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M. Paul H. Brochu, récipiendaire du Mérite du Barreau

Instigateur des succès du FARPBQ

Indragandhi Balassoupramaniane, avocate

M Paul H. Brochu est l'un des trois récipiendaires du Mérite du Barreau 2001, prix qui lui a été remis par le bâtonnier Ronald Montcalm le 12 mai dernier, dans le cadre du Congrès du Barreau du Québec. Bien que non avocat, la contribution de Paul Brochu à la cause du Barreau fut plus que bénéfique pour l'ensemble de la communauté juridique. Cette reconnaissance lui revenait donc de droit.

Me Guy Gilbert, ancien bâtonnier et fondateur du Fonds d'assurance responsabilité professionnelle du Barreau du Québec (FARPBQ), a salué en Paul Brochu l'homme qui incarne la réussite avec un grand R: « Tout d'abord, je salue en vous l'homme d'affaires qui, en 20 ans de présidence au sein de l'Union canadienne, a su donner à cette jeune entreprise, des assises fermes et la faire rayonner sur le plan international. Un mot résume toutes les étapes de ces 30 premières années de votre carrière: réussite. L'autre dimension de votre carrière a trait à votre implication sociale. Non satisfait de donner à vos entreprises le succès que l'on sait, vous avez pris le temps de vous consacrer, et ce de manière bénévole, à un certain nombre d'œuvres. Encore là, je salue en vous une réussite. Votre dévouement à la cause sociale vous vaut la reconnaissance d'un grand nombre de personnes, dont les avocats du Québec, qui ont raison, plus que tant d'autres, de saluer aujourd'hui vos mérites par votre exceptionnelle contribution au sein du Fonds. M. Paul Brochu, puisse ce Mérite, que le bâtonnier Montcalm va lui-même vous remettre, témoigner de notre appréciation indéfectible pour vos loyaux services au conseil d'administration et à la présidence du Fonds d'assurance responsabilité professionnelle du Barreau du Québec. »

C'est avec beaucoup d'humilité que Paul Brochu a reçu le Mérite du Barreau 2001: « Comme je l'ai lu dans les documents d'origine du FARPBQ, c'est grâce à vous tous, bâtonniers successifs et autres proches collaborateurs, que la structure corporative, juridique et administrative du Fonds a été établie de si juste façon. Solidement appuyé par le Barreau et entouré d'administrateurs et d'une direction générale compétente, j'avais en main les principaux éléments pour donner au FARPBQ les orientations stratégiques qui m'apparaissaient nécessaires et opportunes et qui s'inscrivaient dans la mission du Barreau. Je pense que mes collègues du conseil et de la direction générale ont rempli eux aussi leur mandat avec la même ardeur (...) Mais avant tout, ce qui m'avait motivé, c'est le respect que j'éprouve pour votre profession. J'ai côtoyé, dans ma vie, nombre de professionnels. Or, celles et ceux du droit transcendent carrément par leur compétence et leur rigueur. En me remettant ce Mérite du Barreau, je me permets de penser que vous reconnaissez en moi les belles valeurs qui vous honorent. C'est un des plus beaux honneurs de carrière et même de vie et je vous en sais gré profondément. »

Une carrière en assurance

Fort d'une maîtrise en sciences commerciales obtenue à l'Université de Laval en 1957, Paul Brochu oriente sa carrière vers les métiers d'assurance et, en 1963, intègre l'Union canadienne pour y occuper successivement les postes de secrétaire corporatif, contrôleur et président directeur général, fonction qu'il assumera de 1975 à 1994. Après cette période, M. Brochu se retire du monde des assurances pour se consacrer à la structuration corporative d'une entreprise familiale, le Groupe Brochu-Lafleur, spécialisé en intégration agro-alimentaire.

En plus de ses responsabilités de pdg, Paul Brochu a mené, en parallèle, diverses activités. Il a notamment dirigé plusieurs organismes techniques et de représentation dans l'industrie des assurances au Canada et à l'étranger, tels que le Groupement technique des assureurs, l'Association panaméricaine de cautionnement, le Conseil du patronat ainsi que le Fonds d'assurance responsabilité professionnelle du Barreau du Québec (FARPBQ). Nommé administrateur du Fonds en 1995, il en devient président l'année suivante, jusqu'en mars 2001.

Contribution exceptionnelle au FARPBQ

Sa contribution au Barreau du Québec a été fort bénéfique pour l'ensemble de la communauté juridique. Pour Me René Langlois, directeur général du FARPBQ, « Paul Brochu a savamment pris les rennes du conseil d'administration en 1996. À cette époque, le Fonds comptait un actif de 76 millions $ et 44 millions $ de capitaux propres; un peu avant la fin de son mandat, soit quatre ans plus tard, le Fonds avait un actif de 117 millions $ et 77 millions $ de capitaux propres, une croissance de 54 %, ou encore de 92 % si on considère les capitaux propres, ce qui est énorme! Les assises financières du Fonds sont aujourd'hui solides et suffisantes pour permettre à nos membres de bénéficier de la meilleure garantie possible au meilleur coût: c'est-à-dire rien. Nous sommes les seuls en Amérique du Nord, voire dans le monde, à pouvoir offrir une garantie de 5 millions $ sans franchise et sans cotisation ».

