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Alors que l'humanité jette avec effroi un regard sur l'horreur de la Seconde Guerre mondiale, un avocat, montréalais d'adoption, met l'épaule à la roue. John Peters Humphrey plaide résolument la cause des hommes et des femmes et dresse la première ébauche de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Afin de mieux faire connaître cet homme exceptionnel, la Faculté de droit de l'Université McGill et le Service des archives, en collaboration avec le cabinet Borden Ladner Gervais, présentent jusqu'au 31 décembre l'exposition Citoyen du monde: John Peters Humphrey et la Déclaration universelle des droits de l'homme.
L'exposition, qui rend hommage au Montréalais d'adoption, John Peters Humphrey, se termine le 31 décembr |
Adoptée à l'unanimité par l'Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948, la Déclaration est devenue partie intégrante du droit international. Énoncé des droits inaliénables de la famille humaine, elle proclame un « idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations ». Il s'agit de l'un des premiers instruments internationaux à traduire l'équilibre entre la soif de liberté de l'être humain et le respect d'autrui. Elle reconnaît les valeurs éthique et juridique des droits économiques, sociaux et culturels des personnes et affirme leur égalité et leur interdépendance avec les droits civils et politiques.
Le doyen de la Faculté hôte, M. Peter Leuprecht, et le professeur Irwin Cotler ont salué la contribution exceptionnelle de l'architecte de la Déclaration à développer, promouvoir et protéger les libertés humaines. Me Alex K. Paterson a par ailleurs mis l'emphase sur la détermination de celui qui s'est investi dans l'essor des droits fondamentaux des hommes et des femmes.
L'exposition contient les premières versions manuscrites et dactylographiées de la Déclaration universelle des droits de l'homme |
Nommé directeur de la Commission des droits de l'homme des Nations unies en 1946, John Humphrey enseignait à l'Université McGill lorsqu'il a été invité par l'Organisation à se lancer dans cette grande aventure. Il est décédé en 1995, peu après avoir pris sa retraite de l'Université McGill.
Né en 1905 à Hampton au Nouveau-Brunswick, John Peters Humphrey poursuit ses études à l'Université McGill, à Montréal, où il obtient quatre diplômes différents. Après quelques années de pratique privée puis de recherches universitaires au Canada et en France, il devient professeur de droit à l'Université McGill en 1936.
En 1946, M. Humphrey est nommé directeur de la Commission des droits de l'homme des Nations unies. L'année suivante, il écrit un texte de 400 pages qui servira de document de travail à un comité de rédaction de huit membres en vue d'une éventuelle Déclaration, dont il rédige la première ébauche en 1946.
Le 10 décembre 1948, après de longues discussions, l'Assemblée générale des Nations unies adopte, à l'unanimité, la Déclaration universelle des droits de l'homme, qualifiée alors de « vision de ce que le monde devrait être ». Afin que cette journée historique ne soit jamais oubliée, le 10 décembre a été proclamé la Journée internationale des droits de la personne.
John Humphrey œuvre à l'ONU pendant 20 ans. Il supervise la mise en œuvre de 67 conventions internationales et la rédaction de la constitution de plusieurs pays. Il se penche sur la liberté de presse, la condition féminine et la discrimination raciale.
Après sa retraite de l'Organisation, John Humphrey revient à l'Université McGill où il consacre son temps et son énergie à l'enseignement, la promotion et la défense des droits de la personne. Il crée et préside la section canadienne d'Amnistie internationale. Il est également l'un des fondateurs et président de la Fondation canadienne des droits de l'homme (1978-1985).
Cet ardent défenseur des droits et libertés a également été vice-président de la Commission internationale des juristes, membre de la Commission royale sur le statut de la femme au Canada (1970) et membre des conseils d'administration de la Ligue internationale des droits de l'homme et de la Société québécoise de droit international.
John Peters Humphrey a multiplié les efforts pour la cause des réfugiés, des personnes sans statut et des minorités à travers le monde. Encore en 1984 à Paris et en 1985 à Rome, il est rapporteur au « Colloque sur le rôle des ministères du gouvernement canadien dans la formulation et l'implantation des droits de l'homme en politique étrangère ».
Il a participé à un nombre impressionnant de commissions d'enquêtes internationales, dont la mission aux Philippines ayant pour but d'enquêter sur les atteintes aux droits de la personne sous le régime Ferdinand Marcos.
Il a reçu la Médaille John Read (1973) puis l'Ordre du Canada (1974), « en reconnaissance de ses contributions aux études en droit et sa réputation mondiale dans le domaine des droits de la personne ». Il est le récipiendaire du prix Saul Hayes des droits de l'homme (1983) et de l'Ordre national du Québec (1985). Il a reçu un hommage d'Amnistie internationale et le Prix d'excellence du Barreau de Montréal.
À l'occasion du 40e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, il s'est vu remettre le prix des Nations unies pour les droits de l'homme aux côtés de Nelson Mandela, devenant ainsi le premier Canadien à recevoir une telle distinction.
En son honneur, le Centre international des droits de la personne et du développement démocratique octroie annuellement le Prix John-Humphrey pour la liberté.
Grand humaniste, John Peters Humphrey a célébré l'esprit humain et œuvré toute sa vie à promouvoir les droits de la personne. « Il y a un lien fondamental, disait-il, entre les droits de la personne et la paix. La paix régnera sur la terre lorsque les droits de tous et de toutes seront respectés. »
L'exposition, qui contient les premières versions manuscrites et dactylographiées de la Déclaration universelle des droits de l'homme, a lieu à la bibliothèque de droit Nahum Gelber de l'Université McGill (3660, rue Peel à Montréal) jusqu'au 31 décembre et l'entrée est libre.
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