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Je sais que je ne surprendrai personne en traitant ici de la protection juridique des consommateurs au Québec et de la nécessité, devenue urgente sur le plan social, de nous adapter aux réalités des nouveaux marchés commerciaux. Tant pis pour l'effet de surprise. Mais on conviendra néanmoins qu'il s'agit là d'un sujet d'une grande importance pour des millions de Québécois.
La protection des consommateurs est une préoccupation sociale fort ancienne, mais qui est devenue importante dans les interventions gouvernementales en Amérique du nord seulement depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Ce désir collectif de protéger les acheteurs de biens et de services vient de la constatation très simple que les consommateurs, pris individuellement, n'ont ni la force économique ni les connaissances leur permettant de négocier sur le plan contractuel d'égal à égal avec les fournisseurs de biens et de services, surtout dans les secteurs des biens et des services essentiels. L'intervention des pouvoirs publics, sous une forme ou une autre, a donc été en s'accroissant et elle a été vue de plus en plus comme une nécessité. Les programmes d'intervention se sont multipliés. Il ne fait pas de doute maintenant que l'émergence de cette préoccupation sociale a été très étroitement liée chez nous au phénomène de l'urbanisation et à la montée en importance des classes moyennes - essentiellement les cols bleus et les cols blancs - syndiqués pour la plupart, urbanisés et bénéficiant de plus en plus d'emplois stables à partir des années 50. Confortés par leur nouvelle stabilité relative, les membres de la classe moyenne pouvaient s'intéresser, avec la hausse marquée des niveaux de vie de cette époque, au moins autant à leur qualité de vie comme consommateurs qu'à leurs conditions de travail comme salariés. Du jamais vu auparavant.
Durant la période de 1946 à 1970, cette volonté collective de protéger les consommateurs a d'abord été marquée au niveau politique par une foule d'interventions non coordonnées dans plusieurs secteurs de l'activité économique liés à la consommation. La nécessité pratique d'organiser certaines interventions autour d'organismes spécialisés en protection des consommateurs n'a en fait été reconnue qu'en 1967 par le gouvernement du Canada, avec la constitution du ministère canadien de la Consommation et des Corporations et, en 1971, par le gouvernement du Québec lors de la mise sur pied de l'Office de la protection des consommateurs. Cette création d'un organisme ayant une vocation large et identifié à la seule protection des consommateurs fut un réel succès au Québec. L'Office de la protection des consommateurs jouit depuis d'une grande notoriété et l'organisme est vu dans la population comme la véritable figure de proue de l'ensemble des organismes de protection des consommateurs.
Il y aura bientôt 30 ans, le 14 juillet 1971, le Québec sanctionnait sa première loi sur la protection des consommateurs au Québec. Cette loi fut remaniée en profondeur en 1980 et modifiée de façon ponctuelle à plus de 40 reprises depuis. De nombreuses lois à vocation sectorielle, et qui visent la protection des consommateurs, se sont ajoutées pendant ce temps. Une mise à jour complète doit être effectuée. M. le ministre des Relations avec les Citoyens et de l'Immigration du Québec, Joseph Facal, a annoncé il y a quelques jours que la Loi sur la protection du consommateur (LPC) sera réexaminée en profondeur dans les prochains mois. Il s'agit là d'une excellente nouvelle qui se trouve justifiée à notre avis par de nombreuses raisons:
Dans sa jeune trentaine, la Loi sur la protection du consommateur doit être revue en profondeur. On doit garder toute sa pertinence et son efficacité à cette loi qui a fait la preuve de son importance au cours des années et qui fait partie en quelque sorte du contrat social qui nous unit tous.
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