En fait, le succès du Fonds d'assurance responsabilité s'inscrit dans un schéma d'ensemble caractérisant la carrière de M. Brochu, qui possède des qualités exceptionnelles de gestionnaire. Il est, en effet, capable de transformer de petites sociétés en grande compagnies nationales, voire internationales. Raymond Medza, proche ami de Paul Brochu, qui a été directeur au Groupement d'assurance au Canada, raconte ainsi son parcours professionnel: « Quand Paul est entré dans l'Union canadienne, ce n'était qu'une petite structure très modeste. Paul en a fait un grand groupe puissant. Après avoir réalisé une OPA sur l'Union canadienne afin d'en prendre le contrôle, il a conclu une entente avec un assureur français, les Mutuelles du Mans, afin de donner à l'entreprise un rayonnement international. Il a également fusionné l'entreprise avec Industriel Alliance pour en faire le groupe Unindal, un holding d'assurance. Toutes ces opérations constituaient une grande performance en soi. »

M. Brochu a renouvelé le même exploit au niveau de son entreprise Brochu-Lafleur: « La société Brochu-Lafleur était une petite société familiale en agro-alimentaire qui, comme les autres entreprises québécoises œuvrant dans ce domaine, avait du mal à percer à cause de la vive concurrence extérieure. Paul a néanmoins réussi à mettre cette entreprise sur l'échiquier mondial. Aujourd'hui, elle est présente dans le monde et fait beaucoup d'exportations vers les États-Unis », poursuit Raymond Medza.

Un homme généreux, dévoué et intègre

Sur le plan personnel, Paul Brochu a de grandes qualités humaines et les témoignages sont unanimes à ce sujet. Pour Me Langlois, « c'est une personne dévouée et généreuse. Sans être avocat, il a donné beaucoup au FARPBQ, sur une base presque bénévole, et ce sont les avocats qui en profitent aujourd'hui. C'est un homme loyal, charmant, un vrai gentleman. »

« C'est un homme agréable, liant, disponible pour ses amis, un bon vivant qui sait profiter de la vie à chaque instant, estime pour sa part Raymond Medza. C'est un gars extraordinaire, une des personnes marquantes de ma carrière. »

Mais un des traits les plus remarquables de sa personnalité, et qui a sans doute contribué à la réussite de ses entreprises, est son engagement et son intégrité vis-à-vis d'une cause. Pour Sébastien Allard, son prédécesseur à la présidence du conseil d'administration du FARPBQ, « c'est une personne engagée, entière, passionnée. Il va au fond des choses, il ne va pas entreprendre quelque chose sans avoir maîtrisé le domaine. Il s'est investi dès le début en tant qu'administrateur du conseil d'administration et il n'a rien négligé pour tout apprendre. C'est pourquoi, je n'ai pas hésité à le recommander à la présidence. Je trouve qu'il a rempli sa mission avec excellence car le FARPBQ est aujourd'hui un succès à tous les égards. » *

Récipiendaires antérieurs

En créant le prix du Mérite du Barreau en 1989, le Barreau a voulu souligner l'accomplissement d'un haut fait professionnel de certains membres de la communauté juridique, leur réputation professionnelle, leur dévouement à la cause du Barreau, leur engagement dans la défense des intérêts de la justice ou la reconnaissance de leur engagement social. Le Mérite peut aussi être attribué à des non-juristes qui ont contribué à la cause de la justice en général.

Le Mérite est une œuvre de la joaillière québécoise Claudette Hardy-Pilon.

Les récipiendaires antérieurs du Mérite du Barreau ont été Me Marcel Bélanger, c.r. (1989); Me Guy Landry (à titre posthume) et Me Micheline Audette-Filion (1990); Me Yves Lafontaine et, à titre posthume, Me Florence Seymour-Bell, c.r., et Me Elizabeth C. Monk, c.r., ainsi que Madame Annie MacDonald Langstaff (1991); le juge Jules Allard, j.c.s., le juge Paul Vézina, j.c.s. et M. André Moisan (1992); Me Paul Laflamme et Me Jean-Claude Sarrazin et M. Germain Harvey (1994); à titre posthume Me J. Arclen Blakely, c.r., (1995); le juge Michael Sheehan, j.c.q., et Madame Jeannine Tellier-Cormier (1996); le juge Louis Rochette, j.c.s. et Me Raymond Clair et Me Claude Champagne (1998); Me François Lajoie et Me Marcel Dubé (1999); et Me Jacques Lemay, Me Casper M. Bloom et Me Georges Emery (2000).

Exceptionnellement en 1993, le Barreau a décerné son Mérite aux 234 personnes qui l'ont représenté en participant, au cours des quelque 25 années précédentes, aux travaux sur la réforme du Code civil du Québec.

 

 
 

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