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Bien que l'édifice n'ait pas encore été « livré » officiellement par son maître d'œuvre, la Société immobilière du Québec, c'est avec beaucoup de fierté que le juge en chef adjoint Michel Jasmin nous a fait découvrir les superbes locaux de la Chambre de la jeunesse du district de Montréal, sis au 410, rue Bellechasse Est, dans le quartier Rosemont. « C'est ma vie! », s'exclamera-t-il au terme de notre visite guidée de « son » palais de justice.
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Il est vrai que les problèmes de construction et, par conséquent, les délais de livraison se sont multipliés au cours des dernières années. Mais le juge Jasmin en a vu d'autres. Les premières ébauches du nouveau palais de justice datent de 1986. Il s'agissait de revoir tout le concept de la Chambre de la jeunesse de Montréal parce que les locaux de l'époque étaient « tout à fait inadéquats pour les justiciables ». En 1990, le gouvernement suspend le projet mais change bientôt d'avis. « Nous avons fait venir les gens du Conseil du Trésor ici pour les convaincre », raconte-t-il.
Les travaux de rénovation et de construction de l'immeuble datant des années 50 ont débuté en 1995 et devaient se terminer en mai 1997. Ce n'est qu'un an plus tard que les nouvelles salles d'audience seront utilisées pour la première fois. En 1998, l'édifice conçu par la firme d'architectes Ruccolo, Faubert, Petrone reçoit un Prix orange de l'organisme Sauvons Montréal.
« Dès le départ, on a décidé de créer un palais de justice entièrement dédié aux jeunes, explique le juge Jasmin. Et dans le développement du projet, notre préoccupation première a toujours été le justiciable. »
Cette préoccupation s'est reflétée dans le choix des matériaux et la conception des aménagements. À l'intérieur de l'édifice, c'est la qualité de la lumière, résultat de l'abondance des fenêtres, qui retient d'abord l'attention. « Toutes les personnes qui circulent dans l'édifice ont une vue sur l'extérieur. » L'agencement des couleurs de terre et des couleurs claires des surfaces ainsi que la présence de courbes et de formes arrondies contribuent aussi à créer une atmosphère agréable, apaisante.
L'œuvre de Pierre Granche, qui a pour thèmes le milieu urbain et les animaux, complète la personnalité de l'édifice public. « Au départ, il avait été question d'installer une œuvre artistique à l'extérieur. Mais par la suite, on s'est dit que si on répartissait l'œuvre à l'intérieur du palais, tout le monde pourrait en bénéficier », commente le juge Jasmin.
Côté pratique, enfin, il semble qu'on ait vraiment pensé à tout. La hauteur des abreuvoirs et des téléphones publics, par exemple, sied aussi bien aux adultes qu'aux jeunes enfants.
L'immeuble compte cinq étages dont trois accessibles au public. Les bureaux des juges sont situés au quatrième étage, ceux des avocats des contentieux des centres jeunesse au troisième. Les salles d'audience ont été aménagées aux premier (protection de la jeunesse) et deuxième (jeunes délinquants) étages. Le rez-de-chaussée, quant à lui, est consacré à l'accueil et aux divers services offerts aux justiciables.
« Ici, tout est basé sur les besoins de la clientèle », souligne le juge Jasmin en s'avançant dans la salle des pas perdus. Un premier exemple éloquent: l'aménagement, à la demande des gens consultés, d'un coin pour changer les couches dans la salle du greffe d'adoption. « Une façon concrète d'humaniser la justice! »
Tenue par des bénévoles, la halte-garderie est un autre service très apprécié des parents qui peuvent y laisser leurs enfants durant qu'ils rencontrent les avocats ou qu'ils vont à la cour. La cafétéria, elle, se fait encore attendre...
Des salles d'attente et d'entrevue pour l'Aide juridique ainsi qu'un service de référence en protection et en délinquance offert par le Barreau du Québec sont également situés au rez-de-chaussée. On y retrouve, de plus, des services pour les avocats (salles d'écoute, vestiaires, etc.), le bureau de liaison du SPCUM, le centre de transition L'Escale-Oasis (voir l'encadré à la page précédente) ainsi qu'une salle de presse.
Rien n'a été laissé au hasard dans l'aménagement des 20 salles d'audience qui se révèlent aussi à la fine pointe de la technologie. « En protection de la jeunesse, ce n'est jamais tout à fait carré. Il y a toujours des choses à discuter, des nuances à apporter. On veut éviter les confrontations. C'est pourquoi, par exemple, les places destinées aux enfants, aux parents et aux procureurs ont été disposées en demi-cercle, face à la tribune du juge », souligne M. Jasmin.
L'aménagement des aires d'attente a aussi été pensé en fonction des gens et de leurs besoins. Une salle d'attente dont la décoration s'inspire du salon familial permet d'accueillir les personnes impliquées dans des causes délicates, tels les cas lourds d'agression sexuelle. Par ailleurs, dans les salles des pas perdus, on a prévu des coins où il est possible de se retirer, de regarder dehors ou simplement d'admirer une partie de l'œuvre magnifique de Pierre Granche.
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