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Les priorités du président de l'ABC, Eric Rice

Accessibilité et développement professionnel

Marius Marin

Réunis à Saskatoon du 11 au 15 août dernier dans le cadre de leur réunion annuelle, les membres de l'Association du Barreau canadien (ABC) ont élu Eric Rice, de Vancouver, à la tête de l'organisation. Le nouveau président a annoncé que le développement professionnel des juristes et l'accès à la justice pour tous les Canadiens seraient les priorités de son mandat présidentiel.

Le nouveau président de l'ABC, Eric Rice
Le nouveau président de l'ABC, Eric Rice

« Les changements rapides qui surviennent dans notre société -- et surtout ceux qu'entraîne la technologie --ont obligé les juristes à se concentrer davantage sur leur développement professionnel et leur formation. J'aimerais que l'ABC s'efforce d'aider les juristes à aiguiser leurs compétences et connaissances tout au long de leur cheminement professionnel », de dire le nouveau président de l'ABC dans un communiqué.

Au cours de son mandat, Eric Rice mettra l'accent sur le développement professionnel dans plusieurs secteurs, notamment l'expansion des occasions de réseautage et du mentorat, l'apprentissage continu des juristes, le recours à la technologie comme ressource, la création d'un environnement propice à la diversité et le positionnement de la profession juridique sur la carte de l'avenir.

Le nouveau président considère par ailleurs l'accès à la justice comme un droit fondamental pour tous les Canadiens et les Canadiennes. « Nous vivons dans une culture qui a prospéré depuis plusieurs années en se fondant sur la croyance en la liberté et la responsabilité individuelles. Toute personne dispose de droits essentiels de base pour lesquels il a fallu lutter et qui sont à présent solidement enchâssés dans notre Constitution. Ils comprennent le droit d'être représenté par un avocat ou une avocate dont le devoir de loyauté et de confidentialité absolues est protégé par la loi. »

Eric Rice a exercé comme avocat-plaidant pendant plus de 25 ans. Admis au Barreau de la Colombie-Britannique en 1974, il est avocat associé chez Froh May & Rice, à Richmond (C.-B.) depuis 1978. M. Rice se charge d'un vaste éventail de conflits de nature commerciale dans le cadre d'une pratique axée sur les litiges commerciaux et corporatifs. Il a obtenu un baccalauréat ès arts de l'Université de la Saskatchewan en 1968, un baccalauréat en droit de l'Université de Dalhousie en 1971 et une maîtrise de la London School of Economics en 1972. Il a été nommé conseiller de la Reine en 1992.

Prix Hnatyshyn

L'Association du Barreau canadien a par ailleurs profité de son congrès pour décerner ses prix annuels.

Parmi les hommages décernés, soulignons le Prix national pour le droit Ramon-John-Hnatyshyn, qui a été attribué au juge Jean-Luc Dutil, de la Cour du Québec. Établi par le gouverneur général de l'époque en 1993, ce prix récompense une contribution exceptionnelle au droit et au savoir juridique au Canada.

« Tout au long de sa carrière juridique, M. le juge Dutil s'est efforcé d'améliorer notre système juridique; il a notamment joué un rôle de pionnier afin que les communautés autochtones et nordiques puissent bénéficier d'une justice viable et accessible », de rappeler la présidente sortante de l'ABC, Daphne Dumont. « Son engagement profond s'ajoute aux contributions exceptionnelles qu'il a apportées tout au long de sa vie. »

En sa qualité de défenseur public du concept de justice réparatrice, le juge Dutil a joué un rôle crucial pour promouvoir une approche de la justice qui cherche à s'écarter de l'incarcération comme solution traditionnelle pour les infractions individuelles et privilégie les solutions communautaires pour résoudre des problèmes de nature communautaire. Ces mesures s'avèrent moins coûteuses, plus efficaces et sont davantage susceptibles de briser le cycle de la récidive.

Le juge Dutil a obtenu un diplôme LL.B. (bachelier en droit) de l'Université Laval en 1954. Nommé conseiller de la Reine en 1974, il est devenu juge à la Cour du Québec un an plus tard. Son engagement envers les affaires autochtones date de 1990 et il fut l'instigateur principal du développement de la justice communautaire et dans l'adoption de mesures légales tout à fait respectueuses des coutumes et traditions des peuples autochtones et inuit.

Il a occupé le poste d'administrateur de la Northern Justice Conference et est conseiller et membre fondateur du Réseau de formation sur la justice autochtone, un réseau de bénévoles qui établit les communications entre le système de justice actuel et les communautés autochtones.

