritoire, aucune candidature n'a été reçue cette année au Barreau de Québec.

Portail juridique

Pour sa part, le bâtonnier du Québec, Me Ronald Montcalm a partagé plusieurs de ses préoccupations, notamment quant à l'information juridique et l'informatique. La création, a-t-il dit, d'un portail informatique au Barreau est maintenant devenu nécessaire afin d'orchestrer l'information juridique qui circule sur Internet. « Un tel portail se veut une porte d'entrée unique à une foule de services visant à simplifier la recherche d'information, la gestion de son travail par l'avocat en même temps qu'un lieu d'échange pour la communauté juridique. »

Par ailleurs, le Barreau continuera cette année de fai-re la promotion des programmes d'assurance protection juridique qui, pour le bâtonnier du Québec, sont une solution pratique et peu coûteuse à ceux qui ont besoin d'être représentés par avocat. Celui-ci demeure confiant de voir ces programmes s'implanter solidement dans la société au cours des mois et des années qui viennent.

Aussi, le bâtonnier Montcalm a réitéré sa position sur la question des tribunaux administratifs, estimant qu'il est « inconcevable que des avocats rayés du Barreau pour motifs disciplinaires puissent plaider devant cette instance ».

Enfin, à l'ère de la mondialisation, le bâtonnier du Québec estime que les avocats d'ici devraient être davantage présents sur la scène internationale : « nous devons profiter de notre double culture juridique et de notre bilinguisme pour jouer un rôle de premier plan aux niveaux national et international ».

D'ailleurs, le prochain congrès du Barreau du Québec, qui aura lieu à Montréal les 10, 11 et 12 mai prochains, sera orienté en ce sens.

Beverly McLachlin à Québec

Le bâtonnier de Québec, Me Clément Samson, et le président de la Division Québec de l'Association du Barreau canadien, Me Georges Hendy, ont le plaisir de vous informer de la visite de la très honorable Beverly McLachlin, juge en chef du Canada, le 28 novembre prochain à la salle de bal du Château Frontenac dans la cadre d'un banquet organisé conjointement par les deux organisations. Cet événement tiendra lieu du banquet annuel de la division Québec de l'Association dans la Capitale.

Infos: au Barreau de Québec: (418) 529-0301; à l'Association du Barreau canadien - Division Québec : (514) 393-9600.

Barreau de Québec vu sous différents angles

Le bâtonnier de Québec, Me Clément Samson, a particulièrement retenu l'attention lors de cette soirée en livrant un discours pour le moins imagé, notamment quant aux défis que doit faire face la profession. En ce sens, « le Barreau constitue, a-t-il dit, une tourelle d'observation privilégiée qui nous permet de scruter l'horizon ». Ainsi, différents instruments d'optique font voir la profession sous différents angles.

Dans le rétroviseur, il est possible « de s'apercevoir que ce qui est derrière nous défile à une vitesse incroyable : en peu d'années, les technologies, les regroupements nationaux et internationaux de professionnels, les nouveaux champs de droit, - par conséquent les spécialisations - et les relations internationales ont changé notre façon de travailler ou d'être ».

On peut également regarder en avant de plusieurs façons, de poursuivre le bâtonnier Samson. « D'abord dans le grand angle pour avoir une vision globale de la société. (...) Le grand angle nous présente une société à deux vitesses composée de plus riches et de plus pauvres. Une société qui, dans l'ensemble, doit budgétiser sévèrement pour avoir accès à la justice et auprès de laquelle le Barreau insiste pour qu'elle adhère à des programmes d'assurance protection juridique. Le Barreau de Québec, il y a sept ans, souhaitait la mise en place de cette assurance. Le grand angle nous présente aussi une société qui boude de plus en plus les institutions, dont celle de la justice, et qui, devant des membres de notre profession, engagés socialement et généreusement, corrige sa perception. »

À travers le périscope, il est possible « de constater les modes d'organisation des cabinets d'avocats adoptés ailleurs. On peut donc percevoir que le mode d'exercice de la profession en société en nom collectif à responsabilité illimitée n'est peut-être plus le véhicule privilégié de tous les avocats ».

Le microscope, quant à lui, permet d'examiner ce qu'il y a de plus petit : les puces. « (...) Les puces ne sont pas nécessairement des insectes nuisibles. Ce sont les puces qui ont changé notre vie et nous n'avons pas encore tout vu. Les puces nous permettent de travailler à distance. Certaines puces bien domptées obéissent déjà à notre voix. D'autres puces mangent du papier et font loger des pans entiers de bibliothèque dans l'espace occupé par un bon volume de la Cour d'appel - soyons généreux, de la Cour suprême. Sur ce dernier aspect, et comme le disait tout à l'heure le bâtonnier Montcalm, le Barreau veut apprivoiser des puces pour faire de l'information juridique un mode de transmission du savoir accessible à tous ses membres, où qu'ils soient. C'est le grand défi de l'heure. À cet égard, notre Barreau, celui de Québec, négocie des virages importants dans les trois bibliothèques que nous gérons dans les palais de justice des districts qui sont sous notre responsabilité: Québec, la Beauce et Montmagny. »

Dans la lunette d'approche, le bâtonnier de Québec voit les nouveaux passages qui s'offrent aux avocats, comme la mondialisation et les échanges internationaux. En tissant des liens avec les Barreaux de Floride, du Maine et de Versailles, « le Barreau de Québec devient dès lors une interface privilégiée pour tous ceux qui voudraient davantage asseoir des relations professionnelles durables. »

Le kaléidoscope, par ailleurs, en fait voir de toutes les couleurs dans le monde des professions. D'autres professions croisent le sentier traditionnellement emprunté par les avocats. « Les échangeurs de la multidisciplinarité n'ont pas encore tous été construits. Mais le Barreau doit rester vigilant. »

Enfin, la loupe aide à voir comment le Barreau de Québec permet de composer avec de nouveaux credo incontournables. « L'équilibre budgétaire et le développement de nouvelles sources de revenus sont autant de défis organisationnels auxquels nous nous attaquons actuellement. »

« Quel que soit l'angle, la lentille, l'objectif, de terminer le bâtonnier Clément Samson, le Barreau de Québec peut compter sur tous ceux et celles qui y consacrent généreusement du temps, qui améliorent le mieux-être de notre profession et de ses membres. Les quelque 250 bénévoles qui œuvrent ainsi au Barreau de Québec et au Jeune Barreau de Québec méritent ainsi toute notre considération. » (L. B.)

 

 
 

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