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Mais qu'est-ce exactement qu' « être coupable »? D'abord, c'est avoir commis une faute grave, qui nous fait tomber sous le coup d'une loi ou d'un règlement. Ensuite, être coupable, c'est devenir, par sa faute, la cause d'un mal. En parlant des choses, on dira d'un acte répréhensible et criminel qu'il est « coupable ».
Mais comment l'expliquer? Le mot est à la fois adjectif (il est coupable) et substantif (on recherche le coupable)... L'adjectif provient du latin culpabilis et de culpa voulant dire « faute ». Littéralement, la racine signifie « capable de commettre une faute ». De là vient la définition « qui a commis un crime, un délit, une faute ». Se sentir coupable, c'est donc un intolérable supplice...
Le mot « coupable » dérive d'un latin tardif et chrétien, à une époque où la terminaison latine abilis ne signifiait pas clairement « capable de ». D'ailleurs, dans l'histoire chrétienne, « se rendre coupable du corps et du sang de Jésus-Christ » signifiait recevoir la communion indignement. Le sentiment de culpabilité était déjà bien connu du monde judéo-chrétien. Il suffit de penser à ces mots prononcés par le Christ: « Que celui d'entre vous qui est sans péché, lui jette la première pierre! ». On assistait déjà à l'époque aux premiers tribunaux populaires...
Au niveau sémantique, ce terme de « coupable » fait figure d'exception, comme le mot « responsable ». En effet, la terminaison able ne signifie pas ici « être susceptible de... » comme c'est le cas le plus souvent (par exemple blâmable: susceptible d'être blâmé, ou appréciable: susceptible d'être apprécié). Le droit possède donc lui aussi ses particularités...
Le mot « coupable » s'est spécialisé dans deux directions. D'abord, vers le droit, comme on le connaît par sa liaison avec les termes « inculper » et « disculper », et ensuite vers la psychologie et la morale. En ce sens, le mot « coupable » renvoie à une faute dont on s'accuse soi-même. Et la culpabilité, qui signifie en droit le fait d'« être coupable », renvoie en psychologie au fait de se sentir coupable.
De là est né le verbe culpabiliser voulant dire « susciter un sentiment de culpabilité chez quelqu'un ». Et ce verbe, en langue familière, est devenu l'équivalent de sa forme réflexive: « se culpabiliser ».
En langage littéraire, le mot « coupable » renvoie au mot « coulpe », dont il tire la même racine (du latin culpa signifiant faute). L'expression « battre sa coulpe » veut dire en ce sens « exprimer son regret, son repentir ». Comme quoi « faute avouée est à demi pardonnée »... N'est-ce pas, monsieur le juge?
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