Prix Les assises

Le Prix Les assises Bertha-Wilson a par ailleurs été décerné au juge René Dussault, de la Cour d'appel du Québec. Ce prix vise à rendre hommage aux réalisations exceptionnelles d'une personne qui s'est vouée à promouvoir l'égalité dans la profession juridique, la magistrature ou la communauté juridique au Canada, récompensant la mise en œuvre d'un projet d'envergure nationale en vue de promouvoir l'égalité et/ou d'apporter une contribution aux questions de race, de handicap, d'orientation sexuelle ou à toute autre question relative à la diversité au sein de notre société. « M. le juge Dussault a consacré toute sa carrière à promouvoir les questions d'égalité et de justice civile. Et le temps et les efforts qu'il a investis durant toute la période de ses fonctions de coprésident de la Commission royale sur les peuples autochtones témoignent de sa force et de sa détermination exceptionnelles », de dire Daphne Dumont dans un communiqué.

Outre les nombreux articles qu'il a rédigés sur les questions d'égalité pour les autochtones, sa participation à la Commission royale sur les peuples autochtones a duré cinq ans et abouti à un rapport final qui constitue l'analyse la plus concise et la plus exhaustive jamais publiée sur les questions relatives aux peuples autochtones. Ce rapport permettra de redéfinir les relations entre le Canada et les peuples autochtones au cours des prochaines années. Le juge Dussault, de Sillery, a obtenu son diplôme en droit de l'Université Laval en 1962 puis un doctorat de la London School of Economics and Political Science en 1965. Tout en occupant les fonctions de conseiller juridique auprès de la Commission d'enquête du Québec sur la santé et le bien-être social, il a également été professeur de droit et directeur des hautes études à la Faculté de droit de l'Université Laval, de 1966 à 1970. L'expérience acquise en qualité de ministre des Affaires sociales du Québec, de 1970 à 1973, et président fondateur de l'Office des professions du Québec de 1973 à 1977, l'a mené aux fonctions de sous-ministre du ministère de la Justice du Québec de 1977 à 1980. Il a en outre été professeur à temps plein à l'École nationale d'administration publique à Québec, de 1980 à 1989, premier titulaire de la chaire Bora Laskin de droit public à la Faculté de droit Osgoode Hall, de 1983 à 1984, et avocat-conseil pour le cabinet Kronström, McNicoll, Desjardins, Parent & Villeneuve, de 1982 à 1989. En 1989, il était nommé juge à la Cour d'appel du Québec.
M. le juge Dussault est devenu membre de la Société royale du Canada et a reçu la médaille du Barreau du Québec en 1987, il a été lauréat du Prix du Conseil interprofessionnel du Québec en 1991, d'un doctorat honorifique en droit de l'Université York en 1992 et de l'Université Dalhousie en 1997, et enfin, il a reçu la médaille Vanier de l'Institut public d'administration du Canada en 1998.


Prix Robert-V.A.-Jones

Le Prix Robert-V.A.-Jones des conseillers et conseillères juridiques d'entreprises a été attribué à Me Alphonse Giard, de Montréal. Cet hommage, créé à la mémoire de Robert Jones, directeur exécutif de l'Association canadienne des conseillers et conseillères juridiques d'entreprises (ACCJE) pendant 11 ans, récompense une contribution exceptionnelle apportée au développement ou à la promotion du barreau ou de la communauté des conseillers et conseillères juridiques d'entreprises au Canada, par le biais d'articles ou de recherches approfondies dans ce secteur du droit.

« Tout au long de sa carrière, Alphonse a été un véritable visionnaire et assumé un rôle de chef de file. Il a apporté une contribution remarquable à la profession juridique et, ce faisant, a rehaussé la visibilité des conseillers et conseillères juridiques d'entreprises au sein de la profession juridique et le milieu des affaires au Canada », rappelle David O'Brien, président de l'ACCJE.

Actuellement conseiller juridique pour le cabinet Ogilvy Renault, Alphonse Giard a consacré 35 ans de sa carrière comme conseiller interne pour le Canadien national (CN). Il a occupé le poste d'avocat général pour le CN, de 1983 à 1993 et de 1993 à 1996, assumant successivement les fonctions de vice-président, de secrétaire de la société et de membre du comité exécutif.

Au cours de son mandat, il a administré le plus grand service de contentieux du Canada, joué un rôle décisif dans l'offre publique d'achat la plus importante de l'histoire du Canada et élaboré une politique de régie d'entreprise tout à fait innovatrice pour la société. Il a également été un ardent défenseur de l'ACCJE comme de l'Association du Barreau canadien et a été invité comme conférencier à de nombreux programmes de développement professionnel et de formation juridique permanente.

Alphonse Giard a obtenu un B.A. du Séminaire de philosophie à Montréal, en 1959, et sa licence en droit de l'Université de Montréal, en 1961. Il a été admis au Barreau du Québec en 1962.

 

 
 

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