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Ronald Montcalm
La culture de l'adaptation que prônait, en 1996, le Rapport sur l'avenir de la profession passe notamment par une diffusion la plus large possible de l'information juridique de manière équitable à tous ses membres. Cette diffusion la plus large possible est une priorité pour le Barreau du Québec et contribue à assurer à la population du Québec la disponibilité de services juridiques modernes de la meilleure qualité et les plus efficients possibles. Nul doute que cette préoccupation s'inscrit parfaitement dans la mission de protection du public de notre ordre professionnel.
Le Conseil général du Barreau approuvait, en juin 1997, les Orientations triennales 1997-2000 du Barreau du Québec, document qui contenait notamment une proposition à l'effet de transformer le Réseau des bibliothèques de droit dans les palais de justice en un centre de diffusion de l'information juridique.
À l'heure actuelle, le Réseau de l'information juridique regroupe toutes les bibliothèques de sections à l'exception de Montréal et Québec qui, elles, disposent de plus de moyens, de collections plus imposantes et d'une organisation plus structurée, tout en ayant une vocation plus locale pour le moment.
Nous n'avons d'autre choix que d'opter pour l'avenir de notre profession. Nous croyons qu'une approche « réseau », concertée et intégrée, est la meilleure façon de relever les défis auxquels la profession fait face à cet égard.
Il faut que, d'une part, l'avocat qui en rentrant au travail le matin et qui ouvre son ordinateur ait accès au maximum d'information possible. Par le biais des nouvelles technologies, une quantité extrêmement importante de données peuvent être transmises à la vitesse de l'éclair.
D'autre part, quant aux ouvrages qui ne sont pas accessibles via Internet, il faut établir un service permettant à l'avocat, qu'il soit de Trois-Rivières, Baie-Comeau ou Rouyn, d'obtenir l'ouvrage désiré dans un très court laps de temps. Toutes les régions ne peuvent disposer d'une bibliothèque comme celle de Montréal ou Québec, mais toutes peuvent bénéficier de leurs collections si une mécanique efficace est mise en place. Il faut donc implanter un véritable réseau de distribution de l'information efficace et performant, garant de l'accessibilité à la même information pour tous.
L'expérience de la Colombie-Britannique est à cet égard très instructive. Le Barreau de la Colombie-Britannique a mis sur pied, en 1975, un véritable réseau intégré géré par un seul conseil d'administration, possédant l'expertise requise, à l'image du conseil d'administration du Fonds d'assurance responsabilité professionnelle du Barreau du Québec. Ce réseau fournit des services, incluant des services de recherche et de prêt, à l'ensemble des membres de toutes les régions de la Colombie-Britannique. Les bibliothèques de ce réseau sont accessibles à toute heure du jour et de la nuit aux avocats.
Miser sur l'avenir en optant pour l'utilisation optimale du réseautage des ressources signifie concrètement:
- rendre accessible à chaque membre du Barreau du Québec l'ensemble de l'information juridique à un coût collectif moindre que le coût de maintien d'une bibliothèque de base dans chaque cabinet et même dans chaque section;
- assurer un service de recherche juridique rapide et efficace au bénéfice de tous les avocats du Québec, quel que soit leur lieu de pratique;
- diminuer les coûts d'acquisition des collections de base locales tout en spécialisant, en élargissant et en rendant disponibles rapidement les collections des grandes bibliothèques (Barreaux de Montréal et de Québec) et permettre du même coup d'investir davantage dans le développement de projets et de services de pointe (services directs aux cabinets d'avocats, référence, recherche sur bases de données, veille informationnelle, etc.);
- favoriser l'affiliation du réseau québécois avec d'autres réseaux universitaires, bibliothèques nationales, autres réseaux d'information juridique canadien, comme on l'a fait à Valleyfield avec la Bibliothèque Armand-Frappier et augmenter la clientèle et les revenus des bibliothèques au bénéfice des usagers;
- améliorer la qualité des services aux usagers et profiter des développements technologiques.
Aujourd'hui, et dans les années qui vont venir, la question importante n'est plus de savoir qui est propriétaire de l'information requise et où elle se trouve mais de l'obtenir le plus rapidement possible tout en s'assurant de sa qualité.
Pour ces raisons, notre profession doit poursuivre de façon réfléchie et planifiée le virage technologique entrepris depuis au moins cinq ans avec l'adoption du scénario Singapour, sous l'impulsion du Rapport sur l'avenir de la profession. C'est ce qu'un véritable Réseau de l'information juridique permettra de faire et ainsi seulement nous pourrons relever les défis posés par un environnement économique en pleine mutation.
Le bâtonnier du Québec,
Ronald Montcalm, c.r.
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