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Erratum (bis)

Commission des services juridique

Lynne Bernier, présidente du Syndicat des employé(e)s du centre communautaire juridique de Montréal (SECCJM)

Me Pierre Bélanger,
président de la Commission des services d'aide juridique

Madame Linda Goupil,
ministre, Ministère de la justice

La récente parution, dans le Journal du Barreau, d'une lettre ouverte signée par Me Normand Bibeau (édition du 15 mars, page 26), a attiré notre attention et, disons-le franchement, exaspéré notre humeur.

En effet, Me Bibeau relate avec brio une visite qu'il a rendue à un bureau d'aide juridique et les contrariétés administratives que doivent continuellement vivre les avocats de pratique privée lorsqu'ils ont à traiter avec l'aide juridique.

Nous ne pouvons que compatir avec lui car, étant aux premières loges du spectacle offert par tous les réaménagements administratifs de ces dernières années, nous, employées de soutien, sommes bien placées pour constater l'absurdité et le manque de vision de certaines mesures.

La centralisation du paiement des comptes d'honoraires de la pratique privée dont traite Me Bibeau n'en est qu'un exemple criant.

En effet, où est la logique de cette centralisation si le siège social de la Corporation de Montréal demeure l'intervenant entre la Commission des services juridiques qui paie les comptes, et les avocats qui attendent d'être payés? Sûrement pas une logique d'efficacité. Sûrement pas une logique de rationalisation.

Au contraire, mis à part un contrôle accru sur nos affaires, cette mesure n'a engendré que le dédoublement des tâches, des délais indus de paiement et des frustrations pour tous. Et dire que la Corporation de Montréal a dû vous sacrifier quatre de ses préposées spécialisées afin de vous permettre d'instaurer ce capharnaüm - gaspillage majeur! -

Depuis des années, nous subissons le non-remplacement et des coupures de pos-tes. Depuis le même nombre d'années, nous devons vivre un fardeau de tâches accru par la Réforme de la Loi d'aide juridique. Depuis des années, depuis 1996 plus exactement, nous attendons toujours que les choses « se tassent » tel que promis à la suite des changements amenés par cette réforme.

Les nouvelles méthodes d'ouverture de dossiers et de contrôle devaient épargner temps et argent. Au lieu, nous nous trouvons à ouvrir nos dossiers en double ou en triple selon qu'ils sont « conditionnels », « admis » ou « refusés » avec ou sans consultation ou réadmis après refus... Ça n'en finit plus. Pour en arriver à quoi? Certainement pas à un meilleur résultat.

En même temps que cette réforme, est venue la Loi 104, qui suivait de peu le Loi 102, deux lois de coupures et de non-remplacement. Ça fait quatre ans, bientôt cinq, que nous fonctionnons à personnel réduit avec les outils informatiques que nous savons.

Depuis, le nombre de burn-out et autres maladies reliées au travail ne se compte plus. Nous sommes rendues au stade du burn-out au carré: c'est-à-dire les burn-out causés par des absences pour burn-out non remplacées... faut le faire!

L'ergonomie de nos installations n'est pas étrangère à tous ces problèmes de santé non plus. Les écrans montés sur des bottins téléphoniques ou des imprimantes sur le plancher ne sont que quelques détails qui semblent comiques lorsque relatés mais plus personne (sauf peut-être nos directeurs) n'ignore les problèmes engendrés par ce genre de situations.

Aurez-vous un jour l'illumination qui vous fera réaliser le coeur que chacune de nous met au travail malgré tout? Verrez-vous un jour l'importance du soutien pour la bonne marche de notre institution?

Nous ne voulons qu'être en mesure d'assurer les meilleurs services possibles autant à notre clientèle bénéficiaire qu'aux avocats permanents comme privés mais, mal équipés comme nous le sommes (vous vous souviendrez que nous avons une demande au sujet de l'ergonomie, indigne de considération semble-t-il) et handicapées en permanence par les absences de plus en plus fréquentes de nos consoeurs, on ne sait plus trop comment faire.

Nous dénonçons le gaspillage éhonté dont nous sommes témoins quotidiennement. Combien de millions ont été dépensés en équipements informatiques mal adaptés (et toujours inadaptés selon toute évidence); en recours à des services de professionnels extérieurs, avocats et autres, plutôt qu'aux ressources internes; en colloques et autres dépenses douteuses, le tout au détriment du budget d'embauche du personnel de soutien sous le prétexte des « enveloppes budgétaires non communiquantes »?

À quoi vous servira votre argent quand le coeur, le sang de votre machine refusera de la faire marcher?

Vous avez eu le 8 mars dernier, par notre journée de grève, un petit aperçu de ce que serait la vie sans coeur, sans soutien. Constatez enfin le rôle important qui est le nôtre, évaluez de bonne foi le coût de nos demandes qui sont loin d'être exorbitantes ou outrancières, mettez le tout contre vos objections économiques dans la balance de la Justice et vous verrez de quel bord elle penchera.

Lynne Bernier
présidente du Syndicat des employé(e)s du centre communautaire juridique de Montréal (SECCJM)

NDLR - Par deux fois (1er avril page 30 et 15 avril page 23) nous avons publié, bien involontairement, une lettre de Me Pierre Bélanger contenant une erreur modifiant le sens du texte. Nous tenons à nous excuser auprès de Me Bélanger et publions, ci-dessous, le texte intégral de la lettre qu'il nous faisait parvenir il y a quelque semaines.

J'ai pris connaissance de la lettre de Me Normand Bibeau publiée dans l'édition du Journal du Barreau du 15 mars 2000. Il fait mention dans celle-ci de plusieurs éléments auxquels je me dois d'apporter des réponses.

Il est vrai que depuis plusieurs années la Commission des services juridiques a eu de la difficulté à respecter le délai de paiement de 45 jours prévu au règlement, au prix de coûts importants en intérêts et surtout pénalisant ainsi le nombre grandissant d'avocats de la pratique privée qui facturent l'aide juridique.

C'est pourquoi depuis mon entrée en fonction en juillet dernier, la nouvelle direction de la Commission a pris l'engagement ferme de régler ce problème d'une façon définitive. C'est un droit pour les avocats participants de la pratique privée d'être payés d'une façon régulière.

En novembre dernier, la Commission a rapatrié à ses bureaux, la totalité de la responsabilité du paiement des comptes de la pratique privée.

Il faut comprendre qu'avant cette date, le Centre communautaire juridique de Montréal procédait au paiement de ses comptes, alors que la Commission s'occupait du paiement pour les autres régions du Québec. Nous visons par cette opération une meilleure uniformisation et une plus grande informatisation du traitement des comptes. Depuis novembre dernier, la Commission a donc vu du jour au lendemain une augmentation de 40 % du nombre de relevés d'honoraires à traiter. La Commission voit maintenant au traitement annuel de près de 107 000 relevés d'honoraires. Nous savions que la transition serait difficile et nous avons pris toutes les mesures nécessaires afin de minimiser autant que faire se peut les impacts pour les avocats de pratique privée.

À ce jour, nous avons en grande partie résorbé notre retard et nous ne ménageons aucun effort pour garantir aux avocats de la pratique privée, et ce d'une façon définitive, un paiement régulier et constant de leurs relevés d'honoraires.

Notre régime d'aide juridique est basé sur une collaboration et un partenariat entre son réseau permanent et sa composante privée. La Commission considère essentiel que tous se sentent écoutés et respectés.

Le président,

Me Pierre Bélanger