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Le législateur, une étymologie liée à la loi!

Isabelle Huard

Jean-Jacques Rousseau affirmait que « Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n'ont rien », tandis qu'Hugo Grotius était d'avis que « La loi nous oblige à faire ce qui est dit et non ce qui est juste ». Lorsque l'on pense aux termes relatifs à la législation, on ne peut que s'en remettre à la loi.

Ainsi, les termes législateur et législatif sont formés à partir de deux éléments latins: un nom lex, legis signifiant « loi » et une forme verbale latum qui signifie « porter, présenter ». D'après son étymologie, ce mot désigne donc une personne qui présente des lois. Le législateur, donc, est celui qui donne des lois à un pays et à un peuple.

Le mot législatif a également rapport à la loi, en ce sens qu'il est chargé de faire les lois: on parlera de ce qui émane du pouvoir législatif, d'un acte législatif.

Au niveau philosophique, les facultés législatives sont les facultés de l'esprit qui, dans le système de Kant, régissent les autres facultés, qui leur font la loi: par exemple la raison, qui règle les actes de la volonté.

La législation, quant à elle, est l'ensemble des lois qui régissent toutes les branches d'un domaine déterminé (législation familiale, législation maritime, législation criminelle). Kant complétera son raisonnement en admettant que la législation est « l'influence exercée par une faculté de l'esprit sur d'autres facultés ».

Plusieurs autres termes prennent leurs racines au même endroit: on peut penser ainsi à légitime (conforme au droit, à la justice, à l'équité, à la raison), à législature (période pour laquelle est élue une assemblée législative), à légitimement (d'une manière légitime) ou encore à légiste (celui qui connaît, qui étudie les lois).

En 1776, un ouvrage intitulé De la législation ou Principes des lois, écrit par l'abbé de Mably à Amsterdam, eut un grand retentissement. Dans cet ouvrage, l'auteur considérait que la nature, amenant l'homme vers le bonheur, était le principe de la législation. Il soutenait que la communauté des biens serait le régime idéal, que la propriété engendrerait l'avarice et l'ambition et qu'elles seraient en réalité les ennemies de l'égalité. C'est ici qu'interviendrait le législateur, qui devrait les combattre en s'inspirant de bonté dans la confection des lois et non pas en faisant appel à la peur pour diriger les hommes. Souhaiterions-nous revenir aujourd'hui au système de Mably? Cela reste à voir!

Sources : Larousse du XXe siècle, site Internet de proverbes et citations (www.multimania.com/suisse/proverbes.htm), site Internet du Collège Rabelais-Blois 41.

 

 
 

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