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Francis Gervais
Le 12 mai dernier, lors de leur assemblée générale annuelle, les membres du Barreau du Québec présents ont approuvé par une très forte majorité la résolution visant à permettre une augmentation de 300 $ de la cotisation annuelle du Barreau du Québec spécialement affectée au Centre d'information juridique, suivant en cela les décisions qui ont été prises lors des assemblées annuelles des sections du Barreau. Ils ont ainsi eu foi dans la vision de la distribution de l'information juridique que leur proposait le Barreau. C'est une marque de confiance et le Barreau les remercie.
Ce vote marque un point tournant dans la démarche entreprise il y a déjà quelques années. Malgré la transformation de l'ancien Réseau des bibliothèques de droit en un Réseau de l'information juridique, il est vite devenu évident que la seule voie de solution pour doter tous les avocats du Québec, peu importe leur lieu de pratique, d'un accès rapide et efficace à une information juridique de qualité, était la mise en commun de toutes les ressources tant documentaires qu'humaines.
Ainsi, dans un geste historique, le Réseau de l'information juridique comprenant l'ensemble des sections locales ainsi que le Barreau de Montréal, le Barreau de Québec, le Barreau du Québec et l'Association des avocats et avocates de province ont convenu, le 19 avril dernier, de céder toutes leurs ressources matérielles à une nouvelle entité, le Centre d'information juridique du Québec.
Cette mise en commun des actifs, des énergies et des ressources leur est apparue essentielle et cruciale au maintien de la qualité des services fournis par tous les avocats. Tous ont compris que l'ère de la propriété de l'information est révolue et que la multiplication des sources d'information a entraîné le principe de l'accès à l'information.
En augmentant les ressources, tant humaines et financières que matérielles, et en utilisant de façon optimale le réseautage et l'utilisation des nouvelles technologies, le Barreau sera en mesure d'offrir aux membres un véritable retour sur leur investissement. Cette nécessité de mettre en commun des ressources des différentes bibliothèques se fait également sentir à d'autres niveaux. Ainsi, un bibliothéconomiste, monsieur François Séguin, écrivait récemment dans un grand quotidien québécois au sujet des bibliothèques des municipalités fusionnées de la région de Montréal qui font face à une problématique analogue à la nôtre, soit le choix entre la mise en commun ou la décentralisation1:
« Au regard des ressources dont elles disposent, deux facteurs caractérisent actuellement les bibliothèques de l'île: l'inégalité des moyens et globalement leur relative pauvreté par rapport aux bibliothèques des grandes agglomérations canadiennes (...). L'intégration des bibliothèques dans un réseau unique (...) est le passage obligé vers des services de meilleure qualité et à moindre coût. »
Tous ont convenu d'ailleurs que le succès de la nouvelle entité est tributaire d'un financement adéquat permettant à la fois le maintien des acquis et un virage rapide vers les nouvelles technologies.
Il ne faut d'ailleurs pas perdre de vue que le montant de 300 $ de cotisation doit être apprécié en tenant compte de deux éléments:
Forts de la confiance que les membres nous ont témoignée, nous devons maintenant relever nos manches et nous mettre à l'œuvre pour offrir un produit à la hauteur de vos attentes.
Les premières tâches qui attendent le conseil d'administration provisoire de la nouvelle entité seront, premièrement, de définir le profil des administrateurs de la nouvelle structure et de les recommander d'ici le 15 août prochain selon la volonté des partenaires de doter l'entité d'un conseil d'administration composé de trois avocats (Montréal, Québec et province) et aussi de six membres issus de la communauté d'affaires ayant des expertises pertinentes aux différentes activités de l'entité.
Par la suite, ils auront à se pencher sur la formation de la direction générale et des cadres pour réaliser une mise en opération, le 1er septembre 2001.
Nous sommes conscients d'avoir demandé beaucoup: nous n'avons plus le choix, il faut maintenant « livrer la marchandise ».
Le bâtonnier du Québec,
Francis Gervais
1 La Presse, 7 mai 2001
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